Espagne : le prieur bénédictin s’oppose à l’exhumation de la dépouille de Franco

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Selon le quotidien espagnol El Pais, les plans du gouvernement socialiste visant à transférer la dépouille de Francisco Franco sont retardés depuis plusieurs mois par l’opposition du prieur, le père Santiago Cantera Montenegro. Celui qui est de droit le gérant de la basilique où est enterré le caudillo, a refusé de donner son accord à l’exhumation, contraignant le pouvoir politique à suspendre, sans doute temporairement, son projet.  


D’après cath.ch, la communauté des moines bénédictins de l’Abbaye de la Sainte-Croix de la Vallée de ceux qui sont tombés (« Abadía de la Santa Cruz del Valle de los Caídos »), qui compte 23 membres, est « profondément divisée ». Il y a ceux « qui soutiennent le prieur et ceux qui s’opposent à son intransigeance ». Le média en ligne eldiario.es, assure que le cardinal de Madrid, Carlos Osoro, et l’Abbé de Solesmes, le Français Philippe Dupont, qui est l’autorité supérieure du P. Cantera, ont déjà envoyé au religieux des « recommandations ». Ils veulent « éviter que le transfert des restes de Franco ne devienne un problème semant la discorde dans des relations Eglise – Etat déjà difficiles ».
Tout comme le clergé espagnol, le Saint-Siège a fait savoir qu’il ne s’opposerait pas à ce transfert : « Sur la translation des restes de Franco, je n’ai rien d’autre à dire par rapport à ce que le Saint-Siège a déjà affirmé », a ainsi déclaré le directeur par intérim du Bureau de presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti. Le Vatican « ne s’oppose pas à l’exhumation de Francisco Franco si les autorités compétentes en ont décidé ainsi », avait déjà dit le 30 octobre dernier Greg Burke, son prédécesseur. Concernant le lieu de sa nouvelle inhumation, le Vatican a appelé à un « dialogue avec la famille ». 
Un « dialogue » pour le moins délicat puisque les descendants du général Franco — ses sept petits-enfants — ont déposé une série de recours en justice afin de s’y opposer. Et ils proposent de transférer la dépouille de l’ancien chef de l’Etat dans leur caveau familial. Celui-ci est situé dans la cathédrale de l’Almudena, au cœur même de Madrid… ce dont le gouvernement ne veut pas entendre parler parce qu’elle y serait encore plus accessible qu’aujourd’hui !
Selon le politologue Pablo Simón, professeur à l’Université Carlos III de Madrid, le chef du gouvernement « a transformé malgré lui l’histoire de la dépouille de Franco en un grand spectacle tragicomique. C’est absurde, mais cela montre combien le pays est mal à l’aise avec son passé et à quel point certaines fractures de la guerre civile restent à vif ». Surtout quand certains idéologues s’emploient à la rallumer. Le général Franco avait voulu faire de ce sanctuaire un signe de réconciliation nationale et de grandeur chrétienne. Laissons dormir en paix celui qui sut servir son pays en proie à la révolution rouge et à la haine anticléricale.
Preuve en est, depuis l’annonce de l’exhumation, la tombe de Franco connaît une fréquentation en hausse. La Valle de los Caídos a reçu plus de 300.000 visiteurs entre janvier et octobre 2018, soit plus du double que l’année précédente.

Sources : cath.ch/afp/sputniknews.com/tribune de genève – FSSPX.Actualités – 24/01/2019.

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