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Docteur Merlin : « Une chanson est plus utile à la « cause » qu’un long discours ! »

dans Entretiens

Bien plus jeune que son enveloppe charnelle, le Docteur Merlin est « né » en 1981, durant les écoles de cadre de ce qu’on a appelé la « nouvelle droite ». Le Docteur, c’est une guitare, une voix et des paroles qui vous vont droit au cœur que vous soyez païen ou catholique. Il nous revient après 15 ans sans CD avec « Insoumis » qui fera voir blanc à certains rouges. 13 chansons où transpire l’amour de la France et l’Europe, la nostalgie, les combats passés et à venir … 13 chansons qui nous ont donné envie d’aller à sa rencontre.


Klara Von Kustniz
Klara Von Kustniz

Dr Merlin, vous êtes dentiste de profession. Est-ce à dire que vous avez une dent contre le système ?
Dr Merlin : Ayant distribué mes premiers tracts à l’occasion de l’élection présidentielle de 1965 (j’avais alors 11 ans!!), je n’ai pas attendu mes études dites supérieures pour vomir le système, ses servitudes, ses injustices et ses mensonges!

Vous avez sorti votre dernier album  Insoumis en 2015 presque 18 ans après le précédent Mémoire. Pourquoi avoir fait attendre vos fans si longtemps ?
Dr M : Après la scission du FN (Front National) et quelques années au MNR (Mouvement National Républicain), j’ai plus ou moins limité mon militantisme politique à pousser la chansonnette dans les réunions où l’on m’invitait encore! (je suis encore « blacklisté » au RN (Rassemblement National) 20 ans après!!). Un peu plus de temps à consacrer à ma famille, à mes activités professionnelles, d’autres projets, ne laissaient pas beaucoup de temps pour la composition. Et puis, je dois le dire, j’avais l’impression d’avoir fait le tour de la question! Néanmoins, quelques idées germaient de ci de là, quelques poésies m’inspiraient. Et surtout, quelques fans de la première heure ont su me tanner jusqu’à provoquer chez moi l’envie de m’y remettre! Encore fallait-il écrire les quelques titres qui manquaient pour faire un album. Cela a pris encore quelques mois. Bref (si j’ose dire), les 18 années sont vite passées quand on y pense!

Insoumis, c’est un clin d’œil à notre ami Jean-Luc Mélenchon ?
Dr M : Le titre de l’album existait bien avant la Mélenchonade! Il avait été préféré à , »Rebelle » qui ne collait pas bien à ma soixantaine!

Quelle est votre méthode de composition ? L’écriture des textes prime-t-elle sur la composition musicale ?
Dr M : S’il y avait une méthode sûre pour écrire une bonne chanson, cela se saurait! La question ne se pose pas lorsque je mets en musique des textes déjà écrits. Lorsque j’ai une idée de chansons, enfin plus exactement lorsque je ressens le besoin de dire quelque chose, j’essaye de trouver un canevas, un squelette qui va correspondre à l’ambiance que je veux donner. Cela peut déterminer la mélodie, et donc écrire le texte en fonction, ou provoquer un découpage rythmique qui me fera préférer des vers de 6,8 ou 12 pieds, ou une forme de sonnet (2X4 et 2X3) mais souvent c’est une suite d’accords ou une phrase choc qui enlève le morceau. Tout ça pour dire qu’il n’y a pas de règle. (J’enfonce un peu une porte ouverte!)

Vous interprétez dans vos albums des textes de poètes célèbres ou oubliés. Comment les choisissez-vous ?
Dr M : Le hasard fait souvent bien les choses. Dans ce dernier album, j’ai composé une musique sur un texte de Philippe Henriot, journaliste et ancien député, assassiné par la résistance en juin 44. J’avais trouvé dans une brocante un recueil de poèmes qu’il avait écrit. C’était quelques semaines après l’attentat sanglant de Charlie Hebdo. La similitude entre ces deux assassinats et l’émotion que la foule en avait ressentie m’a sauté aux yeux, et ce clin d’œil historique permet de relativiser la versatilité de l’émotionnel. Mais souvent, il s’agit de poèmes qui m’ont marqué, que je traîne depuis des années en me promettant d’en écrire la musique un jour, ou des textes qui, pour moi, manquent d’une musique pour pouvoir s’exprimer pleinement (cf: les quatrains 14 juillettistes).

« Crier est un remède contre les larmes. Chanter aussi, je pense » disait Frédéric Dard en parlant du regretté Henri Tachan. Vous retrouvez-vous dans cette mouvance des chanteurs révoltés, le gauchisme en moins ?
Dr M : Je ne suis pas un chanteur qui adopte une posture de révolté! J’aime la musique, en écouter, en jouer, en composer. Je chante toute la journée, depuis tout petit (ah, ces concerts dans les toilettes de l’appartement, ce lieu bien tranquille à l’acoustique parfaite quand j’espérais entrer aux petits chanteurs à la croix de bois que j’avais vu à la télé!!). Ecrire des chansons en parallèle avec mes engagements était donc une chose naturelle. Je continue de penser qu’une chanson, écoutée des centaines, peut-être des milliers de fois est plus utile à « la cause » qu’un long discours, si galvanisant sur le moment, mais oublié le lendemain.

Quelle voix de notre famille de pensée avez-vous envie de ressusciter dans un prochain album ? Pas dans 18 ans nous l’espérons !
Dr M : N’espérez pas trop car j’ai bien d’autres projets à réaliser.

On aimerait vous voir sur scène avec une formation musicale. Aurons-nous un jour cette chance ?
Dr M : Là encore je vais peut-être vous décevoir, mais j’ai la chance d’enregistrer avec d’excellents musiciens professionnels qui, s’ils devaient monter sur scène avec moi, verraient leur carrière brisée net. Dans ce milieu, toute compromission avec la bête immonde est synonyme de mort sociale. Vous devrez donc vous contenter, en « live », de mes maigres talents de guitariste! (Et il en a, NDLR!)



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