Chapitre 10 : Dans quelle détresse Candid.e.s, Mademoiselle Lou et la vieille arrivent à Zegrab et leur départ pour la Nongria

dans Le feuilleton

« Qui a donc pu me voler les bagues en or et l’argent du commerçant en herbes aromatiques ? disait en pleurant Mademoiselle Lou ; de quoi vivrons-nous ? comment ferons-nous ? Où trouver des Grands Imams à aimer et des sémites à détrousser ? -Hélas, dit la vieille, je soupçonne fort le Frère Maçon qui coucha hier dans la même auberge que nous à Skopje ; que la sacro-sainte diversité me garde de faire un jugement trop téméraire mais il est quand même entré deux fois dans notre chambre hier en frappant trois fois à la porte , il y est resté de midi à minuit et a quitté les lieux bien avant nous.

Rédaction NSP
Docteur Heinrich

Hélas ! dit Candid.e.s, le bon docteur Mélonche m’avait bien dit que tous les biens des hommes devaient être mis en commun après la lutte des classes et que la propriété c’est le vol mais le Frère Maçon, selon ces beaux principes, auraient pu nous laisser de quoi finir confortablement notre voyage. Il ne nous reste donc rien du tout, ma chère Mademoiselle Lou ? – Pas un euro, dit-elle. – Quel parti prendre ? dit Candid.e.s . – Vendons une des motocyclettes Peugeot, dit la vieille, je monterai en croupe derrière Mademoiselle Lou sur une des deux qui restent, bien qu’il ne me reste qu’une fesse et nous arriverons à Zegrab. »

Il y avait dans la même hôtellerie une loge de Frères Maghrébins. Ils achetèrent la motocyclette à bas prix. Candid.e.s, la vieille et Mademoiselle Lou purent donc reprendre leur périple. Ils arrivèrent enfin à Mochegrad. On y préparait un train contestataire pour la Nongria et on y manifestait beaucoup contre la loge de Frères Maçons Grand-Orientais accusés de fomenter la révolution dans le pays et qui avaient affréter le Rapide de la Contestation. Candid.e.s qui avait quelques rudiments de maçonnerie grâce aux indiscrétions du docteur Mélonche, de naissance Grand-Orientaise , se fit connaître des Frères Maçons et réussit à embarquer tout le monde dans le convoi ferroviaire.

Pendant toute la traversée, il raisonnèrent beaucoup de sciences politiques et de l’enseignement du bon docteur Mélonche.

« Nous allons dans un autre univers, disait Candid.e.s, c’est pour y faire régner la sacro-sainte diversité que les Frères Maçons Grand-Orientais s’y rendent et nul doute que nous y serons bien accueillis par les habitants car un malheureux pays comme la Nongria ne peut qu’aspirer à la grande liberté du multiculturalisme. Sans doute, tout y sera merveilleux après la Grande Révolution Maçonienne.

Mais pour l’instant, il faut avouer que nous avons eu bien des malheurs.

– Je vous aime de tout mon cœur, disait Mademoiselle Lou, mais je suis encore tout effrayée de nos malheurs qui sont dus sans aucun doute à l’esprit colonialiste et dominateur des peuples blancs. Si mes parents avaient accepté la sacro-sainte diversité, nous n’en serions pas là.

-Vous vous plaignez, dit la vieille, mais vous n’avez pas éprouvé des infortunes telles que les miennes. » Candid.e.s se mit presque à rire, trouvant la vieille femme fort plaisante d’oser comparer ses malheurs aux leurs.
« Hélas, lui dit Mademoiselle Lou, à moins que vous n’ayez été violée par une horde de mahométans, réduite en servage par un chef racisé, vendue à un levantin et partagée avec un Grand Imam, alors que vos parents avaient été égorgés et découpés en morceaux pendant que l’amour de votre vie était chassé de la douillette bobosphère à grands coups de pied au cul, je ne vois pas que vous puissiez l’emporter sur moi.
– Mademoiselle, lui dit la vieille, vous ne savez pas ma naissance. Et si je vous montrais mon derrière, vous ne parleriez pas comme vous le faites et suspendriez votre jugement. »
Ce discours fit naître une extrême curiosité chez Candid.e.s et Mademoiselle Lou qui voulurent aussitôt savoir pourquoi la malheureuse ne se tenait que sur une fesse. La vieille leur parla en ces termes.

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