France Réelle : « Il faut remettre l’homme au cœur du processus »

dans Résister

Privilégier la proximité pour revenir à une échelle humaine où chacun peut recouvrer son enracinement et son identité ;  refuser la tyrannie des minorités oligarchiques ; présenter des listes indépendantes aux municipales en 2020 … Voilà autant de missions que souhaite mener à bien Le Mouvement France Réelle. Rencontre avec Laurence Maugest, l’une de ses membres.


Rédaction NSP
Clotaire de La Rue

Vous avez créé le mouvement France Réelle pour mobiliser les français et leur redonner leur identité. Vous vous revendiquez « conservateurs ». Quelle définition donnez-vous à ce mot ?
Laurence Maugest : Cette question est cruciale car il ne s’agit pas de conserver n’importe quoi. Ce qui nous amène à penser que ce que l’on doit retrouver, en priorité, sont les qualités de discernement et de discrimination qui, dans la tradition, ont permis de retenir ce qu’il y a de meilleur et d’abandonner ce qui est mauvais pour l’homme et son environnement. Une forme de sélection qui se fait par essais : « erreur-réussite » pour le bien-être de l’humanité.
A cette fin, nous devons nous écarter des critères de choix artificiels et tyranniques qui perturbent, de plus en plus, cette discrimination naturelle.
Grâce à de nombreux, auteurs, penseurs, observateurs de la société et philosophes, nous connaissons ces principaux perturbateurs :

  •  L’idéologie des droits de l’Homme qui nous conduit, en définitive, à une réelle dictature des minorités.
  • La séduction du « modernisme » : ne pas considérer que le « modernisme » est forcément positif, que demain sera, dans tous les cas, mieux qu’hier et ne pas se laisser posséder par le culte du « Progrès ».
  • La toute-puissance du marché : ne plus être dominé et guidé par les seuls enjeux économiques.

Il nous faut remettre l’homme au cœur du processus et privilégier la proximité pour revenir à une échelle humaine où chacun peut recouvrer son enracinement et son identité.
Il faut défendre le développement des libertés locales pour raffermir le tissu local, changer les institutions pour une vraie démocratie directe : l’autorité de l’Etat, mais pas la dictature en Marche.
En résumé, assumer un conservatisme qui se définit sur la transmission par discrimination en fonction du bien commun, seul critère à prendre en compte : notion essentielle, particulièrement mise à mal dans nos sociétés individualistes et hors sol. Mais, que l’on retrouvera grâce au renouveau de la proximité et à la mise en place d’un pouvoir impliquant des responsabilités politiques individuelles réelles.

Vous espérez organiser un réseau sur tout le territoire afin, entre autres, de créer des listes indépendantes pour les élections municipales de 2020. Cependant, ne pensez-vous pas que la démocratie a été confisquée par une élite oligarchique et que les élections ne sont plus qu’un leurre ?
L.M. : Nous souhaitons attiser l’éveil des Français qui s’est amorcé dans le mouvement des Gilets Jaunes. Les revendications claires des débuts de ce soulèvement sont certainement encore très présentes. Le réveil de la majorité silencieuse est la seule façon de lutter contre la tyrannie des minorités oligarchiques largement encouragée par les médias. Dans « majorité silencieuse », il y a « majorité » donc tous les espoirs sont permis.
Nous avons tout à fait conscience de la force de l’adversaire. L’élection du locataire de l’Elysée actuel est le fruit, en grande partie, d’une campagne médiatique sans précédent. C’est ainsi que ce locataire s’apparente davantage à un squatter. Alors, en effet, les élections deviennent un leurre.
C’est pourquoi, nous avons choisi délibérément d’écarter de notre projet tout représentant politique investi dans un projet électoraliste.
Pour défendre la France réelle, il faut partir de la France réelle, des gens, les aider à sortir du politiquement correct dont l’apogée est l’autocensure, la pire car la plus efficace des censures.
Nous savons, par expérience, que lorsque l’on écoute les français, sur les marchés, dans leur vie de tous les jours, la parole se libère rapidement lorsqu’ils se sentent en confiance. Leurs sujets d’inquiétude sont bien souvent les questions occultées des débats médiatico-politiques.
Ils sont bien nombreux les Français perdus par une évolution de leur pays qu’on leur impose. Nous allons contribuer à libérer leur expression qui peut s’avérer devenir un véritable poids politique.

