Aquarius : immigration, réfugiés, humanitarisme et propagande

dans Réflexions & Histoire

L’accueil de l’Aquarius sur les côtes espagnoles a un impact européen, au-delà des frontières espagnoles, étant donné que l’immigration est une question qui divise l’union européenne depuis longtemps. Cette division remet sérieusement en question l’Union elle-même. Aujourd’hui, et surtout à cause de ce problème, la scission européenne est politiquement possible.

Un débat létal

Rédaction NSP
TRADUCTION FRANCESCA RIVERA

Le positionnement européen face à l’immigration révèle une division profonde: ceux qui partagent le projet mondialiste et ceux qui défendent la souveraineté des États. La confrontation entre les uns et les autres devient de plus en plus claire. Cela ne concerne pas seulement l’immigration, mais aussi toutes les questions qui sont sur la table: natalité, famille, idéologie du genre, liberté, vie privée, défense, relations extérieures.
Le positionnement des projets politiques à droite ou à gauche n’est plus qu’un souvenir, il a été remplacé par le positionnement dans la défense de la souveraineté ou dans la soumission aux organisations transnationales. Le débat sur l’immigration, généré par ceux qui ont déterminé que l’Europe devait être au service du projet mondialiste, menace donc de rompre l’union.

Un complot de tricheur

L’argument du globalisme – comme tant d’autres – commence toujours par l’appel obligatoire à l’émotivité: dans ce cas, la vision de centaines de personnes qui, entassées sur un bateau qui traverse la Méditerranée, jouent leur vie pour atteindre l’Europe.
Nous connaissons le processus, il s’appelle victimisation. Avec la victimisation, le débat rationnel est presque impossible. Il suffit que la douleur et le chagrin nous touchent: cela obtenu, le but est atteint.
Quiconque, qui n’est pas complètement sans coeur,  ne peut ignorer le sort de ces centaines de personnes en situation si précaire. Nous voulons que leur vie soit sauve, peu importe le coût. La vision des femmes, dont beaucoup sont enceintes, et de ces jeunes enfants, sans défense, sauvegarde tout débat.
Il est évident, cependant, que la situation est exploitée par des lobbies pour faire de la propagande. Une propagande qui se concentre sur l’émotion et évite les aspects de fond sur ce qui se passe.

Pourquoi sont-ils dans l’eau? Mafias

Les milliers de personnes qui traversent la Méditerranée chaque année n’y arrivent pas par hasard. Pour l’essentiel, ils partent aujourd’hui de Libye. Et ils partent de là parce que l’Etat libyen a été détruit, et l’a été délibérément par les puissances qui imposent le Nouvel Ordre Mondial.
Avec cette destruction, le terrain a été laissé aux mafias. Les politiques d’accueil les plus démagogiques (qui excluent d’emblée le besoin impératif d’émigrer de façon légale, ordonnée et régulée vers les pays d’accueil) favorisent et stimulent les mafias.
Si des milliers de personnes naviguent chaque année sur mer avec des risques sérieux pour leur vie, cela est dû au travail des mafias, qui profitent de situations que d’autres favorisent. Les mafias déposent des centaines de personnes sur la côte libyenne pour qu’elles soient recueillis par les navires des ONG.

Egalement les ONG?

Ces mafias sont complétées par le travail de nombreuses ONG qui, sous le couvert de travail humanitaire, jouent un véritable rôle de promotion de ce type d’émigration. Beaucoup d’entre elles participent à l’Open Society de George Soros, qui a ouvertement reconnu son rôle de promoteur des processus migratoires.
Pour cette raison, les ONG ont une part de responsabilité dans les milliers de morts en mer. Le ministre de l’Intérieur espagnol, Juan Ignacio Zoido disait à Bruxelles, en Juillet 2017, que « nous devons sensibiliser les gens au sein des ONG qu’ils sont là pour aider,  et non pour promouvoir ou encourager l’émigration clandestine. »
Matteo Salvini a également rappelé lors de l’épisode de l’Acquarius, qu’il y a actuellement deux autres navires au large des côtes libyennes  (Lifeline et Seefuchs), sous drapeau néerlandais, qui attendent la cargaison humaine que les mafias leur déposent.
Bien que les ONG suggèrent qu’elles ne s’occupent que des navires qu’elles trouvent en haute mer, la vérité est très différente. La vérité est que, souvent, elles ramassent les migrants au large de la côte nord-africaine plutôt qu’en haute mer, en situation précaire, pour les amener plus tard en Italie. L’organisation Gefira a mis en place un suivi des navires à l’automne 2016  et a démontré le transfert de la Libye à l’Italie qu’effectue, avec une régularité suspecte, les navires.

