Gaston Alcide : « J’ai fait le choix du ré-enracinement, du clan et de la communauté »

dans Entretiens/Résister

Dans un futur proche qui pourrait être le nôtre, la France est en proie à toujours plus d’attentats meurtriers, encouragés par des politiques corrompus jusqu’à la moëlle. C’est alors le déclic pour le narrateur qui, du fond de sa Bretagne charnelle, décide de réagir pour sauver ce qu’il reste de notre civilisation européenne. C’est la trame de Reconquête, un brûlot sorti en 2017, qui dérange toujours, car écrit avec une plume aux allures de francisque ! Cela a donné envie à Nous Sommes Partout, d’aller à la rencontre de son auteur, Gaston Alcide. Un homme libre avec un cœur chargé d’honneur, de fidélité envers son sol natal, la France.

Gaston Alcide est votre pseudonyme. Mais qui est Gaston Alcide ?  Pouvez-vous nous parler de votre parcours personnel et de ce qui a déclenché votre envie d’écriture ? 

Rédaction NSP
Clotaire Mercastel de La Rue

Gaston Alcide : Pour commencer, j’aimerais vous remercier de me donner la parole. Vous êtes le premier média de « droite » (NDLR: Contre Révolutionnaire surtout) à le faire et même si je suis discret dans la vraie vie comme sur les réseaux sociaux, j’aurais apprécié un peu de lumière sur mon livre. Ce n’est pas comme si les écrivains, les artistes se revendiquant ouvertement identitaires étaient légion.
En effet Gaston Alcide est un pseudonyme même si beaucoup de mes amis et certains de mes proches m’appellent Gaston.
Mes racines sont bretonnes, sarthoises et irlandaise. Je suis issue d’une famille de militaires et de profs gauchistes ! J’ai beaucoup déménagé, au gré des mutations de mon père. Jusqu’à l’âge de mes 20 ans, mon parcours n’a rien de particulier. Jsuis comme beaucoup de jeunes de mon âge, attiré par la culture underground et je découvre la culture Skinhead au lycée pendant des vacances à Londres. Très vite, mes lectures et mes rencontres font que je développe une conscience politique et qu’avec ma bande de potes nous commençons à traîner sur Paname avec des Skins politisés. C’est le temps des collages, des bastons avec les racailles, les chasseurs de Skins et c’est aussi le début des emmerdes. Je n’ai jamais été encarté ni au FN, ni ailleurs mais j’ai milité (collages, service d’ordre et autres)pour pas mal de monde du milieu. J’étais le chef d’une petite bande de Skinheads de banlieue nord et du fait de notre jeune âge, nous étions discrets et protégés par des mecs plus vieux que nous, que nous admirions. Malgré ça, il y a eu la justice, un premier passage par la case prison et après j’ai été obligé de partir. A mon retour, le milieu avait changé, moins de monde mais que des mecs solides que j’ai continué à plus ou moins fréquenter puis j’ai eu l’occasion de voyager en Europe et aux USA. Ces voyages qui m’ont permis de faire de belles et d’importantes rencontres de personnes ayant une longueur d’avance sur les combats à mener pour que nos idées, notre histoire, notre culture et notre race ne disparaissent pas. Je suis finalement rentré en France. Je ne pourrai jamais quitter mon pays, où j’ai rencontré ma femme et je me suis plus ou moins rangé car beaucoup de personnes que je fréquentais à l’époque étaient soit rangées, soit mortes, soit en prison. J’ai malgré tout continué à participer aux rassemblements, commémorations, concerts du milieu. La pression raciale est vite devenue insupportable. Dans le quartier où j’habitais, nous sommes, nous les blancs, devenus minoritaires en moins de dix ans donc à la naissance de mes enfants, j’ai décidé d’un retour à la terre, et de quitter la ville. C’était ça où j’aurais fait des trucs stupides qui auraient mis ma famille en danger et surtout, il était hors de question d’élever mes enfants dans de telles conditions. J’aurais eu l’impression d’abdiquer même si parfois j’éprouve un léger sentiment de lâcheté, j’ai un peu fui …

Le retour à la terre ( pas dans le sens réellement agricole ) a été laborieux, assez compliqué. Pas de boulot, peu de personnes politisées donc j’ai mené des combats à mon échelle, j’ai tissé un réseau axé sur l’entraide, le survivalisme, l’auto-suffisance mais ça ne suffisait pas donc les contacts que j’avais encore à Paris m’ont permis de rencontrer des nouvelles personnes.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours lu, beaucoup et j’ai toujours eu envie d’écrire. Il n’y a pas eu vraiment de déclencheur, à part peut-être, le souvenir d’une phrase que mon grand-père m’avait écrit : « Tu ne seras pas un homme complet sans femme, sans enfants et sans avoir écrit un livre. ». Et pour être honnête, j’aime autant les fictions que les ouvrages politiques ou d’histoire,les témoignages et il faut dire que des fictions se déroulant dans un contexte actuel mais écrit par quelqu’un de chez nous, ça ne court pas les rues donc j’ai un peu voulu écrire ce que j’aurais aimé lire.

