Chapitre 7 : Comment une vieille prit soin de Candid.e.s et comment il retrouva ce qu’il aimait

dans Le feuilleton

Candid.e.s suivit la vieille dans une masure ; elle lui donna un pot de pommade pour se frotter le séant et se démaquiller et lui offrit à manger et à boire. Elle lui montra un petit lit assez propre. Il y avait auprès du lit un habit décent qui convenait mieux à son sexe mais Candid.e.s hésita longtemps avant de l’enfiler car, après toutes ces aventures, notre héros ne savait plus très bien si il était une fille ou un garçon.

Rédaction NSP
Docteur Heinrich

Nullement émue par la chose, la vieille lui dit : « Aucune importance, vous choisirez ce que vous voudrez plus tard. En attendant, mangez, buvez, dormez et que le Grand Architecte de l’Univers vous garde. » Candid.e.s, toujours étonné de la bonté qu’il rencontrait voulut lui baiser la main, mais la vieille empêcha cette manifestation saugrenue de patriarcat et lui dit : « Je reviendrai demain. » Candid.e.s but, mangea et s’endormit en pleurant au souvenir de son cher Docteur Mélonche et de sa chère Mademoiselle Lou.

Le lendemain, la vieille revint, lui apporta à déjeuner et visita son arrière-train avec une nouvelle pommade, ce qui procura à Candid.e.s un certain plaisir. Ce manège dura plusieurs jours.
Un matin, Candid.e.s lui dit : « Mais qui êtes-vous?Qui vous a inspiré tant de bonté ? »
La vieille ne répondait jamais.
Un jour, elle revint sur le soir sans apporter à souper et lui dit : « Venez avec moi et surtout ne dites mot. »
Elle le prend par le bras et ils marchent ainsi plusieurs kilomètres dans la campagne. Ils arrivent enfin à une maison isolée, pourvue d’une grande tour.
La vieille frappe à une petite porte, on ouvre, on leur fait ôter leurs chaussures et monter un escalier dérobé. Candid.e.s est enfin laissé seul dans un cabinet fort luxueux et doré où trônent des plateaux de loukoums et de cédrats à la mode du Persisistan et un lit immense couvert de brocard.
Candid.e.s, qui se méfiait désormais des coutumes du pays et craignait déjà pour ses fesses à peine guéries songeait à s’enfuir quand la vieille reparut avec à son bras une femme tremblante entièrement couverte d’un voile bleu et dont on ne voyait les yeux qu’à travers une grille de tissu.
Le jeune homme approche et lève le voile d’une main timide.
Quel moment !
Quelle surprise !
Il croit reconnaître Mademoiselle Lou !
Il la reconnaît en effet, la force lui manque, il tombe à ses pieds, fou de joie.
Mademoiselle Lou s’effondre elle aussi sur le grand lit. La vieille les ranime de quelques paires de claques, ils reprennent leurs sens, ils se parlent. Ce sont des soupirs, des larmes, des cris.
La vieille leur recommande vivement de ne pas faire autant de bruit et les laisse enfin seuls. « Quoi ! C’est vous ! Je vous retrouve en Persisistan ! On ne vous a donc pas violée ni éventrée au nom de de l’antiracisme ? »
« Bien sûr que si , j’ai été violée par tous les mahométans que la terre peut porter mais on ne meurt pas toujours de ces choses là. » 
« Et Monsieur le Directeur et Madame la Directrice ? Mon cher Mélonche m’a dit qu’ils avaient été découpés en morceaux ? Est-ce vrai ? »
« Bien sûr, il faut dire qu’ils n’avaient guère été coopératifs avec les guerriers de l’antiracisme et avaient brusquement retourné leur veste en essayant de s’enfuir non sans les copieusement insultés aux termes choisis de « sales rastaquouères assassins », ce qui vous l’avouerez, constitue une trahison caractérisée de la bien-pensance.
« J’en conviens, quelle honte ! » répondit Candid.e.s fort ému. « Mais quelle étrange aventure vous a fait venir dans cette maison au fin fond du Persisistan ? »  « Je vous dirai tout cela, dit Mademoiselle Lou, mais racontez-moi auparavant ce qui vous est arrivé depuis notre mésaventure derrière le porte-manteau aux boubous et votre exclusion de la bobosphère. »

Candide lui obéit avec beaucoup de respect et quoique sa voix fut fort tremblante et ses fesses encore douloureuses, il raconta de la manière la plus naïve tout ce qui lui était arrivé, la mort du bon Jo le Fasciste, la lapidation du docteur Mélonche et la mésaventure de son arrière-train selon les coutumes du Persisistan.

Cunégonde écouta avec attention, pleura beaucoup la mort du bon Docteur Mélonche mais jugea que Jo le Fasciste n’avait eu que ce qu’il méritait car un bon Fasciste étant un Fasciste mort. Elle apprécia beaucoup les déboires du séant de Candid.e.s car cela démontrait qu’il ne mégenrait personne et était prêt à toutes sortes d’expérience dans le respect de la communauté LGBT.

Après quoi elle parla en ces termes à Candide.s qui la dévorait des yeux.

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