Vous dites aussi vouloir organiser des groupes de pression sur les décideurs et les médias. Or, la situation actuelle – en particulier la révolution des Gilets jaunes- a montré que ces décideurs et médias se moquaient éperdument de la voix du peuple. Comment comptez-vous faire pression sur eux ?
L.M. :
En les ridiculisant massivement. Un système de veille existe déjà, mené à bien par des médias alternatifs compétents et endurants. Nous devons les aider et organiser des manifestations burlesques aux sièges des médias qui se seront particulièrement distingués dans la désinformation et le mensonge.
Encore une fois, il s’agit d’éveiller les consciences en pointant du doigt les infamies médiatiques afin de convaincre le plus grand nombre de personnes de la nécessité de réagir. La première étape étant de les sortir du fatalisme dangereux qui repose sur l’idée d’une toute puissance des oligarques. Il nous faut réaliser que cette « puissance » qui est indiscutable ne concerne que le monde médiatico-financier. Notre combat se situe ailleurs : nous défendons les valeurs de la France réelle, notre rôle est de les rappeler au bon souvenir d’un grand nombre de français qui, nous le pensons, n’attendent que cela.
Ils n’entendent pas la voix du peuple ? Il faut que ces français soient de plus en plus nombreux afin que le système ne puisse plus l’ignorer.

Vous souhaitez préserver l’identité française mais comment lutter contre la machine à détruire les identités qu’est devenue l’Education Nationale ?
L.M. :  
L’une de nos priorités est de dénoncer le formatage de l’Education Nationale qui transforme la méritocratie en « diversitocratie » ou dictature des minorités dites visibles. Non seulement, elle déforme les connaissances qu’elle transmet aux jeunes dans l’objectif très clair de leur donner la plus mauvaise image possible de leur pays, mais, elle les initie aussi à un mode de sélection parfaitement laxiste et injuste qui ne donne plus leur chance aux enfants les plus défavorisés : il s’agit de faire des citoyens programmés pour accepter l’inacceptable…
Ici, aussi, il s’agit d’informer les Français en relations directes et simples de proximité. Ce sera les missions de nos coordinations locales. Ces sujets seront prioritaires, des conférences, ateliers, rencontres seront organisés pour traiter cette question essentielle.
Les initiatives alternatives régionales seront présentées avec des témoignages et des échanges d’expériences. Ceci, toujours dans le double vœu de montrer que des réactions salutaires sont toujours possibles – cultiver l’optimisme – et favoriser des émules.

Il est bien évident que vous n’aurez aucun accès aux médias officiels puisqu’ils ne relaient que la propagande d’état. Comment comptez-vous faire connaître votre action ?
L.M. : Les nombreux médias alternatifs seront, nous l’espérons, nos premiers alliés. Nous utilisons aussi les réseaux sociaux. Notre caractéristique reste de privilégier la communication de proximité. C’est pourquoi, il nous est urgent de recruter de nombreux militants. Les événements que nous organiserons, participeront, évidemment, à notre notoriété.

Un mouvement de plus parmi les mouvements nationaux et conservateurs. N’y-a-t-il pas un risque d’éparpillement des forces ?
L.M. :
Nous ne sommes pas un nouveau mouvement au sens strict du terme. Nous travaillons en relation avec toutes associations et personnes qui partagent le socle commun de nos priorités qui se trouvent sur « Constat-Objectifs » de la France réelle. Nous sommes un catalyseur qui a l’objectif de mutualiser les forces de résistance. Notre but est de faire tomber les différends entre les organismes ou les personnes patriotes qui les empêchent de travailler ensemble. Quelle que soit leur importance, ces divergences deviennent des détails au regard de la situation dramatique de notre France.
Nous œuvrons à généraliser cette prise de conscience incontournable.

Jean Raspail préconise la création d’isolats, c’est-à-dire de communautés d’identité et de culture plutôt que la lutte politique. Ne pensez-vous pas que si ces communautés informelles se créent et forment des réseaux entre elles (troc, préservation de la culture, formation des enfants), elles pourraient faire tomber le système ?
L.M. :  
Tout ce qui privilégie les réseaux de proximité et un retour à l’échelle humaine est une bonne chose. Comme nous l’avons évoqué plus haut, cela permet de raffermir notre enracinement et donc notre identité.
Nos coordinations locales offriront aussi cette possibilité de rencontres et de convivialité entre des personnes d’une même région. Elles seront prétextes à des tissages de liens qui auront plus de portée s’ils se créent autour d’une ambition politique non partisane pour l’ensemble du pays.
En effet, il semble important d’éviter l’attitude de repli, source d’effets pervers notamment individualistes ou communautaires. Il ne faut pas oublier que l’individualisme est particulièrement malfaisant à notre époque : il est la cause de bien de nos maux. En ce qui concerne la communauté, qui a une importance considérable trop souvent malmenée, elle doit, néanmoins, demeurer un tremplin à l’épanouissement individuel certes, mais conserver comme fin l’enrichissement des ressources nationales. Il ne faut pas que la défense des valeurs patriotes nous fasse oublier la patrie. C’est en cela que le combat culturel fondamental doit être aussi un combat politique.


La France Réelle
Mobile : 06 87 13 27 21
@ : laurence.maugest@orange.fr

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