Propagande gouvernementale

Que le sauvetage de l’Aquarius ait eu une dimension essentiellement propagandiste, presque tout le monde le sait. Le nouveau gouvernement espagnol qui arrive au pouvoir avait besoin – étant donné son soutien parlementaire limité – d’une politique de gestes d’importance: le navire, rejeté par l’Italie, lui a donné une occasion en or de montrer ses convictions progressistes. Peu importe que ce soit un gouvernement qui maintient les clôtures à Ceuta et Melilla; que ce soit un gouvernement socialiste qui a installé les fils de fer barbelés sur ces enclaves. Presque personne ne s’en souvient. L’essentiel est que, en l’absence de réalisations concrètes dans le domaine législatif, l’exécutif de Sánchez soit à même de mener ce type d’initiative. Sanchez sait qu’il ne peut pas  disposer des barrières frontalières en Afrique du Nord, parce qu’elles font partie également de l’Union européenne, et qu’il est là essentiellement pour obéir.
De l’Italie, Salvini a voulu rappeler à l’exécutif socialiste de Madrid que, dans la mesure où le gouvernement promeut ce type de mesures, il travaille avec les mafias et encourage la mise en danger de la vie de millions de personnes. Et,  bien que le message s’adressait aux ONG qui collaborent avec la migration, il ne fait aucun doute qu’il s’étend à Pedro Sánchez : « Faites savoir à ces messieurs que l’Italie ne veut plus être complice du commerce de l’immigration clandestine et que, par conséquent, d’autres ports (non italiens) doivent être recherchés. »

Assistance humanitaire et propagande

En Espagne, il n’a pas manqué de municipalités qui ont offert une aide aux réfugiés (épigraphe sous laquelle on regroupe une infinité de cas qui, dans une large mesure, ne corresponde pas à cette condition).
Les chiffres fournis par les institutions sont contradictoires. Par exemple, la ville de Madrid affirme avoir reçu 3 748 réfugiés depuis 2016, alors que l’UE dit que l’Espagne en a reçu 2 792.
Le nombre de ceux qui sont accueillis se mesure par leur inscription au CIES, ce qui correspond rarement aux chiffres réels : les Subsahariens, sans-papiers, sont très difficiles à rapatrier, parce qu’ils refusent de révéler leur origine ou simplement l’inventent. Pour cette raison, et parce qu’ils ne relèvent pas particulièrement de zones conflictuelles, ils ne font pas partie des statistiques. Les Algériens ou Marocains, conscients qu’ils peuvent être facilement rapatriés, évitent à tout prix le CIES, si bien que les chiffres officiels montrent une différence notable par rapport à la réalité.

Réfugiés ?

Selon le HCR, un réfugié est une personne qui a été forcée de fuir son pays à cause de conflits, de persécutions ou de violations des droits de l’homme. Les présumés réfugiés arrivés en Europe ces dernières années n’ont pu bénéficier que de la première des causes, à savoir la fuite à cause de conflit.
Cependant, certaines des caractéristiques de ces réfugiés sont peu compatibles avec l’affirmation selon laquelle ils fuient la guerre.
Les personnes déplacées (qui ne sont pas des réfugiés) qui sont arrivées en Espagne, l’année dernière étaient, dans un rapport de 3 sur 4, des hommes âgés de 18 à 45 ans. Seulement 14% étaient des mineurs, et 9% étaient des femmes. En grande partie, ce n’étaient pas des réfugiés, mais des migrants économiques.
Le statut de ces migrants se démontre par le refus fréquent de ces derniers à rester dans les pays les moins développés d’Europe de l’Est, exigeant d’être installés en Allemagne, en France ou en Scandinavie. Ceux qui, malgré tout, sont envoyés dans des régions non désirées, fuient généralement plus tard vers les régions précédentes.

Système de quotas

L’Union européenne a imposé un système de quotas aux États membres, indépendamment de la volonté de chacun, par le biais de la Cour de justice de l’Union européenne.
La décision a effrayé les esprits des États qui ont fait appel de la décision communautaire, dénonçant la politisation croissante des instances judiciaires européennes. L’imposition de quotas d’immigration par les eurocrates a provoqué une énorme irritation dans les pays d’Europe centrale: ni la Hongrie, ni la République tchèque, ni la Pologne n’ont accepté la décision de Bruxelles.
Les plaintes de ces derniers sont, sans aucun doute, bien fondées, car les plans de relocalisation envisagés par l’Union européenne violent la convention de Dublin, qui oblige les migrants à rester dans le premier État auquel ils sont arrivés à l’intérieur des frontières de l’UE. C’est pourquoi Peter Szijjarto, ministre hongrois des Affaires étrangères, a qualifié cette politique d ‘« irresponsable». Conscient de ce qui est en jeu, il a affirmé que « la vraie bataille ne fait que commencer ». Les organes communautaires sont de plus en plus politisés. Ils persistent à ignorer les besoins de leurs partenaires les plus faibles. La Hongrie a dénoncé que « la politique a violé les lois et les valeurs européennes ».
Le système des quotas est mort, mais la division  produite est plus vivante que jamais, car l’UE ne renonce pas en substance à sa politique migratoire.
La bataille ne fait que commencer.

Analyse de Fernando Paz.

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