Coronavirus : quand on reparle de l’arnaque du “code de la Bible” !

dans Tour d'horizon

L’arnaque du « code de la Bible » de Michaël Drosnin. « Des universitaires israéliens et un journaliste juif américain se sont illustrés grâce à une arnaque intellectuelle peu ordinaire qui conduisait à supposer que l’agencement choisi de la succession des lettres qui composaient la Torah permettait de connaître, à partir d’un mot repéré par une séquence de lettres équidistantes (SLE), un certain nombre d’éléments en rapport avec lui, donc de faire des prédictions …


Rédaction NSP
Claude Timmerman

Pour se faire, les intéressés, par traitement informatique, ont rangé les 304 805 lettres de la Torah en une séquence continue, sans espacement et sans intervalle. Puis en choisissant arbitrairement un nombre donné n, et en sélectionnant une lettre toute les n lettres successives, on les range à la suite  (Une lettre sur deux, ou une sur trois, ou sur n’importe quel nombre de lettres).
On obtient ainsi un tableau de 304 805 /  n lignes (à condition de commencer à la première lettre, sinon ce sera une ligne de moins).
Dans  ce tableau on espère retrouver à un endroit donné la succession des lettres formant un certain mot « indice » choisi à l’avance, devant y être repéré.
S’il apparaît, alors on doit observer dans ce tableau de lettres ayant le nombre de colonnes égal au nombre n, autour de ce mot indice des mots repérables, constitués en long, en large ou en travers, associables au mot indice et signifiants.
Ces mots peuvent avoir ou non une valeur supposée prédictive, mais on ne va relever évidemment que ceux qui sont interprétables comme tels.
Evidemment, avec des mots uniquement composés de triplets, comme en hébreu, cela va être plus simple…
C’est le journaliste américain Michaël Drosnin – associé aux 3 universitaires israéliens, Doron Witztum, Eliyahu Rips et Yoav Rosenberg, mathématiciens et informaticiens qui sont parvenus à faire publier leurs « travaux » dans une revue scientifique – qui a imaginé et révélé ce système, ce qui lui a permis de pondre en 9 ans les 3 tomes du Code de la bible où il a surtout pu prédire le montant des droits d’auteur qu’il allait récupérer.
La probabilité de trouver une lettre donnée dans un texte est au départ la fréquence observée de la lettre dans la langue, et non pas sa fréquence, calculée comme étant  unique dans la séquence proposée soit 1 / 304 805.
Ceci va notablement augmenter les probabilités même en pondérant effectivement la présence des lettres en fonction de leur fréquence dans le texte considéré.
La fascination du texte biblique est telle que la plus élémentaire des prudences s’évanouit dès qu’on l’évoque et, c’est là, la grande leçon à retenir de cette histoire qui a même eu une incidence politique réelle !
C’est ainsi que Drosnin finit par être reçu par les plus hautes instances gouvernementales israéliennes après avoir fait remarquer qu’il avait prédit en 1994 le futur assassinat du premier ministre israélien Yitzhak Rabin
Il réussira alors à persuader le gouvernement israélien, mais aussi la CIA, du bien fondé de ses idées, et tout le monde se mettra à supputer sur les résultats de messages prédictifs retrouvés dans la Torah par cette méthode, pour le traitement de laquelle les calculateurs de certains laboratoires de la défense nationale israélienne et américaine furent même mobilisés !
Ne rions pas : nous avions eu, peu d’années auparavant, en France, un certain Jacques Benveniste, un « scientifique » qui nous avait démontré que l’eau était une substance intelligente à mémoire de forme…
Cela lui avait valu d’être le premier lauréat, en 1991, de l’anti prix humoristique « Prix ig. Nobel ».
Le mathématicien australien Brendan McKay a repris la méthode, en contrôlant les résultats fournis par Drosnin et les mathématiciens israéliens, sur la base de l’ouvrage test « Guerre et paix » soi-disant utilisé par eux comme contre-exemple…
