Chapitre 8 : Histoire de Mademoiselle Lou

dans Le feuilleton

« J’étais dans mon lit et je dormais profondément quand tout soudain, la diversité que nous attendions tous surgit dans notre admirable Scène Nationale sous la forme de guerriers de l’antiracisme ; ils égorgèrent mon parent 1 et mon parent 2 le Directeur et la Directrice que vous avez bien connus pour les raisons légitimes que je vous ai dites. Ils furent ensuite coupés en morceaux pour leur apprendre à refuser le multiculturalisme.

Rédaction NSP
Docteur Heinrich

Un grand mahométan, d’au moins six pieds, voyant que je m’étais évanouie à ce spectacle, se mit à me violer ce qui me fit reprendre mes sens, trop heureuse que j’étais de pouvoir, avec un peu de chance, contribuer au métissage et à l’anéantissement de l’abominable race blanche. Le brutal, qui n’avait pas que ça à faire, me livra à ses camarades afin que j’expérimente une coutume locale du nom de tournante, ce que, je dois l’avouer, j’appréciais énormément.

Un grand racisé entra alors et voyant que la tournante était exclusivement réservée aux mahométans, entra dans une colère noire et tua immédiatement le guerrier qui m’honorait. S’en suivit un pugilat pour ma possession entre mahométans et racisés. Les Africains remportèrent la victoire et s’empressèrent de profiter de leur butin.

Fêtée de toutes parts et dans tous les sens, j’étais aux anges.

Leur chef m’emmena dans son quartier de banlieue. Je vivais dans la cave et je rendais de menus services à toute sa fratrie et à ses camarades dealers. Il me trouvait fort jolie, il faut l’avouer. Et je ne nierais pas qu’il fût très bien fait : d’un noir profond, la lèvre épaisse et les narines fort écartées sous sa casquette dorée.
Mais cependant, peu d’esprit, peu de philosophie, on voyait bien qu’il n’avait pas été élevé par le bon docteur Mélonche car il refusait de côtoyer les Mahométans du quartier d’en face, ce qui, vous l’avouerez est un véritable crime contre la diversité si chère à nos cœurs. J’essayais bien de le convaincre de lier amitié avec eux mais il préférait me battre plutôt que de céder à mes exhortations.

Au bout de trois mois, s’étant dégoûté de moi , il me vendit contre deux kilos de poudre blanche à un commerçant nommé Pierre-Auguste Levistein appartenant au peuple qui a tant souffert. Celui-ci faisait du commerce d’herbes aromatiques avec la Hollande et le Persisistan et aimait passionnément les femmes. C’est lui qui m’amenait ici, dans la plus luxueuse demeure qui soit et qui ferait passer une Scène Nationale pour un trou à rats.

Cependant, le Grand Imam, en visite chez Pierre-Auguste Levistein pour des affaires concernant les plantes m’aperçut. Il me lorgna beaucoup et me fit dire qu’il souhaitait m’entretenir d’affaires secrètes. Je fus conduite dans sa mosquée où nous nous trouvons actuellement. Je lui appris mes aventures et mon enfance dans la bobosphère.

Il me représenta à quel point il était en dessous de mon intelligence de n’appartenir qu’à un seul homme. Une vraie féministe ne saurait se plier à une telle manifestation rance de patriarcat occidental. Je me rendis à ses raisons et le Grand Imam conclut un marché avec le marchand d’herbes aromatiques qui appartenait au peuple qui a tant souffert. Il fut décidé que celui-ci aurait les mardis , mercredis et les jours de sabbat, tandis que le Grand Imam profiterait de moi les autres jours. Il y a six mois que cette convention existe et que je me dévoue pour la coexistence pacifique, la paix , le multiculturalisme et la diversité.

Enfin, pour détourner le fléau des tremblements de terre, il plut au Grand Imam et à ses mollahs d’organiser une lapidation publique. Il me fit l’honneur de m’y inviter. Je fus très bien placée ; on servit aux dames toutes vêtues de bleu des sucreries et des rafraîchissements. Je fus, à la vérité, saisie d’horreur en voyant lapider et pendre les deux gourgandines, le texan et l’analphabète mais je me repris bien vite en songeant que je n’avais pas à juger les coutumes locales d’un grand peuple. Quelle ne fut pas ma surprise de reconnaître une figure qui ressemblait à celle du bon docteur Mélonche. Je le vis pendre, je tombai en faiblesse.

A peine reprenais-je mes sens que je vous vis dépouillé tout nu et conduit au supplice. Votre peau beaucoup trop blanche ne pouvait me tromper. Je hurlais, je criais, je voulus dire « Arrêtez ! » mais la voix me manqua et mes cris auraient été inutiles. Je vis qu’on vous vêtait comme une fille, qu’on vous maquillait et qu’on annonçait qu’on vous ferait danser devant les dignitaires barbus, je fus un peu rassurée sur votre sort. « Comment se peut-il faire -me disais-je- que je me trouve ici au Persisistan, assistant à la pendaison du bon docteur Pangloss condamné par le Grand Imam qui était fou amoureux de moi ? Ô admirable diversité ! Que de cultures réunies pour l’aventure ! »

Je me souvenais cependant de notre douce rencontre derrière le porte-manteau aux boubous dans notre chère bobosphère et je recommandai à la vieille que vous avez vue et qui servait chez le Grand Imam de vous retrouver, de prendre soin de vous et de vous amener à moi. »

Tout au bonheur de se retrouver, nos deux amoureux se mettent à table et après le souper, ils se placent sur l’immense lit de brocard pour deviser du féminisme et de la diversité. Ils y étaient quand le commerçant Pierre-Auguste Levistein entra. On était le jour du sabbat et il venait jouir de ses droits.

Tags:

Derniers articles Le feuilleton

Haut De Page