17 février : journée mondiale du Pangolin !

dans Tour d'horizon

La « journée mondiale » est une invention politique « médiateuse » qui ne date pas d’hier… La première, instituée en 1950 par l’ONU, la « journée mondiale des droits de l’homme », fut fixée au 10 décembre… Depuis de nombreuses autres ont été instituées, essentiellement par l’ONU et ses organisations satellites : UNESCO, UNICEF, OMS, FAO, etc.


Rédaction NSP
Claude Timmerman

Parmi ces organisations, il convient de citer l’UNEP (United Nations Environnement Project) créé en 1972. Elle est chargée plus spécifiquement de :  coordonner les activités des Nations unies dans le domaine de l’environnement, d’assister les pays dans la mise en œuvre de politiques environnementales. (Paris n’y dispose pas d’une délégation décisionnelle qui, pour l’Europe, est installée à Bruxelles, ce qui n’étonnera personne quand on connaît le mépris proprement viscéral de la classe politique française pour les questions environnementales, sauf quand elles sont exploitables à des fins électorales.)
Depuis près de 40 ans, les « journées mondiales » se sont multipliées : on en compte 560 aujourd’hui !
Je me rappellerai toujours la colère de ma fiancée – découvrant en 1977 que le 8 mars serait « la journée de la femme » – s’était exclamé : « Et puis quoi encore ? Bientôt on aura la journée du petit chien !»
Elle ne croyait pas si bien dire !…
S’il existe bien une « journée mondiale des animaux de compagnie », on note le (ridiculement faible) niveau de préoccupation de la faune sauvage au nombre des journées dédiées : une petite dizaine à peine !
Eléphants, rhinocéros, serpents, tortues, baleines, dauphins sont les plus connues…
Mais comme dit une certaine bien pensance qui, promouvant l’homme comme « but ultime de la création » accepte sans sourciller le massacre du milieu naturel au nom d’une mauvaise traduction biblique, la protection de la
faune sauvage n’a aucune raison d’être…
J’ai ainsi entendu : « Oh mais ils sont pénibles avec leur protection des baleines! S’ils y tiennent tellement, ils n’ont qu’à s’en acheter une et la mettre dans une piscine. » (sic !)
Au nombre de ces chantres du massacre, on trouve l’emblématique  Michel de Poncins (le fils de Léon de Poncins qui ne lui a clairement pas transmis ses neurones), bientôt centenaire, qui se prétend économiste dès que cela peut justifier les atteintes à la biosphère…
Il s’était ainsi insurgé dans « Tocqueville Magazine » dans un article du 26 Mars 2012, hélas repris par Rivarol, au titre évocateur : « LA BIODIVERSITE : UNE CHIMERE EN FOLIE »
On y lisait – entre autres âneries –  la stupidité sidérante, sinon révoltante, suivante : « L’émission Thalassa du 9 mars 2012, nous parlait d’un « drame » en Polynésie au sujet des tortues, espèce protégée. Les « vilains » habitants braconnent les tortues dont ils raffolent et qui font la fortune des restaurants ; cette pêche est une tradition séculaire. Six mois de prison menacent désormais les honnêtes pêcheurs dont le seul tort est de gagner leur vie en faisant la joie de leurs clients. »  (Cela ne s’invente pas !)
Montrer aussi peu de jugeote est effarant, car sauf protection, les tortues auront disparu d’ici 20 ans…
On aura alors éradiqué des espèces sauvages et saccagé un peu plus le milieu naturel.
Les braconniers seront forcément au chômage, les fameux restaurateurs seront en faillite, et la reconversion inéluctable de la population ilienne des pêcheurs aura pris vingt ans de retard…
Beau résultat pour quelqu’un qui se revendique « économiste » !…
Mais à l’évidence, ce discours a encore des adeptes, et les biblistes invétérés ne sont pas les derniers…
Il est curieux de voir là combien des gens n’ayant absolument aucune connaissance biologique ni aucune compétence sur les questions environnementales s’improvisent « penseurs », sinon stratèges, vilipendent les scientifiques et dispensent, du haut de leur ignorance, à la foule de leurs adeptes ébahis, des avis d’autant plus absurdes qu’ils ne s’appuient sur rien, si ce n’est une fausse dogmatique supposée d’inspiration religieuse.
Ils trouvent un renfort inattendu chez certains membres du corps médical trop heureux d’accuser la faune sauvage au nom de supposés « zoonoses », maladies déclarés « animales » mais transmissibles à l’homme.
Mais personne ne se pose la question de savoir si historiquement il n’y a pas eu d’abord transmission de l’homme à l’animal… Il y a des cas bien connus absolument flagrants…
