Confédération européenne des syndicats : Laurent Berger appelle à « faire barrage à l’extrême-droite »

dans Tour d'horizon

Seul candidat en lice, élu avec 95,9% des voix et pour quatre ans à la tête de la Confédération européenne des syndicats (CES), lors du 14ème congrès de cette organisation, Laurent Berger n’aura pas brillé par l’originalité de son discours d’investiture, c’est le moins qu’on puisse dire. Son premier message fort à destination du monde syndical européen aura consisté, en substance, à appeler les organisations syndicales à s’unir pour se réformer afin de contrer la montée des populistes chez les travailleurs.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

L’obtention du mandat purement honorifique au secrétariat général d’un machin essentiellement dédié au maintien du monde syndical dans la stricte orthodoxie européiste, impose ce type d’obligation protocolaire. Récitant le précieux mantra, Laurent Berger rappela que « les valeurs qui nous unissent sont aujourd’hui fragilisées. Un peu partout en Europe, des partis populistes, europhobes et parfois même racistes et xénophobes se développent ». Affirmant l’opposition totale de son organisation syndicale à l’extrême-droite, pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, il exhorta à voter aux élections européennes pour « faire barrage à l’extrême-droite ». Les résultats de dimanche soir sont venus confirmer, une fois encore, les limites de l’influence de tels apparatchiks puisque le Rassemblement national a réussi à devancer celle soutenue par le président de la république et bénéficiant de ce fait de l’appui direct et indirect, tacite ou exprimé, de l’ensemble des corps intermédiaires et des médias.

Un inquiétant déni de réalité

Ceux qui pensaient, un peu naïvement sans doute, que le numéro un du premier syndicat en France, se devrait plutôt d’appeler à « faire barrage » aux ravages de la mondialisation débridée et de la financiarisation de l’activité économique, aux conséquences humaines des délocalisations, de l’immigration de travail et de celle purement à charge, à l’impact sur l’emploi du développement exponentiel du nombre des salariés détachés et au libre-échange qui pèse sur les salaires et contribue à dynamiter le système de protection sociale français, en seront pour leurs frais. Le très médiatique responsable syndical national semble n’avoir rien compris, ni appris du singulier mouvement des Gilets jaunes né, précisément, en réaction à cette déconnection du réel des classes politique, syndicale et médiatique. Un mouvement dont, compte tenu de l’autisme persistant de nos « élites », le reflux pourrait n’être que provisoire.

Article initialement paru dans Présent.

 

 

 

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