Au camp des Milles, la Métropole Européenne de Lille entend faire bien penser ses agents !

dans Zones occupées

La Métropole Européenne de Lille  (la MEL) est bien-pensante et tient à le faire savoir. La collectivité propose à ses 2 600 fonctionnaires de vivre  une expérience de formation « unique » au Camp de déportation des Milles,  à Aix en Provence.  Thème retenu ?  :  « Fonctionnaire, citoyen-fonctionnaire éthique : être acteur de ses valeurs ». L’accès à la formation repose sur le volontariat mais gageons qu’une participation à ce camp de rééducation fera du fonctionnaire volontaire un fonctionnaire bien vu.

Klara Von Kustniz
Klara Von Kustniz

Par cette formation, la MEL souhaite affirmer son rôle d’administration « responsable et agissante ». Elle veut aussi permettre à ses agents d’affiner leur discernement afin de mieux concilier leurs responsabilités en qualité de fonctionnaires et leurs comportements de citoyens.

En clair, la MEL prend ses agents pour des crétins incapables de discerner le bien du mal et se charge de leur conscience. Il leur faut donc être citoyen avant d’être homme, l’homme se distinguant pourtant des autres espèces par sa conscience du bien et du mal, ce qui lui valut l’exil hors du jardin d’Eden. Mais pour la MEL, point de religion ou plutôt une seule religion : celle de la république, toujours prête à laver le cerveau de ses administrés.

Bienvenue à l’espace Serge Klarsfeld

La « formation » se déroule sur deux jours et demi et comprend la visite guidée du Site-Mémorial incluant un passage par l’espace Serge Klarsfeld et un temps libre de « respiration » laissé aux stagiaires pour essuyer leurs larmes et ravaler leur fort légitime émotion ainsi que des ateliers :

Engrenages et résistances, analyse des mécanismes sociaux et des engrenages collectifs pouvant conduire au pire.

Le stagiaire averti aura bien compris , à la fin de cette première journée, de quel « pire » il s’agit et , pour être bien noté, ne manquera pas de pleurnicher consciencieusement sur « l’engrenage » nationaliste car il saura désormais que derrière tout amour de la patrie peut se cacher un engrenage menant au vilain nationalisme et à l’affreux nazisme. Au Camp des Milles, prudence, comme le train, un engrenage peut en cacher un autre.

Le deuxième jour, à peine remis de ses émotions, le fonctionnaire participera à l’Atelier Réflexions et échanges sur la notion de Terreau sur la base du livre « Résister » d’Alain Chouraqui, président de la Fondation du Camp des Milles- Mémoire et Education.

Ce livre a d’ailleurs reçu le prix Seligmann contre le racisme et l’intolérance décerné par la Chancellerie des Universités de Paris.

L’atelier sera suivi d’échanges entre stagiaires dans le domaine des discriminations, du racisme et de l’antisémitisme. C’est là qu’il faudra, pour être bien vu, démontrer qu’on ne plaisante pas avec ces choses là, qu’on est horriblement choqué par la moindre idée nationale, que la France n’existe pas et que seule compte  la république et ses valeurs, que l’homme n’est rien face au citoyen toujours bien pensant et farouchement droitsdel’hommiste.

Les formateurs s’en mêleront bien sûr pour remettre le moindre déviant sur le droit chemin en apportant des « notions-clefs » et des « apports théoriques » , autant dire des éléments de langage de la pensée unique. Il sera ensuite procédé à la vérification des acquis lors de l’atelier. L’histoire ne dit pas si le déviant sera ou non conspué et rejeté en bout de table au cours du repas pris sur site, ou s’il sera privé de dessert parce qu’il a demandé un congolais avec son café.

L’après-midi sera consacré au « modèle républicain français et au rôle des agents publics à l’épreuve du quotidien ». On argumentera de la meilleure façon d’être républicain sur la base de clips vidéo et d’analyses de cas réels. Gare au déviant !

Enfin, le stagiaire aura, le troisième jour et après avoir visité le carré de cérémonie à l‘Ecole Nationale Supérieure des Officiers Sapeurs-Pompiers, la joie de discuter avec les formateurs et ses collègues des apports de la formation et de s’ approprier « les éléments théoriques reçus » sur une grille d’aide à la décision. Le stagiaire sur le grill, l’assurance d’une formation réussie.

Et la République vous invitera à faire votre testament … philosophique !

La république étant d’essence maçonnique, demandera ensuite à ses fonctionnaires d’écrire un « testament » individuel après un temps d’introspection. En loge, on fait passer les impétrants au cabinet de réflexion et on leur demande de rédiger leur « testament philosophique », texte qui sert ensuite au Vénérable Maître à vérifier si le profane est bien conforme à l’esprit maçonnique. Ce testament sera ensuite brûlé dans le temple lors de la cérémonie d’initiation.

Voilà donc nos stagiaires dûment initiés à la Liberté, l’Egalité et la Fraternité. Tout le groupe tirera une triple batterie maçonnique à leur gloire. Vivat , vivat ! Semper vivat !