On notera au passage, première entorse à une certaine rigueur scientifique, que cet ouvrage est rédigé dans une langue complètement différente, dotée d’un alphabet beaucoup plus riche (50%) que l’alphabet hébreu.
Nous n’avons évidemment pas là des textes de structures comparables !
Et les vérifications se sont toutes avérées clairement non significatives : autrement dit, les résultats présentés par Drosnin et ses acolytes  à partir de la Torah étaient fantaisistes et n’avaient aucune légitimité statistique !
Brendam Mac Kay a ensuite démontré que cette méthode du « séquençage de lettres équidistantes » pouvait s’appliquer avec succès à « Moby Dick », y trouvant neuf fois une allusion à l’assassinat d’un premier ministre, dont aussi celui d’Yitzhak Rabin, de Martin Luther King et à l’accident mortel de Lady Di.
Pire, Mc Kay s’est amusé, à partir du même texte de Moby Dick, à appliquer la méthode proposée au mot indice MDROSNIN et là, il  découvrit par cette méthode que « Michaël Drosnin allait être assassiné à Athènes ou au Caire » ! Mieux vaut en rire…
Ces brillants personnages se vantèrent moins de s’être fait décerner conjointement le prix ig. Nobel en 1997 pour « leur découverte statistique capillotractée prouvant que la Bible dissimule un code secret. » (sic!)
Mais Michaël Drosnin continue de jouir d’une grande popularité.  Aux dernières nouvelles il est toujours vivant, même si personne ne peut dire s’il est bien allé au Caire ou à Athènes…. » 1
La Bible (La Thora) aurait-elle pu prédire l’épidémie mondiale actuelle de coronavirus ?
Les fantasmes rabbiniques ne se découragent pas facilement, même si les faits sont têtus …
Il faut croire que les démonstrations les plus patentes du ridicule de certaines élucubrations ne découragent pas les plus fanatiques.
Tel est le cas du rabbin Matityahu Glazerson qui remet le « code Drosnin » – pourtant définitivement démontré bidon – sur le tapis !
On lit ce jour en effet sur info-israel.news :  « Selon un universitaire biblique controversé, le rabbin Matityahu Glazerson, la pandémie mondiale aurait pu être prédite il y a des milliers d’années dans la Bible. Glazerson a fait une vidéo plus tôt ce mois-ci dans laquelle il expose sa thèse selon laquelle le coronavirus peut être trouvé dans la Torah selon des codes bibliques , un concept qui a été popularisé pour la première fois en 1997 après qu’un journaliste a publié un livre intitulé « Le code de la Bible. » Il souligne également la « Séquence des lettres équidistantes » (SLE) mises en évidence dans la même section. On orthographie vav, yud, reish, vav et samech: virus. L’autre est alef, bet, reish, mem, het et yud, ce qui signifie eiver mehai, ou membre des vivants. Cela, dit-il, fait référence au péché de manger le membre d’un animal vivant.
Dans une autre partie de l’extrait, il met en évidence les lettres samej yud, nun et yud, qui orthographient le « sini » qui veut dire « chinois ». « Vous l’avez exactement dans la section Torah qui dit des choses que vous ne devriez pas manger », a expliqué Glazerson, pointant un verset mis en évidence avec émotion. « Je séparerai pour vous les choses impures, alors vous serez pour moi un peuple saint », poursuit-il, traduisant un verset de la Torah. « C’est incroyable de trouver cela: le coronavirus, la Chine et le fait de manger des organes vivants, ce qui cause ce que nous voyons maintenant », a-t-il déclaré. Mais les codes de la Bible ne sont pas largement acceptés par les principales autorités religieuses ou les érudits juifs ou non juifs.  Glazerson a publié plus de 30 livres sur les codes bibliques et des sujets connexes. Il apparaît sur le site Web de l’Université hébraïque de Jérusalem et est associé à un mouvement qui œuvre pour amener le Mashiah. »
Ce qui est incroyable c’est que quelqu’un se réfère encore à cette arnaque.
On attend de voir si Glazerson va se faire décerner aussi le prix ig. Nobel …


 

  1. Voir Judéo-christianisme Travestissement historique et contre-sens idéologique – Ed. Kontre Kulture –  2018 T. I – p. 213 à 217.

Derniers articles Tour d'horizon

Haut De Page