Education Nationale: les chorales de la niaiserie

dans Résister

A la rentrée 2019, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale entend imposer une chorale dans chaque école et collège de France avec la mise en place du « plan chorale », projet qui coûtera la modique somme de 20 millions d’euros.


Rédaction NSP
Klara Von Kustniz

Si l’intention est louable, la mise en place relève sans aucun doute du lavage de cerveau dont la sainte Educ Nat républicaine est coutumière puisque les orientations du répertoire, si elles sont libres dans le programme officiel, sont clairement données par le ministre Jean-Michel Blanquer qui n’hésite pas à préfacer un livret et un CD de chants destiné aux élèves des écoles et des collèges, CD issu d’une production privée de la maison Lugdivine Musiques sans frontières.
L’histoire ne dit pas s’il s’agit d’une commande d’état. En tous cas, le ministre n’hésite pas à lancer nos chères têtes blondes à rejoindre : Les Petits chanteurs de la Fraternité. Rien que le nom fait frémir. La référence aux Petits Chanteurs à la Croix de bois est évidente et le remplacement de la Croix par la Fraternité sent son temple maçonnique. La République avait besoin de chants liturgiques. Voilà qui est fait. Naturellement, les œuvres de nos petits chanteurs fraternels serviront de point de départ à la mise en place du « plan chorale ».

Etranges rapports avec la franc-maçonnerie

Certains avaient vu dans Jean- Michel Blanquer un ministre plutôt « conservateur » officiellement partisan d’apprentissages sérieux et de méritocratie. C’était oublier le parcours de l’auteur de L’Ecole de demain en collaboration avec l’Institut Montaigne, club de pensée mondialiste lancé en 2000 par Claude Bébéar.
L’école de Blanquer est résolument ouverte vers l’entreprise et donc conçue pour être au service du système économique libéral qui nous asservit. Ajoutons à cela les rapports étranges que le ministre entretient avec la franc-maçonnerie, où il a toujours nié avoir été initié alors qu’ il est un habitué des Tenues Blanches et autres colloques fraternels et nous comprendrons que le personnage est tout sauf « conservateur » et n’est rien d’autre qu’un brave serviteur du Nouvel Ordre Mondial ultra-libéral.
Celui qu’on avait présenté comme le chantre de la méthode syllabique ne fait que suivre le dernier qui a parlé puisque sous le ministère Robien, il s’était couché comme une larve devant les syndicats enseignants marxistes qui refusait le retour de cette même méthode. L’ectoplasme de l’éducation a également copieusement réduit le mammouth avec la suppression prévue de 80 000 postes et est un fervent adepte de l’anglais obligatoire dès le berceau, le tout sans toucher aux horaires des autres matières dites « fondamentales » , langue dans laquelle il prétend que les petits français seraient « nuls » alors que seuls 0,7% des français n’apprennent pas l’anglais à l’école.

Ce « maçon sans tablier » comme l’appelle son grand ami François Baroin, fils de Michel Baroin ancien Grand Maître du Grand Orient de France mort mystérieusement en Afrique déclare ouvertement son admiration sans borne pour la secte maçonnique. Il saute de tenues blanches en colloques humanistes et prétend (sans rire) n’avoir pas le temps d’être initié. On y croit… N’oublions pas sa passion pour l’enseignement de l’idéologie du Genre dans nos écoles et voilà le « conservateur » rhabillé pour l’hiver. Le presque Frère Blanquer a donc prévu de faire de nos enfants de bons petits chanteurs républicains. Il nous présente le livret des Petits chanteurs de la Fraternité : « Chacune des chansons proposées relate un événement de la Seconde Guerre mondiale et en tire les leçons d’humanité si essentielles pour la jeunesse de notre pays. » Nous y voilà ! Le «plan chorale » est donc « un plan devoir de mémoire » et nos chères têtes blondes vont psalmodier sur la rafle du Vél’ d’Hiv (Si vous étiez là), l’étoile jaune (La petite étoile), les camps d’extermination (Liza), les enfants cachés pendant la guerre (Anne et Jeanne) , le débarquement, Radio Londres, les maquisards etc. Au cas où nos enfants auraient échappé à l’enseignement de l’histoire de la seconde guerre mondiale qu’on leur déverse dès le cycle 3 de l’école primaire, puis en troisième puis en terminale, sans compter les innombrables études de livres mémoriels en classe de français.

Une nouvelle liturgie !

Une liturgie chasse l’autre et il est à croire qu’il n’existe aucun autre sujet qui mérite d’être mis en chansons dans toute l’histoire de notre beau pays.On imagine déjà les torrents de larmes, les grandes minutes d’émotion, les instants magiques, comme on dit à BFM TV dont un tel programme va abreuver les parents d’élèves extatiques devant le spectacle de fin d’année. Il ne manquera plus qu’un beau témoignage de survivant ou de résistant cacochyme pour que la grand messe républicaine batte son plein.
Tout cela serait fort louable si les chansons en question ne constituaient pas un chef-d’oeuvre de niaiserie, finalement plus nuisible que profitable au sujet. L’auteur du livret, Sophie Brachet, visiblement illuminée par le reflet des Lumières républicaines, se livre au pire des sentimentalismes sans aucun recul historique tandis que la gluantissime musique fait pleuvoir sur nos oreilles une guimauve inaudible et répétitive. Je mets au défi les auditeurs de différencier les chansons à la première écoute. D’ailleurs une première écoute suffira. Nos lecteurs courageux peuvent se procurer la daube fraternelle pour la modique somme de 29 euros sur le site officiel de www.lugdivine.com mais rassurez-vous, on le trouve déjà en solde, le succès n’étant pas au rendez-vous malgré un passage dans Vivement Dimanche chez Michel Drucker. D’ailleurs la page Facebook des Petits Chanteurs de la Fraternité ne compte que 38 supporters …
Mais rassurons-nous, la vente est assurée puisque la chose sera diffusée dans toutes les écoles de France. Il eut tout de même été dommage qu’un si beau projet fût un fiasco financier. La République fraternelle ne s’en serait pas remise …

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