Censure Talmudique : taire par prudence, mais surtout ne jamais rien en renier !

dans Réflexions & Histoire

Pourtant la concordance est totale si on veut bien se remettre dans le contexte de la rédaction talmudique qui correspond à la nécessité de mettre par écrit les disputatios rabbiniques pour qu’elles puissent être connues et enseignées au titre de la « loi orale » à travers toute la diaspora.
Ce n’est pas un hasard si cette rédaction commence précisément au IIeme siècle, après l’interdiction faite aux juifs de résider à Jérusalem.
En 135, à la suite de la révolte de Bar Kokhba, Julius Severius, lieutenant de l’empereur Hadrien expulse tous les Juifs de Jérusalem, rebaptisée Ælia Capitolina, reconstruite après les destructions occasionnées par la révolte. (La province romaine de Judée est rattachée alors à celle de Syrie et prend le nom de Provincia Syria-Palestina.)
A cette époque les sectes judéo-nazaréennes prennent de l’essor, le monde chrétien se diffuse dans tout le bassin méditerranéen. A travers le Talmud naissant (dans sa rédaction) les juifs vont donc affirmer leur opposition farouche au christianisme perçu comme cause première de leur chute, et confirmer leur volonté délibérée d’avoir fait juger par le Sanhédrin et fait mettre à mort le Christ comme blasphémateur et « magicien ». Cela est parfaitement conforme au récit évangélique de la passion !

Ce qui diffère est la mention de « lapidation ».

Dans la tradition juive, la mort d’un condamné pour blasphème est donnée par lapidation selon la Torah…

Par exemple ici : Lév. XXIV 22

« Moïse parla aux enfants d’Israël; ils firent sortir du camp le blasphémateur, et ils le lapidèrent. Les enfants d’Israël se conformèrent à l’ordre que l’Éternel avait donné à Moïse. »

Il est donc logique que le Sanhédrin condamnant le Christ à mort, le condamnent à la lapidation et que le talmud le mentionne : condamner à la lapidation veut donc simplement bien dire condamner à mort dans l’imaginaire juif du temps !
Or depuis l’époque hérodienne, c’est l’occupation romaine qui est seule autorisée à appliquer la peine de mort. Les Romains refusent la lapidation et crucifient, ce qui se traduit par la pendaison (c’est le terme employé dans tous les textes latins de Suétone, Tacite, etc.) du supplicié à une croix jusqu’à ce que mort s’en suive par asphyxie : l’individu pendu par les bras, tiré par son poids, ne peut plus au bout d’un moment assurer sa ventilation costale.
(C’est pourquoi il va chercher à prendre appui sur ses pieds pour soulager la traction que subit sa cage thoracique. On lui brise alors les jambes pour qu’il ne puisse exercer cet appui et s’asphyxie effectivement.)

Replacé dans le contexte, tout cela est en parfaite cohérence avec le texte évangélique et confirme sa véracité !

On voit finalement que ce descriptif du Sanhédrin 43 a traduit la volonté des talmudistes d’affirmer la responsabilité des juifs dans la condamnation en citant le supplice typiquement israélite.
Ce qui n’est pas sans poser problème à ceux qui aujourd’hui veulent se « défausser » de cette responsabilité sur le dos des Romains …
C’est tellement plus facile de s’en prendre au bourreau qu’aux juges responsables de la sentence !

Verrait-on aujourd’hui des historiens sérieux reprocher à Samson l’exécution de Louis XVI ?

On comprend que cet alinéa 43 a qui reconnaît et qui revendique l’entière responsabilité des juifs et du Sanhédrin dans cette affaire ait été occulté, voire gratté, dans de nombreuses copies du Talmud, notamment à la fin du Moyen Age, voire carrément censuré par la suite dans les éditions imprimées …

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