Ces messieurs de la jaquette contre la Monarchie …

dans Zones occupées

Le 5 février dernier, France 5 diffusait un énième avatar du documentaire « culturel » présenté par Léa Salamé Le Doc stupéfiant,  tourné chez Mme Arthur, sur le thème du travestissement, ce qui donna l’occasion à quelques messieurs du Marais de décrypter la figure de Louis XIV afin de faire croire au bon peuple que le Roi Soleil avait tout du travelo.


Klara Von Kustniz
Klara Von Kustniz

Notre triste époque ne respecte plus rien et le service public n’offre plus aux regards atterrés de nos contemporains que des documentaires racoleurs à base de sexe, de prostitution ou de diverses pratiques sexuelles jugées acceptables, le tout sous couvert de « culture ».
La série documentaire présentée par Léa Salamé, tout d’abord sur France 2 sous le titre « Stupéfiant ! » puis sur France 5 sous le titre « Le Doc stupéfiant » en est un parfait exemple avec une audience qui n’explose que quand le sujet abordé est particulièrement salace, le record ayant été battu avec le thème « Tout nu » (8,6% de parts de marché).
Depuis, la chose ayant fait recette, Léa Salamé nous a gratifiés de sujets tels que « L’Art du bordel » ou celui qui nous intéresse aujourd’hui « La folle histoire des travestis ». C’est bien connu, la fesse attire le public et le producteur de l’émission en sait quelque chose puisqu’il n’est autre que le très bien pensant et très racoleur Yann Barthès ( Prod Bangumi fondée en 2011). La charmante Léa, issue d’une famille de joailliers libanais, est née coiffée et a très vite réussi grâce aux appuis familiaux et l’entremise de Jean-Pierre Elkabbach au point d’interviewer François Hollande en 2015 parce qu’elle est, comme le dit Michel Field « virevoltante et sexy ». Elle partage sa vie avec Raphaël Glucksman qui œuvre ouvertement pour une société ouverte, mondiale et métissée et prétend n’être ni de droite ni de gauche, contrairement à ce que pourraient laisser penser ses prestations télévisuelles toujours à la pointe pour fustiger les rebelles à la doxa.

Travesti ? Ah bon !

Le moins qu’on puisse dire à propos du documentaire « La folle histoire des travestis » présentée par l’élégante journaliste, c’est qu’il surfe allègrement sur la doxa et n’incite pas du tout, mais alors pas du tout à la rébellion. Tout y est orienté dans le sens du vent et le vent souffle vers la décadence, l’apologie de la perversion et le sacrilège institutionnalisé. Le spectateur y découvre, « stupéfait », que le célèbre portrait de Louis XIV par Rigaud est celui d’un « travelo » et les deux androphiles amateurs de peinture et désignés pour le commenter, Olivier Py et Gérard Lefort, se livrent au jeu de qui verra la plus grande folle dans la figure du roi.
Certes, Olivier Py s’y connaît en art du costume et donc du travestissement ou de la prise de masque, puisqu’il est un homme de théâtre mais ce n’est pas une raison pour acquiescer aux propos délirants de Gérad Lefort ( journaliste à Libération, écrivain et membre du jury pour la Queer Palm à Cannes ) qui assène sans rire que « Versailles est une cour de travelos. »
Leur analyse du tableau est proprement stupéfiante puisque ces messieurs du bâtiment y voient une posture de danse, un monarque monté sur talons hauts et emperruqué comme la plus vulgaire des drag-queens, oubliant tout simplement que tout historien digne de ce nom ne juge pas une époque et ses représentations à l’aune de son propre vécu et encore moins à celle de son époque décadente. Le duo socratique ne s’interroge pas sur la mode de cour au XVIIème siècle, mode qui prônait pour les hommes les chaussures à talons hauts de couleur rouge, les bas de soie et la perruque et de nombreuses dentelles, et ils n’y voient qu’un reflet de leurs propres fantasmes.
Or il s’agit d’un tableau où le roi est représenté en manteau de sacre et il porte naturellement sous ce manteau le costume de novice des chevaliers du Saint-Esprit dont il deviendra le Grand-Maître au lendemain de son sacre. Les insignes de l’ordre sont une croix de Malte anglée de fleurs de lys. La croix présente en son centre une colombe aux ailes déployées et en son avers saint Michel, le tout porté sur un cordon bleu pour les chevaliers. Il existe d’ailleurs au Louvre une magnifique statue de Richelieu, par Francisco Schiaffino, portant le costume des chevaliers du Saint -Esprit.
Il ne viendrait à personne l’idée de traiter Richelieu de travelo …

L’originalité du tableau tient à l’assemblage du costume et du manteau de sacre. Quant aux insignes royaux dans lesquels les bougres voient des colifichets clinquants dignes de décorer un char de la gay pride, il s’agit de l’épée dite « de Charlemagne », de la couronne et de la « main de justice », tous objets choisis par le roi lui-même. Ce portrait où se mêlent les attributs du pouvoir et les insignes religieux montre la double fonction du roi : protecteur de l’église catholique et détenteur du pouvoir absolu de droit divin. Il s’agit avant tout d’une image politique, ce que reconnaît du petit bout de ses lèvres pincées le metteur en scène Olivier Py, bien obligé de remarquer qu’un tel portrait est l’image d’un roi en représentation.
En effet, le roi doit toujours attirer le regard d’autrui, il doit être plus grand, d’où les talons et la perruque, plus beau, plus jeune, d’où la jambe découverte qui, malgré les 63 ans de Louis XVI, rappelle sa jeunesse et ses dons de danseur émérite. Le costume à Versailles est à l’image de la France voulue par le roi soleil : raffinée, élégante et mère des arts. Rien à voir avec un défilé de folles à paillettes.
Faut-il voir dans ce type de documentaire délirant où le service public fait s’exprimer des fantaisistes qui n’y connaissent rien sur les plus grands sujets culturels de notre histoire une volonté de salir ce qui fit la grandeur de la France ?

Le conservateur … effaré !

La question est posée lorsque le gracieux Gérard Lefort ose proférer cette énormité : « Le Bourgeois gentilhomme, c’est une folle ! » et estime que tout Versailles est « traveloté ».
Le conservateur du château de Versailles, Alexandre Maral, que Léa Salamé interroge malgré tout, sans doute pour avoir l’air d’apporter une caution sérieuse à toutes ces élucubrations rose bonbon, a l’air passablement gêné lorsqu’on l’interroge sur la « féminisation de la cour » et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il pédale légèrement pour réussir à faire passer un vrai message historique.
Le comble est atteint avec le panégyrique d’un contemporain du roi soleil, l’abbé de Choisy, académicien français et habitué des costumes féminins dont la sémillante Léa ne retient qu’un fait exceptionnel, avoir fait changer la définition du verbe « travestir » dans le dictionnaire de l’Académie française, verbe qui y était jusqu’alors le synonyme de « vêtir » et est devenu, par la grâce de l’abbé travelo « se déguiser en prenant l’habit d’un autre sexe ou d’une autre fonction ». « Se déguiser », tout est dit et en cette période de carnaval, nul ne songerait à jeter la pierre aux « travestis » !
Pourtant, le service dit « public » au même titre que les filles peuvent l’être, aura raté son coup de promotion de l’homosexualité avec l’abbé de Choisy qui, certes, s’habillait en femme, mais n’était pas du tout homosexuel et ne se vêtait ainsi que pour mieux empapaouter les demoiselles. A folle, folle et demie.

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