Antisémitisme et Sionisme : deux faces d’une même médaille ?

dans Réflexions & Histoire

Dans un discours attendu jeudi dernier au dîner annuel du Crif, Emmanuel Macron a annoncé une nouvelle définition de l’antisionisme, conforme à celle de l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah, pour qui il serait « une des formes modernes de l’antisémitisme». «Il ne s’agit pas d’empêcher ceux qui veulent critiquer la politique israélienne», a-t-il assuré sans convaincre, mais de lutter contre « la haine du juif la plus primaire ». Benjamin Netanyahu, qui avait tweeté la nouvelle une heure avant l’annonce de Macron, était à la manoeuvre depuis 2016 pour obtenir cette définition élargie. En France, il sera bientôt possible, par ce biais, de pénaliser l’antisionisme.


Rédaction NSP
Zénobie de Palmyre

L’annonce d’Emmanuel Macron faisait suite à une hystérie médiatique de près d’une semaine, suscitée par de prétendus actes antisémites survenus en cascade. Des affiches de Simone Veil avaient d’abord été découvertes taguées de croix gammées. Le lendemain, alors que l’émotion était encore à son comble, c’était l’essayiste Alain Finkielkraut qui se faisait verbalement agresser dans la rue par quelques gilets jaunes. Enfin, pour clôturer la série noire, des tombes juives étaient profanées en Alsace le jour même où un grand rassemblement de lutte contre l’antisémitisme était annoncé dans plusieurs villes de France.
L’affaire Finkielkraut était celle qui avait mobilisé le plus de temps d’antenne. Sans doute en raison de sa plus forte plausibilité, la scène ayant été filmée en direct par le nouveau patron de Yahoos Actualités. Par une heureuse coïncidence, il se trouvait à quelques pas, avec deux membres de son équipe.
Les bulletins d’informations assénaient en boucle que les actes antisémites étaient en hausse de 74% par rapport à 2018 et qu’il existait en France “un climat de haine”.
Haine ou pas, tout le monde s’était pressé au portillon pour être vu à la manifestation de protestation ou pour figurer sur la liste des indignés. C’était à qui se montrerait le plus judéophile, le plus zélé à dénoncer “ces actes de barbarie”.
Il n’y avait pourtant pas eu mort d’homme, ni oeil, ni bras perdus, comme pour de nombreux gilets jaunes, qui n’avaient guère eu droit à la solidarité de la République.
Certains sur la toile dénonçaient l’hypocrisie. Comme dans ces tweets :

C’en était presque embarrassant pour la “victime”, happée presque à son corps défendant dans ce cirque médiatique. M. Finkielkraut avait refusé de porter plainte, estimant n’avoir subi aucun préjudice physique. Mais d’autres, que l’ “attentat” devait sans doute arranger, avaient décidé d’en faire leurs choux gras.

Une vidéo “bidonnée” pour faire avaler la pilule antisioniste ?

La page CheckNews du site de Libération présentait le lendemain deux versions de la vidéo de l’agression. Celle de Yahoo Actualités était de loin la plus virulente, avec son pot-pourri d’injures : “homophobe, raciste, fasciste, sioniste, enculé, grosse merde, haineux”… Cette vidéo était aussi la plus suspecte. Elle émanait du nouveau patron du site, Alexandre Delpérier, antérieurement suspendu pour bidonnage, lorsqu’il avait fait passer une banale conférence de presse pour un entretien à caractère exclusif.
Sa femme Johanna, dont les positions sur l’antisémitisme s’affichaient sur Facebook, avait partagé la vidéo de son mari :

C’était cette vidéo que Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, avait choisi de relayer dans un tweet. Il avait, d’ailleurs, fait plus que la relayer, puisqu’il y avait rajouté une insulte de son cru, celle de “sale juif”, inaudible dans la vidéo.
Chose qu’une internaute dénonça avec indignation : “nouveau mensonge gravissime pour faire monter la haine dans le pays. Ces gens ne se battent pas loyalement”.
Alain Finkielkraut avait lui-même déclaré sur LCI ne pas avoir entendu clairement les insultes qui lui étaient lancées, mais il était sûr qu’on ne l’avait pas traité de sale juif. Pourtant, la classe politique ne voulait rien lâcher. Pour Benoît Hamon, «sale sioniste» voulait très certainement dire «sale juif». Et il fallait « laisser la Palestine en dehors de cette violence antisémite gratuite».
Avec la vitesse de l’éclair, le parquet de Paris s’était auto-saisi de l’affaire pour ouvrir une enquête. Presqu’instantanément, on apprit que les injures antisémites contre Finkielkraut étaient, comme il se devait, le fait d’un individu “suivi des services de police et se situant dans la mouvance salafiste”.
Sur Twitter, les réactions étaient partagées entre le camp des anti-islamistes et celui des antisionistes.
Dans le premier on lisait :

Ou alors cet autre tweet:

De la nuit de cristal

Pour faire avancer le projet messianique du Grand Israël, le sionisme jette les juifs ordinaires en pâture aux islamistes presque toujours à sa solde, puis il crie à l’antisémitisme pour monter les gens les uns contre les autres et fracturer les sociétés.
Il n’a pas plus à coeur aujourd’hui de protéger les populations juives qu’il ne l’avait dans les années 30, durant la montée du nazisme.
Déjà en ce temps-là, l’Organisation sioniste mondiale rechignait à faire émigrer les juifs allemands vers des pays d’accueil disposés à les prendre, même au vu du danger qu’ils encouraient en Allemagne, sa priorité étant d’accélérer la formation de l’État d’Israël en Palestine.

