Bilal, Brigandes: la république et ses chanteuses

dans Arts & Lettres & Chansons

Bilal Hassani, candidat de la France à l’Eurovision, se produit dans les salons dorés de la Mairie de Paris pendant que Les Brigandes sont convoquées à l’Assemblée nationale. Gainsbourg s’est planté, la chanson n’est pas un art mineur !


Rédaction NSP
Thierry De Cruzy

Les charmantes et réactionnaires Brigandes viennent d’éditer un nouveau CD, en souhaitant que ce ne soit pas le dernier. En effet, les chanteuses se sont vu fermer leur compte Youtube le 11 février dernier. Manifestement leur succès dérange. Avec des titres dépassant le million de vues, cette élimination de pacifiques chanteuses est significatif de l’audience de leurs chansons et de l’importance que leur accordent les censeurs. Le contrôle d’internet, « la lutte contre les propos haineux » en novlangue, est devenu un enjeu stratégique pour les “démocrates”. Vendredi 10 mai, Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook est venu spécialement à l’Elysée pour rédiger avec Emmanuel Macron le texte de la nouvelle loi qui va « faire de la France le pays qui invente la régulation », en clair pour alourdir la censure.
C’est dans ce contexte hostile que Les Brigandes diffusent leur 8e CD, Contre le temps avec 12 titres et un bonus. Le 8e en moins de cinq ans !!! Et par le seul groupe de musiciens professionnels existant dans la dissidence. Cette productivité et l’audience du groupe en font un véritable phénomène musical, expliquant l‘acharnement de la censure à réduire ces jeunes femmes au silence. Télévisions, radios et journaux ont envoyé leurs commissaires-politiques (journalistes en novlangue) dans leur petit village du Languedoc pour tenter de dresser la population et ses élus contre les musiciens. Plusieurs campagnes médiatiques d’ampleur nationale n’ont fait qu’augmenter leur visibilité sans affecter leur créativité. En avril dernier, elles ont même été convoquées par la commission d’enquête parlementaire sur les « groupuscules d’extrême droite ». Les chanteuses sont un danger pour qui ? Les députés ont-ils conscience que par cette convocation, ils ont hissé ces artistes dissidentes quasiment au niveau de l’hommage qu’ils avaient rendu à Johnny en décembre 2017 ? N’en déplaise à ceux qui considèrent la chanson comme un art mineur, le talent des Brigandes bénéficie maintenant de la reconnaissance des élus de la Nation et la censure n’en est que plus inacceptable.
A l’époque où elles avaient encore un compte, quelques-unes de leurs vidéos avaient été déjà supprimées par Youtube (Foutez le camp, …), elles avaient été réinstallées par l’administrateur qui ne pouvait justifier sa censure. On en trouve quelques-unes sur Dailymotion. De fait, les campagnes médiatiques relevaient de l’intimidation car aucune procédure, ni a fortiori de condamnation, ne pèse sur leurs compositions. Pourquoi donc ces persécutions ?

En phase avec la réalité française !

Dans leur dernier CD, comme pour les précédents, les thématiques se répartissent entre l’actualité et l’enracinement. Car les Brigandes ne vivent pas recluses dans leur village, elles sont au contact de la réalité vécue quotidiennement par les Français des transports en commun et des ronds-points, des impôts, des taxes et des migrants.
Leurs dernières chansons puisent donc leur inspiration dans l’actualité la plus brûlante, Quand on voit arriver les migrants :« Si on voit dix millions de migrants, / On se dit : “Bonne mère ! Est-ce que c’est pas la guerre ? / Si on voit arriver dix millions de migrants. » Elles décrivent ce que chacun peut observer et peut aussi chanter avec elles comme dans Tomber plus bas : « Tomber plus bas, ne dîtes pas non, / C’est bien pour ça que nous avons Macron, / Alors tombons, tombons, tombons, / C’est si bon de couler vers le fond. » Très médiatique, notre Président a aussi sa chanson, Ne m’appelez plus président : « J’suis le clown du gouvernement, / Je vaux pas tripette / Comme un haut-parleur / Je suis là pour transmettre… /  Les instructions à la lettre / De mes employeurs. » On relève une pointe de provocation dans Ah Ruedi, mets ta kippa dis !
Trois chansons sont empreintes de la nostalgie d’une époque révolue. Elle a quitté le Portugal, pour ces Européens qui venaient chercher du travail en France : « On prend le drapeau national, / On bosse, on se tient à carreau ; / Un émigré du Portugal, / C’est jamais un Français de trop. » On a du mal à croire que Marseille en rêve a pu exister, même si la ville est chantée : « J’entre dans un bistro, ça joue Vincent Scotto ; / Oui, c’est comme Marseille en rêve / La serveuse Fanny vous sert un aïoli, / Que même les morts s’en relèvent / Dans la crèche, un santon a la tête, / Dirait-on, de Francis le Belge / Et l’odeur du pastis repousse le cannabis. » Le cycliste Jacques Anquetil est fêté pour le temps où le dopage n’avait pas envahi la compétition, La Caravelle : « Un matin avant le départ, / Une omelette de la Mère Poulard, / Un Gros-plant en veux-tu en voilà, / Pour la route, un coup de Calva, / Il disait : Ah nan la diététique ! »
Les Brigandes chantent leurs rêves avec le serment de Ragnar, « Nous avons frappé avec l’épée / Et moi Ragnar, je le promets / Pour rassembler ma grande armée / Je reviendrai. » Il fait écho à celui du Soldat d’Odin : « Dans le ciel du grand Nord, / Quand frappe le marteau de Thor / Je viens. » Elles suivent leur Chemin de étoiles : « Le Soleil et la Lune ont bercé notre enfance, / Le grand-père Saturne brisa notre insouciance / Quand le roi Jupiter lança ses ordonnances. / Et moi j’avance tout droit / Sur ce chemin là / Car je n’ai pas le choix. »
Hommage trop rare et donc courageux, elles chantent Robert Brasillach, le poète assassiné qu’elles ne veulent pas oublier, Dans la prison de Fresnes : « A leurs promesses d’un misérable bonheur, / Sur la voie héroïque, c’est un destin tragique / Pour ceux qui ne suivent que leur cœur. » Bel espoir, les jeunes femmes consacrent un titre pour accueillir la fille de Marianne née le 30 avril, Quand un enfant va venir : « C’est une être qui s’avance, Une âme est venue du Ciel, / Un présent que l’Eternel / Nous confie. »
La culture est un tout, l’esthétique participe du projet culturel des Brigandes. Elles ont donc conçu leur CD avec leurs propres illustrations et si la censure les a empêchées de tourner des vidéos comme elles l’avaient fait pour leurs précédentes compositions, on peut les admirer armées en valkyries. Tous les titres sont composés par leur (trop?) discret mentor, Joël Labruyère, qui inspire avec brio cette jolie équipe de chanteuses.
Certaines chansons auraient pu totaliser des scores sur Youtube, ce n’est plus possible. Les jaloux, les envieux, les ennemis de la culture populaire ont fait appel à Dame Censure. La génération « il est interdit d’interdire » ne supporte pas la contradiction. Mais vous pouvez leur rire au nez en commandant ce CD et en le faisant connaître.


Contre le temps.
CD, 2019, 23€ port compris.
Chèque à l’ordre de Barka Productions.
BP 7 – 34330 La Salvetat-sur-Agoût.
Les Brigandes.


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