Quelles difficultés avez-vous rencontré pour vous faire éditer ? 

Gaston Alcide : Je n’ai pas vraiment rencontré de difficultés pour me faire éditer dans la mesure où avant même de commencer à écrire, je savais que le contenu serait assez chaud et qu’aucun éditeur classique, petit ou gros, ne m’éditerait. J’ai donc pris la décision de publier cette histoire sous forme de feuilletons sur Facebook (ce qui m’a valu trois fermetures de comptes) et sur un site dédié. Les retours ayant été assez bons et étant un amoureux du livre papier, j’ai décidé de le sortir en autoédition avec les moyens dont je disposais.

Quelques temps après, j’ai appris qu’un de mes amis avait pour ami, le propriétaire des éditions du Lore. Nous nous sommes rapprochés et après plusieurs discussions, il m’a demandé de lire mon histoire. Reconquête lui a plu et il a décidé de le publier. J’ai eu beaucoup de chance.

Reconquête est un livre de politique-fiction. Vous situez-vous dans la lignée d’un Obertone (Guerilla)pour l’aspect récit-catastrophe, d’un Bret Easton Ellis (American Psycho)pour sa critique de la société ou d’un Orwell (1984) pour son aspect prémonitoire ? 

Gaston Alcide : Pour la petite histoire, Reconquête a été écrit avant que j’apprenne la sortie de Guerilla d’Obertone !  J’ai lu les auteurs que vous citez. Ces trois auteurs ont du talent et j’ai apprécié de les lire. De fait,avec Reconquête, je me sens plus proche d’un Obertone et d’un Ellis que de H.G.Wells.
Je ne crois pas que Reconquête soit une critique de la société, en tout cas pas en profondeur. Mon héros subit, dénonce cette société avec son passif. Je crois en effet que la société que je décris dans mon histoire est potentiellement annonciatrice d’un désastre même si de plus en plus, je me demande si mon point de départ que j’ai voulu le plus plausible possible avait réellement lieu, il y aurait quelque part en France, une ou plusieurs personnes qui agiraient comme mon personnage …

Vos détracteurs bien pensants, qui sont pourtant les rois du « pas d’amalgame » n’hésitent pas à faire l’amalgame entre vous en tant qu’auteur et votre personnage principal en vous reprochant votre manque de distanciation par rapport à ses idées. Assumez-vous de vous identifier à votre personnage ou vous situez-vous dans une optique purement fictionnelle ? 

Gaston Alcide : Selon certains de mes détracteurs, je serais un psychopathe doublé d’un schizophrène complètement déconnecté du réel !
Non, mon personnage n’est pas moi et je ne suis pas lui ! Beaucoup de ce que vit ou fait mon personnage est pure fiction. Maintenant, je mentirais en vous disant qu’il n’y a rien de moi, de mon histoire. Je partage un certains nombre de choses avec lui tant sur le plan des idées, du constat et du vécu.
Je ne parviens pas encore à créer des personnages totalement fictifs, quand j’essaie ils finissent toujours par ressembler à quelqu’un que je connais ou que j’ai connu.

La fin de votre roman montre des « cellules » de résistants s’éveillant face à l’invasion et tout un peuple se levant pour se battre. Croyez-vous vraiment à la possibilité d’une Reconquête alors que le peuple européen est complètement lobotomisé par les médias aux ordres et la société de consommation ? 

Gaston Alcide : Oui j’y crois. Attention, je ne crois pas à un soulèvement populaire. Sauf erreur de ma part, aucune révolution n’est spontanée, elle est toujours le fruit d’un petit nombre. Donc je crois qu’un certain nombre de personnes, forcément restreint, peut non seulement arrêter ce processus de destruction de notre identité (par la surconsommation entre autres) mais inverser la tendance. J’ai conscience que cette position n’est pas partagée pas beaucoup de personnes dans notre milieu mais moi j’y crois en fait non je n’y crois pas, je le sais ! Je sais que les peuples européens, de nos ancêtres à ceux d’aujourd’hui ont en eux des ressources fabuleuses, même si le système s’ingénie jour après jour à les détruire et donc que même si la situation est grave, rien n’est perdu. La reconquête passera par une réappropriation de la culture, une réinformation claire mais il ne faut pas se leurrer, il devra y avoir de la violence, pas forcément une guerre civile et il est illusoire de croire que les tenants du pouvoir nous laisseront les clés comme ça…

Un article de la Fondation Jean Jaurès vous décrit comme un« psychopathe déconnecté de la réalité ». Cela doit vous faire sourire, vous qui êtes proche de la nature et de la vraie vie. Que pourriez-vous répondre à cette accusation? 

