Christoff Bzh : “Le système ne peut porter au pinacle quelqu’un qui chante contre lui”

dans Entretiens

Guitariste et chanteur politiquement  incorrect, Christoff Bzh travaille sur un nouvel album Au crépuscule des braves. Son premier opus L’armée du silence, produit par Kroc Blanc avait rencontré un très bon écho de la part du public de la scène natio.


Rédaction NSP
Clotaire de La Rue

Vous vous définissez comme un chanteur nationaliste breton. Qu’est-ce que pour vous le nationalisme breton ?
Christoff Bzh :
Je me définis comme chanteur patriote Breton, ou chanteur engagé (par personne). Je ne suis pas indépendantiste Breton, même si bon nombre de mes amis le sont. Je me fais violence dès lors que je quitte ma Bretagne, et je dois avouer que les rares fois où je m’en éloigne, j’ai l’impression de changer de pays. Le titre “C’est un pays ” du groupe Soldat Louis résume assez bien mon rapport aux terres bigoudènes. Je suis chauvin et enraciné, mais je dois avouer que la dimension politique de la Bretagne indépendante n’est pas mon cheval de bataille; l y a tant de combats -à mes yeux plus importants- à mener avant celui-ci. Etre Breton c’est avant tout un état d’esprit.

Votre premier album L’Armée du silence met en avant la corruption de notre monde, la volonté de faire taire nos identités régionales et nationales. Comment vivez-vous cette pression permanente en tant qu’artiste ? Et comment, lorsqu’on est un musicien militant, arrive-t-on à produire et à diffuser ses albums ?
C.B :
Ce qui est sûr, c’est qu’en tant qu’artiste, je suis loin de jouer à armes égales avec mes “confrères” mainstream et ce, de part la teneur de mes textes. Le système, pour utiliser un terme générique, ne peut pas se permettre de porter au pinacle quelqu’un qui chante “contre lui”. Pour utiliser une image un peu triviale, lorsque Olivier Besancenot, par exemple, est reçu sur le canapé de Michel Drucker, nous nageons en plein non-sens. Le plus grand ponte d’une chaîne de télévision du service public, donc un représentant de l’état -payé par nos impôts- faisant des “courbettes” à un soi-disant révolutionnaire… ça ne marche pas, tout du moins , ce n’est cohérent que si l’invité en question ne représente pas une menace pour nos élites… En ce qui me concerne, à savoir  la musique et la chanson à texte, je ne me sens en rien inférieur aux artistes qui se produisent actuellement et que l’on entend sur les ondes radio nationales à longueur de journée (parfois jusqu’à l’indigestion) c’est juste que je ne bénéficie bien évidemment pas des mêmes promotion, diffusion etc. Bon, après vous vous doutez bien que je ne m’attendais pas à un traitement de faveur, je connaissais les règles avant de me lancer. Dès lors que l’on est estampillé “réac'” c’est comme ça. Ca me fait toujours rire d’entendre ou de lire les commentaires de certains qui s’imaginent que c’est l’appât du gain qui motiverait ma démarche (moi ou d’autres artistes politiquement incorrects). De toute façon, il ne sert à rien de se plaindre, il faut faire, avancer sans trop se poser de questions, juste viser le beau…Grâce à internet et aux réseaux sociaux des gens me connaissent et me suivent, j’ai plaisir à discuter avec ceux là, et ça arrive assez régulièrement ce qui est déjà une fin en soi. Pour mon premier album L’armée du silence j’ai bénéficié de l’appui du rappeur identitaire Kroc Blanc étant donné qu’il était mon producteur, et mes clips ont été diffusés sur sa chaîne Youtube (chaîne qui a été victime de la censure récemment), chaîne comptant un nombre d’abonnés assez conséquent. La totalité des exemplaires de mon premier opus (ou presque) se sont ainsi écoulés et c’est en tout humilité que je peux dire que les retours que j’ai pu en avoir ont été dans l’ensemble, très bons.

Pour votre prochain album Au Crépuscule des braves, vous avez lancé une campagne de financement participatif. Quel écho cette dernière a-t-elle reçu ?
C.B :
Alors non, je ne me suis toujours pas lancé dans l’aventure de la campagne participative. La raison est simple, je suis en train de peaufiner (en studio) un nouveau titre. Ce titre sera mis en image (très prochainement je l’espère) et ce clip me servira de base solide pour le lancement de la campagne. J’ai commencé à en parler sur Facebook et pas mal de personnes m’ont déjà manifesté leur soutien.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le contenu de votre nouvel album, tant d’un point de vue musical que de celui des textes ?
C.B : 
Ah Ah…suspens 😉 et bien je le veux différent du premier tout en gardant ma patte, car oui, j’aime à croire que j’ai une identité musicale qui m’est propre.  Au crépuscule des braves sera le digne successeur de L’armée du silence. J’ai l’intime conviction que ceux qui ont aimé le premier adoreront le second, car en règle générale, je veux toujours faire mieux ; lorsque je planche sur un nouveau titre, je le veux meilleur que celui d’avant. C’est une exigence artistique qui s’est toujours imposée naturellement à moi, et puis je n’aime pas trop les “face B” 😉 . J’espère que mon nouvel album sera disponible pour la fin de l’année, mais ça prend du temps, de l’argent et beaucoup d’investissement personnel. Il y aura plus de place pour les instrumentaux, et moins de guitare acoustique. Il y aura notamment plus de harpe, plus de guitare saturée, bref, il y aura plus d’arrangements. Pour ce qui est des textes, je traiterai de sujets divers et variés, toujours en rapport et en connexion avec le monde réel “j’ai rien vendu rien trahi, jamais menti dans mes bières, même pas vieilli d’un instant…” 😉

Nous imaginons que vous ne vivez pas de vos créations. Comment combiner révolte nationaliste et vie quotidienne ?
C.B : 
Oui je vous confirme que je ne vis pas de ma musique, je suis un gars normal, un prolo avec une vie simple, qui aime les plaisirs simples, refaire le monde avec mes amis. J’habite au bord de la mer avec mon épouse, ce qui pour moi n’a pas de prix.

Avez-vous des projets de concerts ou de rencontres avec le public ?
C.B : Si tout se passe comme prévu, bien sûr qu’il y aura des concerts et des rencontres, comme j’ai été amené à le faire pour la sortie de mon premier album, après ,où, quand, comment…je ne saurais vous le dire à l’heure où je vous écris ces mots.


Se procurer l’album L’armée du silence.

 

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