Football et décadence

dans Tour d'horizon

« Une plume dans le cul pour faire sérieux » chantait Michel Sardou en 1979 (« Méfions nous des fourmis », texte dont le leitmotiv était « on rétrécit »). Cette image s’est imposée à l’esprit devant tous les délires qui ont accompagné la coupe du monde de football. Les festivités de la victoire ont atteint le comble du ridicule… La remontée des Champs Elysées par des joueurs de ballon traités à l’égal des vainqueurs de Verdun. La Marseillaise chantée comme une chanson à boire en compagnie d’un Président de la République hilare. Les cloches de Notre Dame qui sonnent à toute volée comme le 11 novembre 1918. Les héros du jour se trémoussant sur des rythmes afro-américains, rivalisant de vulgarité, devant une foule en délire.

Rédaction NSP
Dominique Delcroix

Il faut manifester sa joie, il faut se livrer aux contorsions les plus exubérantes. Big Brother l’ordonne, il faut obéir. C’est si contagieux ! Barbouillez vous aux trois couleurs. Roulez vous par terre. Embrassez votre voisin (sine). Vibrez, TF1 vous le répète, Black, Blancs, Beurs, gays, hétéros, vibrez tous avec les bleus (ues, forcément). Et surtout, n’oubliez pas la plume !

Nul n’ose dénoncer la crétinisation de ces masses de zombies, réunies comme par un puissant aimant pour saluer les nouveaux héros. Autrefois bien inspiré, Mélanchon avait estimé scandaleux de faire applaudir des joueurs payés à millions par des smicards ; maintenant qu’il est élu à Marseille, silence prudent.

Et il se trouve même des voix parmi les nôtres pour se satisfaire de ce qui serait un ersatz de patriotisme ! Comment ne pas voir que le seul message porté par cette mascarade est la promotion du « vivre ensemble » ? Où se niche le patriotisme dans l’admiration de mercenaires achetés à prix d’or (transférés) à des clubs étrangers ? Comment peut-on trouver un zest de nationalisme dans la glorification d’une équipe dont les 2/3 ne sont pas des nationaux ? Il s’agit tout au contraire d’achever de détruire, en le détournant, tout ressort identitaire du peuple, de neutraliser tout instinct de rébellion.
Ne s’y sont trompés ni Barak Obama qui célèbre la réussite de la diversité française, ni la presse italienne ou Nicolas Maduro qui saluent la victoire d’une équipe africaine.
Nous venons simplement de descendre une marche de plus dans l’escalier de la décadence française.

 

 

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