Gaston Alcide : En effet, cet article 1 m’a fait sourire, j’ai certes parfois des crises légères de misanthropie mais je ne suis certainement pas un psychopathe. Quant au fait que je sois déconnecté de la réalité, là, j’avoue que j’ai franchement ri ! Le fait de qualifier un adversaire en le faisant passer pour fou permet pour celui qui le fait, de disqualifier d’office tous les arguments de son opposant sans avoir à apporter de justification. L’auteur de cet article, expert auto-proclamé sur le sujet de l’extrême-droite est un universitaire donc je vous laisse imaginer à quel point ce monsieur est lui connecté à la réalité. Je pense pouvoir dire qu’il n’a jamais eu de problèmes pour boucler ses fins de mois, qu’il n’a jamais travaillé pour un SMIC dans des conditions dures, qu’il jamais connu le chômage  …contrairement à mon personnage et à moi !
Je suis dans la réalité jusqu’au cou !
De plus je tiens à préciser qu’il me reproche d’être approximatif sur quelques points précis que j’aborde dans Reconquête alors que lui prouve par ce qu’il écrit qu’il a lu le livre en diagonale, n’y trouvant certainement qu’ une histoire d’odeur nauséabonde et d’heures sombres ! Pour ce genre de personnage, je n’espère qu’une chose :que le réel lui revienne en pleine gueule et après on pourra parler !

Face au déclin de la France et de l’Europe, quel choix de vie avez-vous fait ? 

Gaston Alcide : J’ai fait le choix du ré-enracinement, du clan et de la communauté. J’ai fait le choix de quitter la ville ou plutôt ce conglomérat de villes sans âme, à l’histoire effacée, cet enchaînement de dortoirs alternant avec d’immenses zones commerciales qui ont défiguré le paysage. Un retour à une vie simple. Une reconnexion à la nature, une redécouverte de notre spiritualité ancestrale mais tout ça sans folklore outrancier et creux, ce n’est pas une posture. Nous devons renouer avec des principes et des valeurs que le système vomit et qui ont fait de nous, européens et blancs, des êtres à part. Nous devons juste écouter notre bon sens, sortir de cette consommation putassière autant que possible même si ça peut – et ça l’est- paraître compliqué. J’ai peur que vos lecteurs ne s’imaginent que je suis un ermite vivant dans les bois de chasse et de cueillette, ce n’est absolument pas le cas !

Nous devons redevenir des hommes libres. La politique ne nous sauvera pas. Malheureusement, j’en suis convaincu et ce n’est pas ce qui se passe actuellement en Italie avec Salvini qui me fera changer d’avis et à ceux qui me rétorque : « oui mais regarde à l’est avec Visegrad », je répondrai ce n’est pas la France, le contexte est très différent. J’aimerais vraiment croire que la politique nous permettra de sortir de ce marasme mais non vraiment je suis plus que sceptique et ce n’est pas du défaitisme. Et s’il faut 15 ou 20 ans, au minimum, pour que nous sortions de cette merde par la politique, alors il sera trop tard ; l’immigration massive aura achevé de faire des dommages irréparables. L’immigration a déjà transformé de nombreuses villes, il suffit pour s’en convaincre d’être dans la réalité. Il y a dix ans, la banlieue que j’ai connue était encore majoritairement peuplée de blancs, il y avait certes déjà pas mal d’immigrés mais ils étaient cantonnés dans les cités, aujourd’hui, tous les commerces, je dis bien tous appartiennent à des immigrés et la population blanche a fui, enfin celle qui avait les moyens et/ou le courage. Combien de villes comme ça en France ?

Envisagez-vous une suite à Reconquête ? Quels sont vos projets éditoriaux ?   

Gaston Alcide : C’était prévu puis les Dieux de l’inspiration m’ont guidé vers autre chose et j’ai commencé à écrire une histoire parallèle à Reconquête, qui commencerait avant sa fin et se poursuivrait. Si tout se passe bien, cette fiction devrait sortir vers la fin de l’année 2018, début 2019.

Au mois de septembre devrait sortir aux éditions du Lore une nouvelle, fiction super-héroïque moderne. Contrairement aux idées reçues et à ce que j’ai pu lire encore récemment, les super-héros ne sont pas nés aux USA ! et je parle bien de super-héros dotés de pouvoirs surnaturels et/ou dotés d’un équipement hors normes pour leur époque. Le plus « connu » est le Léo de Saint-Clair alias Nyctalope créé vers 1911 par Jean De la Hire et qui a connu un gros succès commercial puis est tombé dans l’oubli suite à la condamnation de l’auteur pour collaboration.

J’ai plusieurs projets en cours d’écriture, plus ou moins avancés, dont un petit fascicule sur le survivalisme et l’escroquerie que je considère qu’il est. Presque achevé, j’ai deux fictions dans mes tiroirs dont une mettant en scène Lovecraft se déroulant la décennie juste avant la seconde guerre mondiale. La deuxième est une dystopie qui pourrait être une suite de Reconquête mais plus orientée spiritualité païenne.

Je rêve aussi d’écrire une véritable uchronie. Comme vous pouvez le voir, ce n’est pas les projets qui manquent mais le temps. L’écriture est une passion dont je ne vis pas et à côté de ça, je suis engagé dans ma communauté au quotidien et dans d’autres projets et je n’ai pas abandonné une certaine forme de militantisme.

Commander Reconquête.

 

  1. UNE LITTÉRATURE SUR L’IMMINENCE DE LA GUERRE RACIALE : http://bit.ly/2GXzFB2 

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