De la dîme et de la gabelle républicaines

dans Réflexions & Histoire

Ne voilà-t-il pas que nos bons maîtres, après avoir passé le prix du carburant diesel au prix du litre de Haut-Médoc, veulent nous imposer de nouvelles taxes : taxe sur le droit de posséder un vélocipède, taxe sur le droit d’entrer dans les villes, j’en passe et des meilleures, le tout pour notre plus grand bien et la santé de nos petits poumons maltraités par la pollution. Comme nous n’aurons plus les moyens de rouler en automobile, il faudra bien récupérer l’impôt sur les vélocipèdes dont nos chers, très chers ministres nous font la promotion avec le soutien des médias de propagande !

Klara Von Kustniz
Klara Von Kustniz

La république est trop bonne avec ses administrés en leur proposant un impôt forcément parfaitement équitable puisque sur le revenu. Admettons, il faut bien entretenir le pays, payer les fonctionnaires, surtout les hauts-fonctionnaires au service de la gabegie d’état- les petits ont , quant à eux, bien du mal à survivre puisque leur point d’indice n’a pas augmenté depuis des lustres car en Macronie, plus on est utile moins on est payé- et notre première dame ne peut quand même pas se promener cul nu dans les réceptions officielles. L’impôt, toujours détesté, lorsqu’il est utilisé pour le bien commun est une bonne idée en soi, une idée solidaire, une idée de partage mais lorsqu’il devient le meilleur moyen de faire les poches du peuple afin de pallier une gestion lamentable, il n’est plus acceptable.

La propagande républicaine a voulu nous faire croire, à grands coups de manuels d’histoire, que le bon peuple était, sous l’Ancien Régime, accablé d’impôts, de taxes toutes plus injustes les unes que les autres. Toute l’imagerie populaire depuis 1789 nous décrit le vilain collecteur d’impôts au service du roi arrachant son dernier pain à une famille paysanne loqueteuse et famélique au milieu d’enfants malingres et de vieillards cacochymes à force de malnutrition et de travaux forcés pour engraisser le vampire du monarque.

Le mythe des taxes sous l’Ancien Régime

Une fois de plus, la république est prise en flagrant-délit de mensonge. En réalité les taxes et impôts étaient bien moins nombreux qu’en notre ère de liberté, d’égalité et de fraternité et surtout ils n’étaient pas forcément permanents et n’étaient pas prélevés tous en même temps !

La taille, par exemple, en tant qu’impôt royal ne fut permanente que de 1439 à 1789 et reposa sur un système si compliqué qu’elle n’assura jamais un revenu régulier à la monarchie, forcée bien souvent de recourir à des emprunts.
La corvée n’était rien d’autre que l’obligation pour les communautés d’entretenir les routes à leur frais, ce qui ne devrait pas traumatiser les républicains qui font payer l’entretien des routes départementales aux départements et celui des routes communales aux communes, en attendant de vendre notre réseau autoroutier au plus offrant et de faire payer au misérable automobiliste le droit de se déplacer librement.
Le centième denier était une taxe sur les échanges, environ 1% des transactions, bien moins que notre merveilleuse TVA qui grimpe jusqu’à un taux de 20 %.
Sous l’Ancien Régime existait aussi une taxe sur le vin, un impôt indirect appelé « aide », bien moins lucratif que nos taxes sur toutes les boissons alcoolisées, sur le droit de les vendre, sur le rhum, sur la chaptalisation…etc.
La taxe sur le papier timbré était utilisée pour la rédaction de documents spéciaux alors que la république taxe la poste, tous les actes de cession ou d’achat, tous les actes de succession et de donation et même le droit d’avoir un passeport.
Et la gabelle, parlons-en de la gabelle ! Il s’agit d’un simple impôt sur le droit de vendre du sel, certes mal réparti et injuste mais qui reste une douce rigolade par rapport à la TVA actuelle qui est un impôt sur tout ce qui se vend ou s’achète. Imagine-t-on un laboureur du XVème siècle donner 20% de la vente de ses légumes à l’état ? Celui qui aurait proposé la chose aurait fini dans la fosse à purin. De même, où a-t-on vu que sous l’Ancien Régime, il fallait payer pour avoir le droit d’habiter son propre foyer ? La taxe d’habitation de la république n’est que du racket organisé.

Nouveaux seigneurs

Abordons les impôts seigneuriaux de l’Ancien Régime, le cens en particulier qui n’est rien d’autre qu’une redevance en nature ou en argent sur les terres appartenant au seigneur et cultivées par le « censier ». La république appelle ça un loyer et fait payer, en plus, une taxe sur ce loyer et un impôt puisque le loyer entre dans les revenus.

Quant à la dîme, elle servait à entretenir le clergé, ce qui ferait frémir tout bon républicain athée et franc-maçon ! Quoi, nourrir des moines, des curés, des bonnes sœurs, toutes ces bouches inutiles ! C’est oublier un peu vite que les bouches inutiles en question s’occupaient le plus souvent de l’éducation et des soins du peuple… Pour la république, il vaut mieux nourrir la presse aux ordres à grands coups de subventions sorties de vos poches, exonérer de 7500 € par an sur la base imposable les journalistes qui en seront, par ce moyen, toujours plus redevables à leurs nouveaux seigneurs.

S’il reste encore parmi nos lecteurs un adepte de l’impôt républicain « juste et parfait » comme on dit en Loge, qu’il s’interroge donc sur l’amusante taxe sur les cabanes de jardin, la taxe additionnelle sur la taxe, la taxe sur les pylônes, la taxe sur les rhums, la taxe sur le ski de fond ou la surtaxe sur l’eau minérale… La rédaction a renoncé à les compter mais si un lecteur courageux veut s’y atteler, qu’il n’hésite pas à nous donner un chiffre à l’aide de ce lien

 

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