Mais pour parer aux accusations de “complotisme”toujours prêtes à fuser, laissons plutôt la parole aux auteurs juifs :  “ Après la Nuit de cristal, lorsque les Britanniques avaient proposé de faire admettre des milliers d’enfants directement en Grande-Bretagne, dans l’espoir de réduire la pression sur la Palestine, Ben-Gourion [qui deviendra plus tard président de l’Etat d’Israël ] s’y était catégoriquement opposé. A une réunion de dirigeants sionistes travaillistes du 7 décembre 1938, il s’était exprimé en ces termes: Si je savais qu’il était possible de sauver tous les enfants [juifs] d’Allemagne en les emmenant en Angleterre, et seulement la moitié en les transportant vers Eretz Yisrael, je choisirais la seconde option. Car il nous faut prendre en compte, non seulement la vie de ces enfants, mais aussi l’histoire du Peuple d’Israël”. 1
Qui plus est, la “Nuit de cristal”, traditionnellement présentée comme un pogrom antisémite, fut en réalité une opération sioniste sous faux drapeau, destinée à semer la psychose parmi les populations juives allemandes qui hésitaient à s’exiler en Palestine, tout en forçant la main à l’Angleterre, puissance mandataire. 2
Dr. Ingrid Weckert, se basant sur des documents d’archive dont un sommaire est reproduit ici, indique que l’Organisation maçonnique juive du B’nai B’rith et l’Organisation sioniste de la LICA (Ligue Internationale Contre l’Antisémitisme) étaient les véritables instigateurs de cette nuit tragique. Le B’nai B’rith avait infiltré les organes vitaux du mouvement nazi : les SS, la SA et le parti, et jusqu’aux centrales téléphoniques des bureaux du “gauleiter”afin d’exécuter cet attentat.3
Son ouvrage (vendu sur les pages américaine et allemande d’Amazon et noté 5 étoiles par ses lecteurs) coûta à l’auteur son titre de docteur, qui lui fut retiré sous la pression d’organisations toutes-puissantes et s’embarrassant peu de vérité historique.
“En 1952, Nahum Goldman, président du Congrès juif mondial, osa réclamer 500 million de dollars au Chancelier allemand Konrad Adenauer pour les dommages soufferts par les juifs du fait de l’action criminelle des deux officines sionistes. Lorsque Adenauer lui demanda de justifier cette demande exorbitante, Goldman lui répondit: “Vous pouvez la justifier vous-même et comme qu’il vous plaira, moi je veux l’argent”. 4
Selon le magazine israélien News from Within (No 5, mai 1995), les sionistes ont exploité la souffrance du peuple juif pour atteindre leurs objectifs politiques. Ils n’ont pas hésité pour ce faire à tordre le cou à la vérité historique ni à abandonner leur peuple à son triste sort. 5
Au vu de leur cynisme caractérisé, il n’y aurait rien de surprenant à ce que la vidéo de l’“agression” contre Alain Finkielkraut ait été fabriquée, pour pouvoir mettre dans la bouche d’un gilet jaune l’injure de “sale sioniste” et obtenir la pénalisation tant désirée de l’antisionisme.

Antisionisme n’égale pas antisémitisme

Avec l’élargissement de la définition de l’antisémitisme, un pas de plus vers la “pax judaïca” sera franchi. La France aura même une longueur d’avance sur l’Etat juif dont une bonne partie du peuple est ouvertement antisioniste.
Pour preuve, cette vidéo, aux min 0:37 , 2:00 et 4:28 : “Notre message est que le judaïsme et le sionisme sont deux entités diamétralement opposées et deux concepts différents”…”Le sionisme est une idéologie anti-humanitaire et raciste”…”l’antisionisme n’est pas l’antisémitisme”.
Sur le site True Torah Jews, se trouve également cette profession de foi : “Notre mission est d’informer le monde du fait que l’État d’Israël ne représente PAS les juifs ou le judaïsme” (majuscules préexistantes dans l’original). Voir également sur le même site l’article : “L’antisionisme et l’antisémitisme ne sont pas la même chose

Antisionisme juif

Celui-ci se manifeste parfois avec virulence. Comme dans ces dialogues des Neturei Karta, un groupe de juifs haredim (“ceux qui tremblent devant Dieu”), radicalement antisionistes et prônant le « démantèlement » de l’État d’Israël. (Emphase ci-dessous rajoutée)

