Chapitre 5 : Explosion, Kalashnikov et secourisme, ce qui advint du docteur Mélonche, de Candid.e.s et de Jo le Fasciste

dans Le feuilleton

La moitié des passagers du train, pris d’angoisses inconcevables, jetait des regards effrayés vers le groupe de messieurs barbus. L’autre moitié toisait la première moitié avec un insondable mépris pour leur refus de l’admirable diversité. Soudain, l’un des messieurs barbus trébucha sur un sac malencontreusement abandonné dans le couloir, provoquant une explosion qui fut la cause d’un terrible déluge de feu et de fumée, tandis que les autres messieurs se prenaient sans le faire exprès les doigts dans la détente de trois kalashnikovs trouvées par hasard dans les toilettes de la gare et qu’ils avaient ramassées dans le but citoyen de les remettre aux autorités compétentes.

Rédaction NSP
Docteur Heinrich

Jo le Fasciste voulut s’emparer d’une arme mais un des passagers, scandalisé par cet acte barbophobe, le frappa durement et l’abattit sur le plancher du wagon.

Candid.e.s réussit à tirer le signal d’alarme et le rapide s’arrêta en rase campagne au milieu d’un indescriptible chaos. Jo le Fasciste revint à lui mais, cruellement blessé à la tête, il ne pouvait être d’aucune aide aux autres passagers qui s’évertuaient à appeler les secours. Enfin, les sirènes des ambulances retentirent et l’on vit se précipiter au chevet des blessés une quantité incroyable de médecins et d’infirmières. Candid.e.s et Mélonche s’époumonaient désespérément, courant d’un médecin à une infirmière pour les supplier de venir prendre soin du bon Jo le Fasciste qui souffrait terriblement et se vidait de son sang aryen. Le corps médical, cependant, de peur d’être accusé d’un racisme de mauvais aloi, soignaient tout naturellement en priorité les représentants des minorités opprimées et lorsque enfin une blouse blanche se pencha sur le cas de Jo, le malheureux avait rendu son âme à Odin et parcourait le Walhalla depuis au moins deux bonnes heures.

Quelques éclats de métal avaient blessé Candi.d.e.s, il était étendu dans la campagne et couvert de débris.

Il disait à Mélonche :

« – Procure-moi un peu d’eau car je me meurs. Quelle horrible chose que cet accident.
– Ce n’est pas le premier accident de ce type répondit Mélonche ne se départissant pas de son âme gauchiste et ce ne sera pas le dernier car tant que les minorités opprimées n’auront pas eu gain de cause et que l’Admirable diversité ne régnera pas partout dans notre monde, nous n’aurons d’autre choix que de nous habituer à ces accidents et cela est fort juste, car tout cela est de notre faute, à nous, occidentaux colonisateurs blancs privilégiés. -Rien n’est plus probable, gémit Candi.d.e.s, mais par pitié un peu d’eau. -Comment, probable ? répliqua le grand politologue, je soutiens que cela est démontré. »

Le lendemain, ayant trouvé quelques provisions de bouche parmi les débris du train, ils réparèrent un peu leurs forces. Ils travaillèrent comme les autres à soulager les passagers échappés de la mort. Quelques rescapés humanistes touchés par le discours politiquement correct du docteur Mélonche leur offrirent le vivre et le couvert. Il est vrai que le repas fut fort triste et arrosé de larmes. L’un des convives, qui avait perdu sa fille unique dans l’accident se désolait de l’horrible amalgame qui serait inévitablement fait par les mal-pensants et de l’anathème ignominieux qui risquait de s’abattre sur les malheureux barbus.
Mais Mélonche le consola :  «  Quand le monde entier sera humaniste, tout ira pour le mieux comme dans la meilleure des loges. »

Mélonche et Candid.e.s reprirent la route vers la Nongria pour accomplir le vœu du bon Jo le Fasciste mais surtout pour prouver aux nongriens les bienfaits de la diversité. Cependant, à la frontière nongrienne, car ce pays possédait encore une frontière, nos héros eurent la désagréable surprise de se voir arrêtés car étrangers au pays.
Ni une ni deux, ils furent aussitôt interpellés, ficelés sur un ULM de l’armée de l’air nongrienne pour être largués au dessus du Persisistan comme tous les migrateurs qui tentaient d’entrer en Nongria sans un motif valable. Les deux malheureux eurent beau protester de leur nationalité Macronienne et clamer qu’ils ne parlaient pas un mot de Persisistani , Mélenche eut beau en appeler à la Société des Nations, aux Droits de l’homme et aux Grands Principes Macroniens réunis, rien n’y fit.
Nos héros atterrirent au Persisistan en pleine fête nationale.

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