Candid.e.s 19 : Ce qu’il leur arriva à Dubalais et comment Candid.e.s fit la connaissance de Roger

dans Le feuilleton

La première journée de nos deux voyageurs fut assez agréable. Les navires nongriens avaient déposé leur berline chargée d’or sur la côte macronienne et nos deux héros étaient encouragés dans leurs pérégrinations par l’idée de se voir possesseurs de grands trésors. Candid.e.s, transporté, écrivait le nom de Mademoiselle Lou sur tous les murs d’immeubles qu’il rencontrait et rêvait déjà d’imposer le fascisme en Macronie sûr que ses concitoyens l’en remercieraient vivement.

Rédaction NSP
DOCTEUR HEINRICH

Cependant, la traversée des divers quartiers de la Macronie où régnait la Sacro-Sainte Diversité ne leur fut guère favorable. On les dépouilla d’une grande partie de leurs trésors et ils ne durent bien souvent leur salut qu’à la vélocité de la berline nongrienne.

Candid.e.s dit à Cacambo : « vous voyez, cher ami, comme les biens de ce monde sont périssables et comme notre ami le Flambeau a raison. Il n’y a rien de solide au monde que l’ordre, la vertu et le bonheur de revoir Mademoiselle Lou.

Je l’avoue, dit Cacambo, mais il nous reste encore assez de trésors pour atteindre Dubalais cette grande ville du nord de la Macronie , ville tombée aux mains des milices Antifas et envahie de congoïdes et de persisistanais, ville dont les malheureux habitants seront forcément réceptifs à notre mission fascisante. »

En arrivant près de la ville, ils rencontrèrent un nègre allongé par terre, richement vêtu de vêtements de la meilleure façon et à la dernière mode macronienne et qui ronflait fort à son aise sur les pelouses municipales. Le brave allogène tenait encore à la main son téléphone portable dernier cri sur lequel il s’était endormi en jouant au poker en ligne et les restes d’un abondant repas se répandaient autour de lui.

Une jeune bobo le caressait voluptueusement.

« Eh mon Dieu ! lui dit Candid.e.s, que fais-tu là, mon ami, dans l’état avantageux où je te vois ? » « J’attends le chef des Antifas qui doit me mener à l’hôtel et me présenter à d’accortes vieilles dames amoureuses de la diversité.

Est-ce le chef des Antifas qui t’a donné tous ces beaux vêtements, cette nourriture et cet équipement numérique?

– Bien sûr, il me prête aussi sa sœur ici présente pour mes menus plaisirs, en attendant de me loger luxueusement. C’est l’usage ici. Il y a des associations de bobos qui s’occupent très bien de nous, nous sommes lavés, nourris, aimés et choyés. Je ne travaille naturellement jamais et l’état macronien me verse une rente conséquente. J’envoie une partie de l’argent à ma famille en Africanie afin de faire venir mes quatorze frères et sœurs et si je me débrouille bien, je finirai star du rap car j’ai un bel organe.  Ma mère est très heureuse de la situation et me dit toujours de bénir nos humanitaires et l’office des réfugiés et de ne jamais oublier tout ce que je dois aux milliardaires humanistes Mercantilis. Mon bonheur est assuré car je n’aime rien tant que dormir, l’estomac plein et l’amour satisfait. Je vis bien mieux que tous les macroniens et ils sont tous à mon service. Regarde ce puresouche qui traîne là-bas, affamé et en guenilles. Personne ne lui donne rien ici car il n’est qu’un blanc. La Macronie adore les nègres et celui qui nourrit le blanc n’est ici considéré que comme un infâme raciste, ce qui est le déshonneur suprême. Comme tu le vois, je respire la joie de vivre. »

« Ô Mélonche, avais-tu imaginé cette abomination ? Et comment en est-on arrivé là ? » pleurnichait Candid.e.s.

