Blackface : la dictature des incultes frappe la Sorbonne

dans Résister

A la Sorbonne, le 25 mars dernier, la représentation de la pièce  Les Suppliantes  d’Eschyle a dû être annulée suite à l’intervention d’associations « antiracistes » protestant contre les maquillages et masques noirs des personnages pour délit de Blackface !


Klara Von Kustniz
Klara Von Kustniz

Dans le cadre du festival Les Dyonisies la compagnie Démodocos – du nom de l’aède aveugle dans l’Odyssée- et son metteur en scène Philippe Brunet devaient offrir au public une nouvelle mise en scène de la pièce d’Eschyle Les Suppliantes.
Le CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), la Brigade anti-négrophobie et l’inénarrable LDNA (Ligue de Défense Noire Africaine) en ont décidé autrement. Dans une intervention d’une rare violence, les trois associations qui prétendent lutter contre toutes les formes de racisme ont interrompu la représentation, hué et insulté les comédiens et le metteur en scène au point que le spectacle a dû être annulé. Pourquoi tant de haine ? Les personnages des Danaïdes étaient maquillés ou portaient des masques noirs …
Visiblement peu au fait de la tragédie grecque et on le comprend puisque Homère, Eschyle ou Euripide leur sont parfaitement étrangers culturellement, nos joyeux combattants de l’anti-racisme qui ont dû sécher les cours de français et d’histoire dispensés dans la merveilleuse école égalitaire de la république ignoraient donc totalement les tenants et les aboutissants de l’utilisation des maquillages et des masques dans le théâtre antique. Or, pour les Anciens, le masque et le maquillage permettaient de rendre le caractère du personnage. Les acteurs se barbouillèrent tout d’abord le visage de lie de vin « quoe canerent agerent ve, peruncti foecibus ora » puis décidèrent ensuite d’utiliser des feuilles d’arction (grande bardane) pour se confectionner des masques pour mieux personnifier les héros et les dieux car comme le disait Pline : « uidam arction personatam vocant, cujus folio nullum est latius ». Le masque ou « persona » commençait de naître.

Et le  masque s’imposa …

Très progressivement, le masque va s’imposer afin de mieux rendre l’âge, la fonction et surtout le sexe des personnages, les rôles de femmes étant interprétés par des hommes. Horace prête l’invention du masque à Eschyle « post hunc personae palloeque repertor honestoe, Aeschilus… »mais rien n’est moins sûr et Aristote lui-même, dans sa Poétique, avouait en ignorer la véritable origine. La postérité se souvient pourtant des premiers acteurs qui le portèrent : le poète Phrynicus grimé en femme, Néophron de Sycone, déguisé en vieux professeur ou Robin Gallus qui l’arbora à Rome pour la première fois dans le but de cacher un disgracieux strabisme…Les masques furent d’abord d’écorce d’arbre puis de cuir ou d’étoffe et enfin de bois artistiquement sculpté qui remplissait également l’office de porte-voix. Ces masques étaient peints et la couleur contribuait à l’expression du personnage. Rien donc de « racialiste » dans tout ça. Nos Danaïdes, condamnées à remplir sans fin un tonneau troué ne pouvaient que porter les couleurs sombres de leur funeste destin, ce qui a sans aucun doute échappé aux ignares triomphants du CRAN, de la LDNA et de la Brigade anti-négrophobie.
Finalement, la seule chose qui relie les militants congoïdes et la tragédie grecque, c’est l’hybris, la démesure inspirée par l’orgueil jusqu’à la stupidité, démesure qui les mènera vers un sort tragique car la punition divine de l’hybris est la némésis et nul n’échappe à son destin, ce que rappelle Hérodote : «  Regarde les animaux qui sont d’une taille exceptionnelle : le ciel les foudroie et ne les laisse pas jouir de leur supériorité ; mais les petits n’excitent point sa jalousie. Regarde les maisons les plus hautes, et les arbres aussi : sur eux descend la foudre, car le ciel rabaisse toujours ce qui dépasse la mesure» .
En effet, l’homme doit être conscient de sa place dans l’univers et éviter de vouloir la modifier. Qui grimpe trop haut finit toujours par tomber … Les militants anti-racistes, trop sûrs de leur supériorité, se sont une fois de plus totalement ridiculisés et vont immanquablement s’attirer les foudres de l’intelligentsia.

Déni … inclusif

Cependant, l’hybris ne semble pas être l’apanage des panafricains excités puisque le directeur de la Sorbonne qui pourrait faire siens le texte d’Eschyle dans Les Sept contre Thèbes : « Je suis sans courage : la peur m’arrache les mots », même s’il fustige leurs violentes et injurieuses interventions et soutient le metteur en scène Philippe Brunet, n’a pu s’empêcher de se vautrer lamentablement dans l’humanisme le plus dégoulinant dans un communiqué officiel de la vénérable institution rappelant sa politique « inclusive et porteuse d’égalité ».
Quant à Alain Tallon, doyen de la faculté de lettres de l’université, celui-ci rappelle que « le “blackface” – se grimer en noir pour se moquer des Noirs – est une pratique que nous condamnons avec la plus grande fermeté. » et il ne s’agit que d’une « incompréhension ». Euphémisme, quand tu nous tiens. Surtout ne pas dire que nous avons affaire à des guignols incultes, ignares et ultra-violents qui pratiquent un terrorisme intellectuel fondé sur la bêtise la plus crasse. D’ailleurs, la Sorbonne, plus paillassonnesque que jamais, a retiré de son site la photo d’un personnage grimé en noir…il ne s’agissait que d’un maquillage doré, cuivré d’une danaïde…
Et le metteur en scène Philippe Brunet d’en rajouter une couche en affirmant qu’il a toujours tenu compte des apports africains dans la culture grecque, ce qui lui vaut les foudres des hellénistes distingués mais ce sont sans doute d’immondes racistes … car si l’on peut sans aucun doute parler de l’influence grecque sur le monde africain, l’inverse est bien plus douteux d’autant plus qu’Aristote nous rappelait que l’esclavage était la pierre angulaire de la société grecque, ces esclaves étant pour la plupart vendus par leurs propres parents aux marchands hellènes. Business is business.
La volonté de ramper devant les hordes d’imbéciles incultes semble être devenue une caractéristique de notre beau pays. Attention que la France n’atteigne pas le point de non-retour de l’hybris reptatoire ce qui lui vaudrait sans aucun doute une némesis divine de première classe : la disparition de sa culture ou le remplacement de sa population.


Communiqué de presse de la Sorbonne :

 

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