Neuf sessions de lavage de cerveau à la mode républicaine sont programmées sur l’année 2018, à 3 000 € la session pour un groupe de 12 à 22 personnes (tarif catalogue). Pour ce prix là, le Camp des Milles offre la visite des lieux et la formation. Les repas , les nuitées et les voyages Lille-Aix en Provence sont en sus, le tout à la charge de la collectivité.
A Lille, la MEL compte environ 2 600 agents. Je vous laisse faire le compte d’argent public dépensé dans cette sauterie rééducative. Espérons que les stagiaires voyageront en train pour bien se préparer à l’émotion qui va les étreindre lors de leur visite …

La République, jamais en reste en matière de rééducation de la pensée, propose avec le Camp des Milles d’autres thèmes formateurs :

Il suffit de consulter le catalogue des formations pour en constater le bien-fondé républicain : non seulement vous pouvez être sensibilisé à la lutte contre les -ismes- enfin, non, pas tous…- mais vous pouvez aussi apprendre à accueillir les « primo-arrivants ».
En effet, on ne dit plus « clandestins » mais « primo-arrivants. »

Si vous appartenez à la bienveillante Education Nationale qui veille sur la bien-pensance de nos chères têtes blondes (rien que cette expression tombe sous le coup des lois anti-discriminatoires), vous pouvez , dans votre établissement, être « référent dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ». Gageons que les volontaires à force de reptation nombrilesque passeront bien vite à la nouvelle « classe exceptionnelle » des professeurs méritants, classe à laquelle on accède au mérite et en fonction des actions menées dans le sens du vent, c’est-à-dire en fonction de la tête du client. C’est ça, la démocratie.

Un manuel de survie ou de propagande ?

Le site du Camp des Milles regorge de matériel pédagogique pour vous aider à bien penser, à nommer la barbarie et à lutter contre elle. Observons par exemple le Petit Manuel de Survie Démocratique que tout bon démocrate se doit de télécharger et d’apprendre par cœur.

Le manuel ouvre sur un appel d’Alain Chouraqui qui va nous expliquer, à nous pauvres lecteurs ignorants, comment des sociétés sombrent dans la barbarie et comment y résister. Le processus est simple : une minorité agissante exacerbe les tensions du terreau et l’engrenage se met en route. Le mensonge agressif s’impose et la victime est présentée comme l’agresseur. La peur s’installe et la démocratie doit se défendre. S’en suit l’extension des persécutions.

Appliquons cette brillante théorie à notre époque démocratique : une minorité islamo-gauchiste antifa exacerbe les tensions du terreau social. Le mensonge agressif calomnie tous ceux qui veulent défendre leur patrie et les islamistes sont présentés comme des victimes de discrimination alors que le patriote est qualifié d’agresseur. La peur s’installe et la démocratie doit se défendre.

S’en suit l’extension des persécutions : Allez les natios, au gnouf ! CQFD …

Il faut donc surmonter les tensions du terreau par le débat démocratique. Sachant que le « débat démocratique » exclut d’emblée les patriotes en les assimilant aux barbares, les tensions ne peuvent que s’exacerber.

Nos amis du Camp des Milles commettent des erreurs d’appréciation qui risquent de mener au pire. Ils nous rappellent qu’il faut s’appuyer sur les valeurs de la démocratie, oubliant que leur « démocratie » née en Grèce était une affaire d’élite et excluait les gueux de la cité.

Nous sommes  là face à un ratatinage des cerveaux à l’aide des valeurs obligatoires de la propagande médiatique sur la mémoire. Bien entendu, cette mémoire  commence en 1933. Comme si les peuples européens n’avaient pas, avant cette époque, vécu des époques de barbarie, des guerres et des massacres.

« Que ferais-je demain si… ? » interroge le Manuel de Survie Démocratique. On est tenté de répondre : comme d’habitude, rien , le peuple étant ce qu’il est et l’actualité nous donnant raison. On tue nos enfants à tous les coins de rue et nous hurlons au Pas d’amalgame .

Le Manuel, dans les fiches présentées en annexe, aide le lecteur à s’y retrouver, car « s’il y a charia et charia » comme disait le philosophe à chemise blanche, « il n’y a pas génocide et génocide ». La fiche 2 nous explique que le plus grand des crimes de toute l’histoire du monde est le « génocide », crime qualifié en 1942 par les alliés afin de sauver le monde.
Les lois de Nuremberg, contre toutes les lois de la guerre depuis que le monde est monde, crée le « crime rétroactif » et jugent les Allemands sur une qualification qui n’existaient pas au moment où le crime a été commis .
N’importe quel juriste vous l’expliquera.
La loi n’est pas rétroactive et il existe un droit de la guerre. A Nuremberg, les vainqueurs réécrivent le droit etc ce sont donc les vainqueurs qui décident de ce qui est criminel en temps de guerre, moyen bien commode pour les alliés d’oublier les horreurs commises à Dresde ou à Hiroshima.
Quand les Britanniques laissent mourir de faim, de froid et de soif des milliers de soldats allemands dans des camps, qu’ils couvrent de flammes et de phosphore des milliers de civils et que des Américains brûlent au feu nucléaire des millions de Japonais tandis que des hordes yankees violent des femmes européennes, ce ne sont pas des crimes de guerre … c’est pour le bien de la démocratie. Et bien entendu, sont oubliés les Amérindiens massacrés par la Conquête de l’Ouest.

La mémoire, certes, mais à géométrie variable

Pourtant, le Manuel tente d’éviter cet écueil de la mémoire à géométrie variable en précisant qu’il y a « d’autres génocides », tsiganes, arméniens, tutsis…afin de se positionner contre « la concurrence victimaire » dont les méchants fachos accusent souvent nos amis, mais sans oublier néanmoins l’aspect « heuristique et paradigmatique de la Shoah ».
Tout comprendre et analyser mais à la lumière de la Shoah. Rien ne peut être expliqué et compris hors de la Shoah.
Voilà qui semble d’une clarté absolue et explique parfaitement comment un bon fonctionnaire est un fonctionnaire qui a visité le Camp des Milles.
Ite missa est.