Analyse critique de l’article sur Franz Schubert, ce nazi …

dans Arts & Lettres & Chansons

L’article de Monsieur Anatoly Livry sur Franz Schubert  s’adressant à des goyim (donc forcément des ignares) il n’est pas inutile pour l’auteur de commencer par bien faire sentir au lecteur combien la culture, dont il est évidemment le dépositaire, le distance d’eux … Analysons les choses. 

Rédaction NSP
    Claude Timmerman

D’où pour commencer une citation en suédois dans le texte (?) d’une réplique tirée d’un obscur téléfilm d’Ingmar Bergman intitulé “En présence d’un clown” – datant de 20 ans et suffisamment peu diffusé –  pour assurer à notre rédacteur l’admiration inconditionnelle du lecteur devant cette culture encyclopédique …
On notera au passage que la citation en elle-même n’a qu’un intérêt des plus limités: se poser la question de savoir ou non si “Schubert est intéressant” n’est pas une formule qui mérite de figurer au panthéon des lettres … Accessoirement, c’est d’une platitude à pleurer.

Suit un morceau de bravoure qui ne déparerait les diatribes du café du commerce: “L’on survit tant bien que mal dans notre univers occidental où la laideur, la stupidité, l’illettrisme, l’hystérie collectiviste, la perversité et la prostitution intellectuelle sont devenus des normes tyranniquement exigées”.

Jusqu’ici la seule tyrannie à laquelle le lecteur est exposé est celle de devoir subir ces “subtilités” de l’auteur. A croire que c’est écrit par Zemmour ….

Vient enfin le corps de l’article où l’auteur ne manque pas de souligner que la saison de concerts à laquelle il a assisté a été organisée par des gens qui n’ont évidemment rien compris à la musique de Schubert…

« Honnêtement, je pense que les responsables de cet événement n’ont pas compris quelle hérésie ils avaient conçue en permettant de jouer les Trockene Blumen et la Wanderer Fantasie à un vieux maître qui méprise le microphone et se fie exclusivement à l’acoustique d’une maison du Dieu germanique qui, heureusement, a échappé aux bombes des « libérateurs » durant la dernière guerre mondiale menée contre les nations de l’Ouest. »

Heureusement que monsieur Anatoly Livry est là pour dénoncer l’hérésie et nous éclairer de ses lumières, ce qu’il ne manque pas de faire aussitôt :

« En somme, l’on jouait Schubert à l’ancienne, ce compositeur qui, contrairement à Mozart, avait refusé de servir une meute de seigneurs : il avait choisi cet isolement indispensable à la création, condition sine qua non à l’accomplissement personnel car une gamelle impose inévitablement un limes insupportable à tout artiste.

Grâce à cette indépendance, Schubert est grandement supérieur à Mozart. Sa musique est charnellement liée à l’esprit de notre Europe, n’ayant pas besoin d’être arrangée mathématiquement pour être légère, au contraire des symphonies d’un Mozart obsédé par le nombre. »

Mozart étant ainsi rhabillé pour l’hiver, nous n’avons plus qu’à attendre de notre oracle musical ce que l’on est désormais autorisé à aimer.

Et là vient enfin l’aveu pour ceux qui n’auraient pas encore tout compris : « De plus, curieusement, dans cette ville de Riehen qui se situe en Suisse entre l’Allemagne et la France, toutes les trois métissées de force ad nauseam, Schubert n’a attiré aucun auditeur issu « de la diversité ». Mieux encore : j’étais incontestablement l’unique Juif entouré d’une bonne cinquantaine d’Aryens. »

A croire que, pour l’auteur, voir des goyim  s’intéresser à la musique constitue une curiosité quasi-zoologique, voire en voie de disparition comme il l’évoque d’ailleurs ensuite : « Pour conclure : je pense que si Schubert avait vécu de nos jours, il ne serait pas seulement mort dans un quasi-anonymat, mais serait de surcroît calomnié par nos universitaires et nos journaleux (ce qui est actuellement la même chose) – et sa musique ne serait plus jouée après son décès. Il y a en effet quelque chose d’insupportable chez l’authentique Schubert pour notre crasse intelligentsia : c’est un génie organique qui l’est non grâce à un dressage acharné, mais parce qu’héritier d’une longue lignée ancrée dans un cadre traditionnel mono-ethnique, puisant dans la culture germanique exaltée de ses aïeux. »
Et là l’inversion accusatoire adaptée qui s’exhale dans toute sa force :  s’il y a quelque chose d’insupportable dans ce texte, c’est bien la suffisance de l’auteur !
C’est effectivement  « l’héritage d’une longue lignée ancrée dans un cadre traditionnel mono-ethnique .»
A cette dernière ligne, l’auteur aura donc enfin raison !
Au fait, quelqu’un peut m’expliquer le rapport entre Schubert et le fascisme ou le nazisme (puisque les deux termes sont employés au fil des différentes éditions) ?
Parce que cela, si l’auteur l’a utilisé en titre, il s’est évidemment bien gardé de l’expliquer ensuite …

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