Certes, certaines espèces sauvages – comme beaucoup d’espèces domestiques – peuvent jouer le rôle d’hôtes de parasites, ou de réservoirs à virus ou bactérie, mais il est bien évident que ces réservoirs ne sont ni systématiques ni surtout spécifiques : éradiquer certaines espèces comme le renard en France n’éradiquera pas la rage pas plus que la honteuse destruction actuelle des blaireaux n’éradiquera la tuberculose bovine dont certains veulent absolument les voir porteurs!
C’est dans ce climat délétère que l’affaire du Coronavirus que nous avons évoquée prend un tour nouveau. Un médecin de Wuhan, qui tient évidemment à son poste, vient de décréter gravement – à grand renfort de conditionnel – que le virus « pourrait » bien venir du marché au vif, et qu’entre les civettes, les serpents et les chauves-souris, les pangolins en « seraient » les vecteurs…
Déclaration totalement irresponsable, même (et surtout) si elle est politiquement correcte car : d’une part les pangolins sont consommés hélas depuis des siècles sans qu’on n’ait jamais observé la moindre affection ou épidémie reliée à cette espèce qui traîne depuis toujours sur les marchés ; d’autre part les pangolins font l’objet d’un trafic intense tant pour leur viande que leurs écailles : c’est un groupe d’animaux tellement chassé qu’il est aujourd’hui carrément en voie d’extinction !
Or il existe une journée mondiale du pangolin qui est, ironie de l’actualité, fixée au 17 février
Le pangolin est un petit mammifère à écailles.
Il en existe une douzaine d’espèces des zones de savanes et de forêts d’Afrique et d’Asie.
Zoologiquement, ils sont regroupés aujourd’hui dans un ordre homogène, les Pholidotes, détachés de l’ensemble des Xénarthres (Paresseux et Fourmiliers) auxquels ils étaient primitivement rattachés selon la taxonomie.
Plantigrades, dotés de pattes à cinq doigts armés de fortes griffes, les Pangolins sont les seuls mammifères, à l’exception de certains Primates, à pratiquer couramment la bipédie, se déplaçant sur les pattes arrières , utilisant leur queue comme contrepoids. Plusieurs espèces sont arboricoles.
Ce sont des animaux de petite taille, à part le pangolin géant du Congo qui peut peser plus de 30 kg…
Grâce à sa langue incroyablement longue, le pangolin qui se nourrit exclusivement de fourmis, peut aller chercher sa nourriture au cœur de la fourmilière.
Mais en éventrant une fourmilière, le pangolin peut aussi se rouler en boule au milieu… Les fourmis se glissent alors entre les écailles… Le pangolin resserre alors ses écailles, se redresse et « s’ébroue » puis ramasse les fourmis avec sa langue  En mangeant jusqu’à 70 millions de fourmis par an, le pangolin joue un rôle très important dans l’écosystème, car il contribue au contrôle des populations d’insectes.
Pour en avoir gardé eu un des années durant en Afrique, je peux attester que ce sont des animaux qui s’apprivoisent très facilement et qui sont incroyablement joueurs…
Malgré son armure peu attractive, le pangolin est un petit animal très affectueux et très attachant.
La principale difficulté est évidemment d’assurer son alimentation ! (C’est le cas d’ailleurs de tous les myrmécophages, ce qui explique qu’on en observe très rarement dans les parcs zoologiques).
Je suis parvenu à le nourrir grâce à un mélange complexe vitaminé que m’envoyait par avion deux fois par mois le zoo d’Anvers…Et puis, je l’emmenais dénicher des fourmilières une ou deux fois par semaine…
Le principal prédateur de ces animaux est bien sûr l’homme qui le traque impitoyablement pour sa chair qui est très appréciée, et pour ses écailles qui sont vendues en pharmacopée chinoise…
Un trafic colossal, un braconnage pire que celui pratiqué pour les éléphants…
Les écailles de pangolin sont saisies par cargaisons de plusieurs tonnes ce qui, vu la petite taille de l’animal, montre l’ampleur du massacre. On parle de 30 000 individus, tués par an, rien qu’en Afrique. (Il n’y a pas un avion atterrissant à Roissy en provenance d’Afrique où on ne trouve dans les bagages de certains passagers des pangolins amenés en fraude comme mets de choix, soit crus, soit fumés… Les douaniers font ce qu’ils peuvent…) Et bien entendu le milieu naturel des pangolins est partout menacé par la déforestation et les pesticides… Au point qu’il est donc aujourd’hui partout en voie de disparition !
Alors vraiment le pangolin n’a pas besoin des dernières lubies médicales chinoises pour encourager à son massacre !
Le 17 pensons à lui !

Tags:

Derniers articles Tour d'horizon

Haut De Page