C’est dimanche #6janvier

dans Tour d'horizon

Notes de lectures, pensées, choses vues … Chaque dimanche, retrouvez le carnet insolite de la semaine écoulée.


Rédaction NSP
MATHILDE LAHDNETS
  • L’alexandrin est un cache-sottises. (Stendhal)
  • La démocratie? Des coups de bâton donnés au peuple, par le peuple et pour le peuple (O. Wilde).* * Lincoln, discours de Gettysburg, 19 nov. 1863 « and the government of the people, by the people, for the people shall not perish from the earth. »
  • Il a dit. « Si je ne crois plus aux larmes, c’est que je t’ai vue pleurer ». (Chopin, à Sand)
  • Il a dit. « Pour Gide, Jules Romains est un automate très perfectionné, et Gide une girouette fugueuse pour Jules Romains. »
  • Elle a dit. « On a son visage où on peut ». (Mme de Stael, montrant ses seins)
  • Il a dit. « Si vous voulez faire la révolution, passez d’abord des diplômes.»  (Macron). Si je puis me permettre : j’hallucine.
  • Il a dit (on le sait, on peut le rappeler). « Ma personne est sacrée ». (Mélenchon).
  • « Conclusion d’un long bavardage avec Lucien (Rebatet) : il y a deux sortes de gouvernements. Il n’y en a pas trois. Les gouvernements qui font tirer sur le foule et les gouvernements qui ne font pas tirer sur la foule. Les gouvernements qui font tirer sur la foule sont (en fin de compte) bénéfiques. Les autres s’abîment dans le ridicule et le gâchis. Éclatante supériorité de Jules Moch* sur Louis XVI. » (Intra Muros, 29 août 50).Moch Jules (1893-1985). Polytechnicien, député SFIO de l’Hérault, plusieurs fois ministre sous IIIème République, huit fois sous la IVème, ministre de l’Intérieur en 1948, il organisa la répression des mineurs grévistes du Nord (6 morts, 3 000 licenciements). En 1951 il est délégué de la France auprès de la commission du désarmement de l’ONU. Il démissionne du parti socialiste en 1975 et, hostile à l’Union de la gauche prônée par François Mitterrand, il se retire de la vie politique. Il est décédé en 1985.
  • Les orteils et la cravate d’un individu comme aussi sa compréhension de rugby sont hautement révélateurs de son caractère. (Marcel Aymé, Confidences et propos littéraires – chapitre consacré à Roger Nimier).
  • Je relis, après quelques trente années La chartreuse de Parme. En général les relectures m’enthousiasment plus que les premières; cette fois non, trop de détails égarant sur le fond : la réussite uniquement par ses appuis haut placés d’un jeune écervelé amoral sympathique bagarreur coureur arriviste insouciant fier généreux provocateur courageux anticonventionnel qui devient archevêque à la barbe du Système. Parfait. L’aventure de Fabrice baignant dans la satire des grands, des hauts dignitaires, de la magistrature aux ordres, des policiers, des gendarmes, capables de toutes les bassesses, de tous les crimes, leurs ridicules, leur corruption. Parfait. Quand on a compris ça, qu’on en a bien joui – ce qui est le cas à la première lecture si elle est attentive – bien des détails paraissent de trop, noient le poisson. Cent, pages? Ce n’est évidemment pas l’avis des stendhaliens. En allant voir ce que dit Bardèche sur la Chartreuse dans son (remarquable) Stendhal romancier j’ai appris ébahie que ce chef d’œuvre – car bien sûr c’en est un – avait été écrit et dicté en sept semaines, sans aucune préméditation, sans aucun travail préalable, d’un jet, la révélation, l’inspiration géniale venues après lecture de la vie d’Alexandre Farnese.
  • Aznavour a eu des ennuis avec le fisc. Il a été, me dit-on, blanchi. Je retrouve cette phrase de lui : « J’ai quitté la France parce que l’administration fiscale avec moi a été dégueulasse. On m’a poussé à partir (…) Les avocats m’ont coûté cher, mais il y a pire : il y a quelques gens de la politique qui pouvaient, paraît-il, arranger mon coup et moi j’avançais un peu d’argent en liquide pour les votes qu’ils devaient avoir, notamment pour les affiches. »
  • Le 21 novembre, l’éditorialiste de Valeurs Actuelles, François d’Orcival a prononcé l’éloge funèbre d’Alfred Gerson, membre du PCF, soutien des fellaghas pendant la guerre d’Algérie, administrateur de l’Humanité, président du Syndicat professionnel de la presse magazine et d’opinion (j’vous dis pas les « presse magazines » pas dignes de subventions et les « opinions » bannies au nom de la bien pensance), « notre camarade » « mon ami Fredo » etc qu’il s’est fendu de, le d’Orcival. Éloge que l’on pouvait lire en ligne sur le site internet du journal communiste dès le 19 novembre. Et dans VA, la semaine prochaine, il nous cause de quoi le camarade d’Orcival
  • Castaner ministre de l’Intérieur? Parce qu’il le vaut bien. Petit malfrat dans sa jeunesse, il retrouve le droit chemin aux côtés de Bianco, Catherine Trautmann, Michel Sapin, que du beau monde, tout en étant maire de Forcalquier dont il assure magistralement la gestion économique (endettement de 7,8 millions d’€, soit le double de la moyenne des communes de volume comparable). Entre temps il perd les élections d’Avignon sans omettre d’être condamné pour avoir diffusé des caricatures pornographiques de sa concurrente Josée Roig (on a de la classe ou on n’en a pas). Il dénonce « la barbarie de l’État israélien», participe à une  journée de « soutien à tous les prisonniers palestiniens », puis, député mais non dépité, se ravise, s’oppose au boycott des produits israéliens et décore Frida Mousstachis membre du Fonds social juif unifié, en récompense de quoi il est invité à un dîner du CRIF. Cet homme a de la suite dans les idées et les messieurs-dames du CRIF ne se montrent pas rancuniers avec les girouettes au pouvoir. D’ailleurs, en référence à ses hautes qualités,  Cambadelis l’appelle « le simplet ». Simplet pour qui les attentats du Bataclan deviennent « les attentats du Ramadan », les députés expérimentés, « expérimentaux », Muriel Pénicaud, Muriel Pinocchio. Et puis, n’est-ce pas, Emmanuel Macron, il « l’aime d’amour », eh oui, « son parcours, son intelligence, sa vivacité, sa puissance physique même… ». il assume cette « dimension amoureuse » de même que son côté « fayot en chef », Ça ne s’invente pas. Ce qui s’invente, c’est de faire de ça un ministre de l’Intérieur.
  • Castaner est content, il s’est même « félicité » que la nuit de la Saint Sylvestre se soit passée sans heurts. Il n’y a même pas vu de « séditieux.» Alors on est tranquilles, rien qu’en région parisienne seulement une centaine de voitures brûlées par des gamins qui s’amusaient.

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