Bernard Arnault, un Français deuxième fortune mondiale

dans Tour d'horizon

Rien ne semble pouvoir empêcher le milliardaire Bernard Arnault d’accéder au rang de première fortune mondiale.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

Après avoir successivement atteint la quatrième puis la troisième place du palmarès, déclassant ainsi, en avril dernier, le célèbre investisseur américain Warren Buffet, le dirigeant du groupe LVMH vient de ravir le titre enviable de deuxième fortune mondiale en lieu et place de Bill Gates, le fondateur de Microsoft. Accroissant sa fortune de 32 milliards de dollars (28,6 milliards d’euros) depuis le début de l’année, Bernard Arnault a même engrangé 2,88 milliards de dollars sur une seule journée du mois de juin dernier, particulièrement faste pour l’action LVMH. Même si l’année 2019 s’avère idyllique pour les milliardaires français, il s’agit du record absolu de gain individuel jamais atteint parmi les plus grandes fortunes du monde.
L’homme d’affaires roubaisien devrait, à ce rythme, ravir assez rapidement la première place à l’américain Jeff Bezos, fondateur d’Amazon dont les actifs sont évalués à 131 milliards de dollars. Numéro un mondial du luxe, le groupe LVMH bénéficie de l’élévation du niveau de vie dans un certain nombre de pays émergents, d’un engouement qui ne se dément pas pour les gammes Vuitton, Hennessy, Dom Pérignon… et d’une nouvelle clientèle de plus en plus sensible aux produits de marque et de luxe. Les « millennials », nés dans les années 1980 à 1990 ont, par exemple, représenté 40 à 50% des achats de sacs Vuitton en 2018.

Une dizaine de milliardaires détiennent l’ensemble des médias

Même si l’on peut légitimement s’interroger sur le bienfondé de telles fortunes aussi rapidement acquises, forcément au détriment des salariés de ces groupes industriels et financiers mais aussi de leurs fournisseurs trop chichement rémunérés et de leurs clients auxquels il est sans doute vendu trop cher, on ne peut que s’interroger sur l’engouement de ces milliardaires pour les entreprises de presse dont la rentabilité s’avère pourtant de plus en plus problématique. Qu’une dizaine parmi ceux-ci, plus ou moins français – Bouygues, Xavier Niel, Dassault, Bernard Arnault, Bolloré, feu-Pierre Bergé, Patrick Drahi, François Pinault, Matthieu Pigasse et Lagardère -, détiennent la quasi-totalité des médias devrait quand même éveiller les soupçons des plus placides de nos contemporains.
En effet, selon l’adage connu, qui tient la presse tient l’opinion et, dans ces circonstances, comment oser évoquer encore une liberté de presse et d’opinion lorsque l’ensemble des titres appartiennent à une caste microcosmique et pour le moins endogamique ?
Bernard Arnault, propriétaire, entre autres, des titres Les Échos, Le Parisien, Aujourd’hui en France s’était fait la main avec La Tribune, Investir, l’Expansion. Comme par hasard, sa fille, Delphine Arnault, partage la vie de Xavier Niel, l’un des propriétaires du quotidien de gauche Le Monde, accessoirement milliardaire lui aussi et 18ème fortune française. Avant de créer Free, le géant d’internet, ce dernier avait bâti sa fortune dans la pornographie et notamment le Minitel rose et la création de peep-shows et de sex-shops. Digne fille de son père, sa moitié, Delphine Arnault, cumule les fonctions les plus valorisantes au sein du groupe, dont celle de membre du conseil d’administration de LVMH. Cerise sur le gâteau, elle appartient aussi au puissant club Le Siècle, créé en 1944 par Georges Bérard-Quélin, membre du Grand Orient de France.

La fin de la liberté d’opinion

Pour mieux appréhender l’idée que se font ces milliardaires de la liberté de la presse, il suffit juste de citer Xavier Niel, co-propriétaire du Monde, qui avait publiquement avoué que « quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et après ils me foutent la paix ». Un style mais aussi tout un programme.
Quant à son beau-père, Bernard Arnault, il avait, fin 2017, retiré toute publicité au Monde dont un article le concernant lui avait déplu, soit un manque à gagner de 600 000 euros pour le quotidien dit « de référence ». On imagine l’ambiance des fêtes de famille qui s’ensuivirent…
On imagine surtout les enjeux d’influence et de formatage des esprits des citoyens-consommateurs que permet pareille concentration de la presse dans les mains des magnats de l’économie et de la finance.


Article initialement paru dans le journal Présent

 

 

 

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