Entretien avec Ulfric d’Alsace, réalisateur du documentaire “La division Charlemagne jusqu’à Berlin”

dans Entretiens
Ulfric d’Alsace a réalisé un documentaire de qualité La division Charlemagne jusqu’à Berlin  que nous avons chroniqué dernièrement. NSP est allé à la rencontre d’un réalisateur « fasciné par la psychologie du soldat. »


Rédaction NSP
Jean-Louis Dutertre

Nous vous avons découvert grâce à votre excellent documentaire consacré à la division Charlemagne et à sa défense de Berlin, pourriez-vous nous dire en quelques mots comment vous concevez le militantisme numérique ?
Ulfric d’Alsace  : Je conçois le militantisme numérique comme la suite logique du développement technologique de notre société. Les moyens de communications évoluent, donc il faut s’adapter. Les dynamiques d’internet dépassent très largement le militantisme de terrain, en particulier en ce moment avec le Covid-19. Ce qui importe désormais à la jeunesse, c’est l’accès à du contenu diversifié et frais. Le militantisme numérique est donc indispensable si l’on veut se faire entendre. Parallèlement, il permet une diversification intéressante des contenus, articles, vidéos etc. De plus, il offre la possibilité à des jeunes éloignés des villes de mener également des actions. Evidemment, je contribue aussi à cette diversification du contenu avec mon documentaire

Pensez-vous que le terme de “guerre” ou de “combat” culturel ou “métapolitique” soit productif et décrive votre production ? La référence à Gramsci et l’intellectualisme qui envahissent nos milieux n’est-elle pas plutôt un signe de déliquescence ?
La définition des actions que nous menons m’importe peu. Ce qui compte c’est d’agir contre le péril qui menace  l’Europe  à tous les niveaux. Dans ce cadre, une grande polymorphie d’actions est nécessaire. Du moment où l’on vit dans une époque où être membre d’une association de danses traditionnelles est synonyme de combats permanents, l’appellation de guerre culturelle s’y accorde. Mon documentaire s’inscrit dans la préservation concrète de la mémoire européenne. Il ne faut cependant pas tomber dans l’intellectualisme permanent. Une culture n’est pas un concept que l’on écrit dans un livre, elle s’incarne par le peuple et elle se vit. Malheureusement je pense que les Français, hors quelques enclaves à identités régionales fortes ont perdu cette notion-là, on ne reviendra pas en arrière.

Passons si vous le voulez bien au documentaire en lui-même. Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la division Charlemagne, en relatant plus particulièrement ses derniers jours ? Vous êtes-vous inspiré, au cours du processus de création, des oeuvres classiques de Saint-Loup, Mabire ou Degrelle ?
J’ai toujours été fasciné par la psychologie du soldat. La dévotion que pouvaient avoir certains soldats pour leur chef ou leur idéal et  j’admire l’esprit militaire. Du dernier carré de Waterloo à la défense de Camerone, pour citer les classiques, il s’agit de la même conception de la guerre consistant à engager toutes ses forces dans la victoire, peu en importe l’issue . Cette psychologie inédite est évidemment propre aux unités d’élites, ou de volontaires.C’est dans ce cadre-là que la légion étrangère reprit les chants de la Waffen-SS après la 2e guerre mondiale. Les membres de ces deux structures sont psychologiquement très proches. Alors forcément lorsque j’ai eu l’occasion de découvrir que des Français ont incarné cette mentalité guerrière de 1941 à 1945, jusqu’à la défense ultime du Bunker du führer, j’ai voulu en savoir plus. La division Charlemagne n’est en réalité qu’une petite parcelle du parcours exceptionnel de ces soldats. Certains étaient poilus en 14, d’autres étaient dans la coloniale ou ont participé à la guerre civile d’Espagne de 1936. Commence alors un long travail de recherche et de lecture de plusieurs années, qui ne m’a toujours pas quitté. Evidemment, j’ai lu les incontournables sur le sujet : Jean Mabire, Marc Augier et Degrelle. Les mémoires de soldats comme André Bayle ou Henri Fenet, les revues de propagande « Devenir », en fait, une multitude de documents originaux accessibles depuis les sites de bibliothèques en ligne. Et puis quelques travaux soit universitaires, soit par le CDVFE, le cercle des vétérans et des amis des vétérans du front de l’est. Avec le temps, les connaissances s’affinent et on finit par connaitre ces soldats, à l’allure si semblables mais en réalité aux parcours ô combien différentx.

Vous évoquez à différentes reprises le “crépuscule des dieux”. En quoi la défaite allemande a-t-elle représenté, selon vous, le point de départ du déclin spirituel de l’Europe ?
Le crépuscule des dieux, comme vous l’ avez dit dans votre article, est une référence nietzschéenne qui romantise la chute du IIIe Reich. Elle symbolise l’effondrement d’un monde au profit d’un autre. Mais cet effondrement européen ne se limite pas qu’au spirituel, puisque le christianisme par exemple était déjà en perte de vitesse avant 1945. Il comprend les dynamiques économiques, sociales, culturelles et même linguistiques avec le renforcement de l’anglais sur le plan international et la disparition presque totale de l’allemand. Parallèlement, les Etats-Unis,  grand vainqueur de la guerre sur le plan financier et industriel deviennent enfin la première puissance mondiale, cette fulgurante ascension n’aurait pu se faire sans la victoire des Alliés. En clair, une victoire de l’Axe aurait permis la préservation des cultures européennes et leur florissement, l’américanisation se serait limitée à un simple exotisme. Le crépuscule des dieux, c’est tout simplement l’achèvement de l’Europe et de sa perspective d’avenir et le commencement du grand règne américain.

La qualité de votre travail ayant été, je crois, unanimement salué, vous invite-t-elle à vous lancer dans d’autres projets ? Pensez-vous réaliser de nouveaux documentaires à l’avenir ?
Tout à fait, d’autres projets sont en préparation comme un documentaire sur la vie des Waffen-SS français après la guerre. Sinon, il y a encore beaucoup de thèmes oubliés du grand public à aborder. La publication de ces films dépendra du temps dont je dispose pour la recherche historique et la réalisation en image. En tout cas, l’aventure est loin d’être terminée.

Pour clore  notre entretien je vous demanderais de nous donner votre opinion sur la France, l’état du nationalisme dans ce pays et sa situation politique. Que diriez-vous, par exemple, à un jeune homme qui brûle de s’engager pour son pays et son ethnie ?
Je ne crois plus en une victoire par les urnes, en effet les candidats aux élections présidentielles ne correspondent plus à nos attentes. De plus, les Français nous sont majoritairement hostiles, il faut impérativement comprendre cela. Avec la crise migratoire  et les politiciens qui accueillent massivement de nouveaux étrangers sur le continent, le concept de nation n’a plus de sens. Désormais, c’est l’ethnie qui compte et qui nous rassemble. Nous devenons étrangers dans notre propre pays, c’est un fait. Si des jeunes français brûlent de l’envie de sauver l’Europe, il faut se communautariser et prendre contact. Ensuite apprendre les langues étrangères et voir comment se déroule la vie en Europe centrale ou de l’est. La France n’est pas une bonne perspective d’avenir, tant en matière ethnique qu’économique, ne parlons même pas d’entreprenariat. Les choses évoluent très vite, le temps est compté.


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