En 2019, des taxes et impôts jusqu’à l’absurde

dans Zones occupées

En plein mouvement dit des « gilets jaunes », est-il possible que le gouvernement de l’enfer fiscal français puisse encore oser concocter de nouveaux impôts et taxes ? Impensable semble-t-il, d’autant que, selon l’Office européen de statistiques Eurostat, la France ravissait très officiellement au Danemark, en 2017, le titre de championne du monde des prélèvements, impôts et charges sociales payés par les salariés et les entreprises, sans parler du patrimoine et de sa transmission. Sait-on, par exemple, que la France est le seul pays développé à prélever des cotisations sociales sur le patrimoine, à hauteur de 15,5%, en plus de l’impôt sur le revenu ?


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

Et pourtant… Dès le début janvier, comme prévu, la fiscalité sur les carburants continuera à s’alourdir avec une hausse de 6,5 centimes pour le litre de gazole et 2,9 pour l’essence. Gilets jaunes ou pas, la prétendue fiscalité verte au service de la transition écologique n’a d’autre finalité, et cela commence à se savoir, que de nourrir des millions de bouches venues d’ailleurs et de financer ainsi la transition démographique.

Une année sous le signe du laminage fiscal

Mais ce n’est pas tout et si le gouvernement insiste sur la suppression des petites taxes à faible rendement – 200 taxes particulières rapportent moins de 150 millions d’euros – et prévoit d’en supprimer une vingtaine en 2010, cela ne l’empêchera aucunement d’en créer certaines et d’en alourdir d’autres. Citons en vrac, l’alourdissement de la taxe pour les assureurs santé, passant de 13,27% à 18,02%, l’aggravation du malus pour les assurances automobiles, le probable vote d’une amende forfaitaire pour consommation de cannabis, l’augmentation de la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), l’alourdissement du régime fiscal des brevets…
2019 sera la première année entière pendant laquelle la limitation à 80 kilomètre-heure donnera sa pleine dimension avec, notamment, la multiplication exponentielle des amendes pour excès de vitesse qui en découle et les dizaines de millions d’euros supplémentaires extorqués aux automobilistes-vache-à-lait. Au premier janvier, la seule suppression de l’avantage fiscal sur le gazole non routier (GNR) devrait rapporter à l’État 700 millions d’euros en même temps qu’elle pénalisera et fragilisera le secteur du bâtiment et des travaux publics en effondrant de 60% une marge nette moyenne estimée aujourd’hui à 2%. De nombreux licenciements et dépôts de bilan en perspective.
Même en scrutant un horizon un peu plus lointain, l’écrasement fiscal semble ne jamais devoir cesser de s’aggraver. Ainsi, pour l’absence d’égalité salariale entre un homme et une femme, la contravention s’élève aujourd’hui à 1 500 euros pour l’entreprise mais dès 2022, pareille infraction pourrait coûter jusqu’à 1% de sa masse salariale, ce qui est exorbitant et achèvera nombre d’entreprises à la trésorerie tendue. Il faudrait que se révèle un jour un infatigable chercheur à l’âme bénédictine pour recenser l’ensemble des impôts, taxes, amendes, pénalités, suppression d’exonérations, modification des seuils, taux et paliers, modifications d’assiettes… de ces dernières décennies et écrire l’histoire de la ruine d’une nation.

Paru dans Présent le 25 novembre 2018.

 

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