Amazon lamine les emplois du commerce

dans Tour d'horizon

Première ou deuxième fortune mondiale, au gré des variations boursières, Jeff Bezos, le fondateur et dirigeant du groupe de commerce en ligne Amazon, déploie de plus en plus d’énergie pour répondre aux attaques dont l’entreprise et son modèle économique font l’objet.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

Le géant américain, l’un des cinq membres du GAFA et même, maintenant, du GAFAM – Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft – se voit en effet reprocher son optimisation fiscale avec, de plus, dissimulation de chiffre d’affaires, sa gestion des ressources humaines et son impact sur l’environnement. De récurrentes attaques portent aussi sur les effets désastreux du modèle économique Amazon sur l’emploi des pays d’accueil de ses plateformes. Ainsi, la secrétaire d’État au numérique (en France), Mounir Mahjoubi, a-t-elle pu évoquer la destruction de 7 900 emplois sur notre territoire. Il est vrai que le big bazar Amazon, champion des contrats précaires, lamine jour après jour le tissu commercial traditionnel au profit de la vente par internet, simplifiée à l’extrême et dont les délais de livraison ne cessent de raccourcir. Dommage soit dit en passant que le monopole des critiques argumentées à l’encontre du groupe américain proviennent exclusivement d’organisations altermondialistes et gauchistes du type Attac et consorts. Il y aurait tant à dire sur les ravages environnementaux du tout-digital dont procède le e-commerce, avec sa consommation exponentielle d’énergie et les rejets de CO2 dont nous croyions comprendre qu’ils constituaient le danger suprême. Sans même parler des livraisons, le seul stockage de données d’Amazon représente 55,8 millions de tonnes de gaz à effet de serre chaque année, soit autant que les émissions d’un pays comme le Portugal. Curieuse quand même cette discrétion des grands médias sur le coût environnemental du tout numérique.

La multiplication des emplois précaires

En termes d’emploi, le bilan n’est guère plus glorieux et la plupart des contrats que le groupe se targue de créer relèvent de la précarité, qu’il s’agisse de CDD, d’intérim ou de stages. Combien de véritables emplois marchands, certes souvent mal payés mais relativement pérennes, sont-ils détruits pour un emploi précaire créé par Amazon ? Selon certaines estimations, ce serait 2,2 emplois du commerce traditionnel pour un emploi dans la multinationale. Et, de plus, il ne s’agit ni du même emploi, ni du même type de contrat, ni du même esprit ou des mêmes méthodes managériales.
Sur quel coût humain repose la fortune colossale et rapidement acquise d’un Jeff Bezos ? Langues et plumes commencent à se délier pour dénoncer les techniques de management reposant le plus souvent sur un embrigadement, des techniques de manipulation psychologique, une pression et un flicage constants au bénéfice du dieu productivité. Concernant les conditions de travail et les rythmes imposés, la machine à remonter le temps Amazon semble nous propulser vers une bonne fin de 19ème siècle comme en témoigne livres et reportages sur le géant de la vente par internet.

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