Chapitre 15 : Comment Candid.e.s tua le frère de sa chère Mademoiselle Lou

dans Le feuilleton

« Qu’il plaise à notre nouveau Frère Candid.e.s d’entendre la très véridique histoire de notre Très Cher Grand Maître qui, non content de décorer l’Orient lors de nos cérémonies, est aussi un puits de science maçonnique et un exemple de Fraternité pour nous tous . Très Respectable Grand Maître, vous avez la parole. »

Rédaction NSP
DOCTEUR HEINRICH

« Merci, Vénérable Maître, murmura une voix venue de l’ombre et des vastes fauteuils cachés derrière le plateau de Cacambo-bette. » Quelle ne fut pas la surprise de Candid.e.s de reconnaître dans cette voix d’outre-tombe celle du frère de sa chère Mademoiselle Lou qu’il croyait mort et enterré.

« Approchez, Très cher Frère Candid.e.s , dit le frère de Mademoiselle Lou, et écoutez donc comment je gravis tous les échelons de la maçonnerie orientaise et devins l’apologue parfait de la République Universelle. Sachez que je n’oublierai jamais le jour où je vis couper en morceaux mes parents 1 et 2 et violer ma sœur par des déséquilibrés car j’eus en ce jour funeste la révélation de ma mission en ce monde : promouvoir la Fraternité et refuser les amalgames.
On m’avait laissé pour mort et jeté avec les cadavres de mes parents 1 et 2, en compagnie d’autres jeunes bobos égorgés, sur une charrette tirée par quatre dromadaires, pour nous aller enterrer au fond de la forêt, près du temple maçonnique. C’est là qu’un Frère me trouva et fut surpris de voir que je bougeais un œil alors qu’il était en train de détrousser nos cadavres et d’examiner l’anatomie des jeunes bobos égorgés.
Il ôta aussitôt la main de ma poche , la mit sur mon cœur et le sentit palpiter. Je fus secouru et au bout de trois semaines, il n’y paraissait pas. Vous savez, Très Cher Candid.e.s que j’étais alors fort joli garçon. Je le devins encore davantage. Aussi le Vénérable Maître de la Loge où je fus secouru prit pour moi la plus grande amitié.
Il me donna le grade de Maître et me présenta aux plus grands dignitaires de l’Orient qui se prirent eux aussi d’amitié pour moi. Je m’installai rapidement parmi eux et leur rendit de nombreux services ce qui les décida très rapidement à me nommer leur Grand Maître.
Depuis, je vais de loge en loge afin de prodiguer mes faveurs à tous les Vénérables Maîtres Installés car la Fraternité universelle passe tout d’abord par l’amour de son prochain, surtout s’il a un joli visage et un postérieur accueillant. Mais cher Candid.e.s, est-il bien vrai que ma chère sœur Mademoiselle Lou a échappé à la mort  et vit actuellement chez le grand producteur Harvey Weinsteinberg Rabbit Junior ? »

Candid.e.s l’assura par serment que rien n’était plus vrai. Leurs larmes commencèrent à couler.

Le Grand Maître ne pouvait se lasser d’embrasser Candid.e.s, il l’appelait son frère, son sauveur, son très cher ami.  « Ah peut-être, disait-il, pourrons-nous tous deux aller chercher ma chère sœur Mademoiselle Lou chez le grand producteur et lui proposer de la laisser venir avec nous en échange d’un certain don de la partie la plus jolie de notre personne. »

Une famille ? Quelle horreur !

« C’est tout ce que je souhaite, répondit Candid.e.s mais je vous laisserai le soin de la transaction car vous en êtes un spécialiste. Quant à moi, mon postérieur a assez souffert contre son gré et je n’ai plus qu’un souhait : me rendre en Nongria pour y épouser religieusement Mademoiselle Lou , fonder une famille et avoir de jolis enfants blonds aux yeux bleus. »

« Vous ! Insolent! Epouser ma sœur ! Conclure un pacte archaïque et patriarcal nommé « mariage » avec ma pauvre sœur, et religieusement en plus ! Et en Nongria ! Et lui faire des enfants ! Et créer une « famille » ! Alors que la famille est l’expression absolue du fascisme le plus nauséeux ! Et pourquoi pas vivre biologiquement comme un homme et une femme alors que chacun sait que le genre n’est qu’une construction culturelle ! Et comble de l’horreur, vous refusez de vous adonner aux plaisirs du postérieur ! Jamais vous ne ferez subir un sort aussi atroce à ma pauvre sœur ! »

Candid.e.s, pétrifié d’un tel discours, lui répondit : « Mon cher ami, tous vos discours sur le genre n’y feront rien. Je sais maintenant que je suis un homme , que je suis hétérosexuel et que j’aime profondément Mademoiselle Lou qui me le rend bien. Notre Maître Mélonche nous avait pourtant toujours bien dit d’assumer ce que nous sommes même si cela déplaît à la société mais visiblement, il ne parlait que pour les invertis dans votre genre. »

« C’est ce que nous verrons, coquin,»hurla le Grand Maître en entrant dans une folle fureur et en le frappant à la tête du talon pailleté de sa plateforme boots. Candid.e.s dans l’instant se saisit d’un candélabre à sept branches qui éclairait la scène et l’enfonce par le manche  jusqu’à la garde dans le fondement du Grand Maître. Celui-ci, dûment empalé, succombe à l’instant sous les yeux intéressés des autres Frères de la loge.

Ceux-ci, jamais en reste d’une forfanterie, estimèrent qu’il avait péri comme il avait vécu et élevèrent aussitôt Candid.e.s au rang de Grand Maître avant de tous se convertir à l’hétérosexualité et de renommer officiellement la Loge : Loge des Vikings réunis. Ils portèrent ensuite Candid.e.s en triomphe et l’emmenèrent au port où ils affrétèrent un navire spécial chargé de le conduire directement en Nongria.

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