« Comme le sang sur Macbeth, l’ombre de Robert Brasillach revient sans cesse »

dans Entretiens/Réflexions & Histoire

Née en Suisse en 1948, L’association des Amis de Robert Brasillach (ARB) poursuit un fabuleux travail d’exégèse d’un des plus grands génies littéraires du XX ème siècle, lâchement assassinée le 6 février 1945 pour « faits d’intelligence avec l’ennemi » et dont la tombe au cimetière Charonne, dans le 20e arrondissement de Paris,  est toujours fleurie. Par ce crime, la “République” a surtout voulu faire taire une plume, un cœur pur, dont l’Aura rayonne toujours, y compris chez les plus jeunes. Rencontre avec Monique Delcroix, trésorière des ARB pour la France.

Rédaction NSP
Propos recueillis par Clotaire de La Rue

Dans quelles circonstances est née l’Association des Amis de Robert Brasillach ?
Monique Delcroix : Dans l’immédiat après-guerre, de jeunes étudiants suisses lisent des oeuvres de Brasillach, les recherchent et les font circuler, constituant ainsi un premier cercle de lecteurs décidés à défendre la mémoire de l’écrivain assassiné pour crime d’opinion. L’association des ARB est fondée le 18 décembre 1948 à Lausanne, présidée par le Vaudois Pierre Favre. Le premier cahier paraît en 1950. Il s’agit donc d’une association helvétique, dont le président est aujourd’hui le Genevois Philippe Junod qui se dévoue corps et âme, malgré une vie professionnelle particulièrement exigeante.

Un génie littéraire foudroyé à 35 ans par la « République » …

Comment contribuez vous à faire perdurer la mémoire de cet écrivain, le plus prometteur de sa génération, qui a été fusillé le 6 février 1945 pour « collaboration » ?
Les ARB publient plusieurs bulletins par an destinés à ses adhérents qui les font circuler. Le fleuron de leur activité est la parution des Cahiers de l’association, qui sont de véritables livres d’une qualité d’édition remarquable (cousus “à l’ancienne”) et qui constituent un fonds documentaire de premier plan. L’an dernier, l’université de Tokyo nous a acheté la collection complète des 52 Cahiers parus à ce jour ! Outre l’assemblée générale des ARB, nous organisons au moins une réunion par an à Paris. Celle du 6 février dernier (anniversaire de l’assassinat judiciaire de l’écrivain) a rassemblé près de 70 personnes. L’association propose un service de librairie, appuyé sur des bouquinistes amis. Un peu lente à se moderniser, elle dispose tout de même d’un blog grâce à un jeune adhérent. En revanche, il ne faut  pas aller sur le site internet qui a été piraté …

L’oeuvre de Brasillach est tombée dans le domaine public mais l’on sent une réticence des éditeurs à republier ses ouvrages. Comment expliquez-vous cela ?

Brasillach
Robert Brasillach a Katyn avait pu constater que les officiers pololnais avaient été exécutés par l’Armée Rouge …

L’assassinat de Brasillach est  une tâche sur tout le système mis en place depuis 1945, et sur De Gaulle en particulier.
Comment justifier la mise à mort d’un poète de 35 ans, le refus de la grâce par le général venu dans les fourgons des vainqueurs ? Pour échapper à ces questions, l’idéal serait de le faire oublier, mais, « Dans le premier tome de ses Mémoires », Jean-Marie Le Pen en parle à plusieurs reprises. “Cet acharnement injuste, indécent, indigne contre le maréchal Pétain est l’un des deux méfaits emblématiques de De Gaulle, avec le meurtre de Brasillach ” (p.393).

À la question Pourquoi ?

La réponse de JMLP est : “il lui fallait le soutien de Staline“. A cet égard, on peut préciser que Robert Brasillach avait dénoncé Katyn (pour mémoire, le massacre de 4000 officiers polonais en 1940) comme un crime soviétique, ce qui est aujourd’hui avéré. Mais en 1945, le crime était imputé aux allemands : il fallait le faire taire.
Toutefois l’éditeur français Pardès a entrepris de rééditer certaines oeuvres de Robert Brasillach, avec le soutien logistique de l’association.  Quatre sont déjà parus, disponibles auprès des ARB.

Les cahiers de l’ARB ont publié un numéro spécial consacré à Maurice Bardèche qui nous a quittés il y a 20 ans ? Pourquoi ce choix ?
Maurice Bardèche est le beau-frère de Robert Brasillach. Universitaire, spécialiste de Stendhal et de Balzac, il était éloigné de toute activité politique pendant la guerre. Le 6 février 1945 sa vie a basculé. Il est devenu le défenseur de vaincus ; il a clamé dans des livres inoubliables (la Lettre à François Mauriac, l’extraordinaire Nuremberg ou la terre promise, etc.) qu’il n’y avait pas forcément de honte à avoir été dans le “mauvais camp”, que le monde occidental avait choisi la voie du consumérisme capitaliste, coupé de ses racines charnelles. Bardèche a été le maître à penser de toute la génération d’après-guerre qui refusait le système établi.
Ses cinq enfants sont tous membres des ARB et soutiennent nos activités éditoriales. Nuremberg (I et II réunis en un volume) a pu ainsi être réédité par Kontre Kultur, disponible auprès des ARB.

Quels sont les projets de publication à venir ? 
Le cahier n°53 est sur le point de sortir. En trois parties, il comportera des écrits de jeunesse de Robert Brasillach,des critiques d’époque et des correspondances.
D’intéressants bulletins sont également presque achevés, faisant notamment écho aux récentes polémiques concernant Céline et Maurras. La suite du bulletin n°138 consacré à Lucien Rebatet fera l’objet d’une publication fin 2018 ou début 2019. Pour tout renseignement, n’hésitez pas à me joindre sur arbfrance@orange.fr

Adhérer à l’association

Derniers articles Entretiens

Haut De Page