Cacambo se doutait bien un peu comment on en était arrivé là et comprenait de mieux en mieux l’intérêt du fascisme. Candid.e.s continuait de pleurer à chaudes larmes : « Faudra-t-il donc que je renonce à l’Humanisme ? »
« Qu’est-ce que l’Humanisme ? » dit Cacambo. « C’est la rage de voir le monde à l’envers et de dire que tout est bien quand tout est mal ». Et il versait des larmes en regardant le puresouche affamé. Il entra dans Dubalais.

La première chose dont ils s’informèrent, ce fut de la situation de Mademoiselle Lou. Ils avaient laissé celle-ci entre les mains du producteur Harvey Weinsteinberg Rabbit Junior et il n’était pas difficile de concevoir que grâce à lui, elle était devenue la star du cinéma bobo. Il leur fut donc facile de savoir qu’elle était en Brittanie où elle s’apprêtait à recevoir une cinquième récompense internationale pour le rôle d’une jeune humaniste qui usait de ses charmes pour faire venir de malheureux exilés subsahariens.
Candid.e.s offrit une forte somme à un armateur amarré dans le port de Dubalais afin qu’il les déposât sur les côtes de Brittanie. Celui-ci refusa tout net : « Vous n’y pensez pas, il est impossible de se rendre en Brittanie si on n’a pas les recommandations nécessaires et de plus, vous risquez de ruiner la carrière de la belle Mademoiselle Lou avec vos idées subversives. Tentez donc de monter dans un camion et allez vous tuer sur l’autoroute, sale fasciste ! »

Candid.e.s prit aussitôt Cacambo à part et , comme celui-ci était fort agile,il  lui recommanda de se rendre en Brittanie par le moyen indiqué mais en évitant de se tuer sur l’autoroute et de lui ramener Mademoiselle Lou. Cacambo était au désespoir de se séparer de son ami intime mais la joie de lui rendre service dépassait de loin les affres de la séparation.

Cacambo trouva rapidement un marchand du peuple élu et lui graissa la patte copieusement pour obtenir le passage vers la Brittanie. Pendant ce temps, Candid.e.s errait dans la ville et tentait de convaincre les habitants des joies du fascisme, ne réussissant qu’à se faire mettre dehors de tous les estaminets et à se faire conspuer par les adeptes de la Sacro-Sainte Diversité.
Il y laissa une grande partie de ce qui lui restait de fortune et fut vite assigné au tribunal pour violence et tentative de bras tendu par une horde de jeunes gens humanistes et de bonne famille . Il ne s’en tira qu’en faisant allégeance aux Ligues de vertu , en promettant d’aider tous les allogènes qu’il rencontrerait et en acceptant un stage de rééducation de la pensée pour lui ôter du crâne ces idées saugrenues sur le fascisme.
La séance dura plus de quatre heures et Candid.e.s n’en sortit pas converti, quoiqu’il fît fort aimablement semblant, car la réalité est bien plus forte que le rêve et les utopies du Dr Mélonche s’étaient écroulées face à sa découverte du monde.
Il retrouva le puresouche qu’il avait croisé et s’informa de sa santé. Celui-ci lui se nommait Roger et se trouvait être un ancien et célèbre professeur d’histoire spécialiste des malheurs du peuple élu. Roger avait émis des doutes sur l’importance de ces malheurs et avait été chassé de son emploi et de sa famille. Il errait depuis dans les rues, vivant d’expédients et de rogatons. Cet historien, qui était un fort bon homme, avait été volé par sa femme, battu par son fils et abandonné par sa fille qui s’était mis en ménage avec un membre des Ligues de vertu.
Tous le persécutaient et voulaient sa perte. Candid.e.s fut pris de pitié et décida de le prendre sous son aile. Il lui restait assez d’or pour vivre tranquille et caché en attendant le retour de Cacambo et de Mademoiselle Lou, car, tout dépité fut-il, il croyait encore à leur amour.

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