1:43: “Nous sommes les âmes en deuil d’Israël , brûlées dans les fours sionistes’”.
2:23: “Les sionistes mordent. Sionistes = Chiens. Deux mots, un seul sens! L’animal sioniste n’appartient pas à la race humaine”.
2:32: ” Entrée (du ghetto) interdite aux sionistes.”
2:42 “Les sionistes soutiennent qu’il faut occuper la terre, alors que nous affirmons que c’est interdit, jusqu’à la venue du messie. Je suis venu pour libérer la terre…il faut se désengager de tout le pays”.
1:59: “Par définition, le sionisme est une idéologie raciste”.
4:09: “Cette association combat la peste sioniste…Tous ceux qui veulent écrire contre le sionisme sont subventionnés par cette association”.
13:34-14:10: “Nazis, nazis!… Les sionistes ont une grande responsabilité dans l’holocauste… Si, ça a été prouvé. Aujourd’hui personne ne nie ce fait…Ils n’ont pas bâti l’Etat d’Israël par besoin, mais pour détruire les juifs, pour en faire des laïcs”.
4:36 – 15:00: “Les sionistes profanent encore des tombes juives”.

Israël a coutume de repousser dédaigneusement du revers de la main ces juifs ultra-orthodoxes, qu’il qualifie de groupuscule marginal et fanatique.
Mais il n’y a pas que les marginaux qui dénoncent le sionisme. Tant s’en faut.

Antisémitisme des sionistes

L’antisionisme de bon nombre de juifs a pour pendant l’antisémitisme des sionistes. Celui-ci est réel et il est si abondamment documenté, y compris à partir de sources juives, qu’on a peine à comprendre que la propagande antisémite réussisse toujours à culpabiliser les consciences occidentales. Dans Le sionisme à l’âge des dictateurs, l’auteur juif trotskiste Lenni Brenner rapporte des propos tenus par d’importantes figures de ce mouvement. Ils semblent, à s’y méprendre, émaner d’une presse occidentale violemment antisémite.
L’organisation de jeunesse Hashomer Hatzair (Jeunes Sentinelles), s’était exprimée ainsi en 1917, puis à nouveau en 1936: “Le juif est la caricature d’un être humain normal, de par son physique aussi bien que spirituellement. Comme membre de la société, il tend à se révolter contre ses contraintes; il ne connaît ni ordre ni discipline”.
De même, Ben Frommer, un juif américain et sioniste d’extrême-droite, écrivait en 1935 au sujet de ses 16 millions de congénères:

Il est indéniable que les juifs dans leur ensemble sont maladifs et névrosés. Ceux qui le nient avec indignation sont les plus grands ennemis de leur race, car ils poussent leurs congénères vers des solutions qui n’en sont pas, ou qui ne sauraient constituer que de simples palliatifs”.
Et qui donc déclara à une assistance berlinoise en mars 1912 que “chaque pays ne peut absorber qu’un nombre limité de juifs, s’il ne veut pas souffrir d’indigestion. L’Allemagne compte déjà trop de juifs” ? Non, ce n’était pas Adolf Hitler, mais bien Chaim Weizmann, le futur président de l’Organisation sioniste mondiale, puis premier président de l’Etat d’israël.
Tous ces exemples, conclut Brenner, démontrent que c’est le sionisme lui-même qui a encouragé et exploité la haine de soi chez les juifs de la diaspora, afin de rendre leur assimilation impossible et de les acculer à l’émigration vers ce qui deviendrait l’Etat d’Israël.

Un bon sioniste doit être antisémite

Les leaders sionistes propagèrent l’idée que l’antisémitisme accompagnerait toujours les juifs où qu’ils iraient et que, par ailleurs, c’était les juifs qui le suscitaient par leur manière d’être et leur existence parasitaire dans les pays d’accueil. Les sionistes préconisaient l’émigration vers la Palestine comme étant la seule issue viable, mais ce devait être une émigration triée sur le volet, composée majoritairement de juifs jeunes, qualifiés et vigoureux.
Et Brenner de conclure“ L’Organisation sioniste mondiale est coupable d’avoir trahi les juifs allemands: elle leur a tourné le dos au nom de ce qui a si bien été décrit comme “la vitrine de Tiffany’s pour juifs glamour”. 6
Ce faisant, ses méthodes s’apparentaient à celles des Nazis, dont elle était, au demeurant, très admirative et dont elle partageait l’idéologie raciale . Leur coopération alla jusqu’à frapper une médaille commémorative arborant l’étoile à six branches sur une face et la croix gammée sur l’autre.

Si le sionisme est une forme de nazisme, pénaliser l’antisionisme revient de facto à dépénaliser le nazisme. Mesure qu’on se gardera bien de prendre à la légère.

 

 

  1. Yoav Gelber, Zionist Policy and the Fate of European Jewry (1939-42), YadVashem Studies, vol.XII, p.199.
  2. Architects of Deception, Jüri Lina, p. 400-404.
  3. Feuerzeichen: Die Reichskristallnacht(“The Kristallnacht: A Beacon”, Tubingen, 1981, p. 254-256). 
  4. Architects of Deception, Jüri Lina, p. 404.
  5. Architects of Deception, Jüri Lina, p. 449.
  6. Ben Hecht, Perfidy, p.19.

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