Greta Thunberg, l’égérie climato-catastrophiste micro-coléoptérisée!

dans Zones occupées

Le monde de la taxonomie, dès l’origine, a associé la dénomination des espèces nouvelles soit aux naturalistes qui les avaient découvertes les premiers, soit à leur origine géographique, soit à des sommités scientifiques du temps passé ou présent.


Rédaction NSP
Claude Timmerman

L’auteur de la description du type original étant toujours rappelé dans la nomenclature latine binominale universelle mise au point par Linné, après le nom de genre et le nom d’espèce au moins par l’initiale de ce naturaliste…
Très vite aussi, au-delà de personnalités proprement scientifiques, l’attribution du nom de personnes du monde historique et politique à des espèces nouvellement décrites fut une façon de les honorer, donnant par là une pérennité à leur souvenir, voire leur conférant une certaine forme d’immortalité scientifique…
Les nomenclatures zoologiques, botaniques (voire mêmes minéralogiques) construites à partir du XVIIeme siècle regorgent d’exemples de ce fait.
Ainsi, en 1807, le danois Tønnes Christian Bruun de Neergaard décrivit une nouvelle variété de feldspathoïde de la famille de la sodalite qu’il baptisa haüyne en hommage à l’illustre minéralogiste français René Just Haüy, l’un des fondateurs de la discipline, qui décrivit des dizaines d’espèces minérales…
Prêtre réfractaire, René Just était aussi le frère de Valentin Haüy, l’apôtre des aveugles…
En botanique, le bégonia à l’origine est le nom donné au XVIIeme siècle à une plante originaire des Antilles par le père Charles Plumier, botaniste français, en hommage à Michel Bégon qui fut gouverneur de Saint-Domingue. Au genre sera ultérieurement adjointe, au fil des identifications de dizains d’espèces nouvelles la famille des Begoniacea où l’on compte aujourd’hui plus de 1400 espèces !
On peut aussi citer les bougainvilliers (le navigateur), les hortensias (La reine Hortense), les dalhias (Anders Dahl, botaniste suédois), etc.
La célèbre « relique jurassique » Welwitschia mirabilis a été baptisée en référence au docteur botaniste Welwitsch.
En zoologie, chacun connaît ainsi – sans être un naturaliste confirmé – et pour ne citer que ces espèces-là, le phoque de Wedel, l’Eider de Steller ou le zèbre de Grévy. Là, certains esprits chagrins diront que le fait d’avoir donné le nom d’un président de la IIIeme république à un zèbre n’est pas très flatteur pour lui. (Pour le zèbre !). Mais c’est un autre débat…
Le mystérieux Aye-aye, petit primate de Madagascar s’est même vu gratifié comme nom de genre de la forme latinisée dérivée du nom de l’illustre Daubenton : Daubentonia. Ce qui permit en outre, vu les particularités de l’animal, de créer la famille des Daubentoniidés dont il semble, à cette date, être le seul représentant…
Le travail et la sagacité de miss Latimer, qui découvrit et permit d’identifier le premier cœlacanthe encore vivant connu, illustrant alors la notion de « fossile vivant » et aussi aujourd’hui de « taxon Lazare » furent ainsi mis à l’honneur.
En 1938 l’ornithologue sud-africaine Marjorie Courtenay-Latimer (1907 – 2004) fut avertie qu’un pêcheur venait de remonter, dans l’estuaire de la Chalumna River, un poisson de type alors apparemment inconnu, qu’elle ne put identifier s’étant rendue sur place… Elle fit naturaliser l’animal et contacta l’ichtyologue londonien James L. Brierley-Smith (1897-1968) à qui elle expédia l’échantillon qu’il identifia comme étant un cœlacanthe, un représentant d’un groupe connu jusqu’alors uniquement à l’état de fossile.
L’espèce est depuis baptisée Latimeria chalumnæ en l’honneur de Marjorie Courtenay-Latimer et des eaux dans lesquelles elle a été retrouvée.
En paléontologie, tant animale que végétale, l’usage des noms propres latinisés dans la nomenclature est chose courante, c’est même quasiment la règle dans la plupart des cas pour le nom d’espèce, même de genre, voire encore plus haut dans la classification.
Tel est le cas des Cordaïtales aujourd’hui totalement disparues: le genre Cordaites (Unger, 1850) a été nommé par Unger en hommage au médecin, botaniste et mycologue tchèque August Carl Joseph Corda.

Un minuscule coléoptère …

Je me souviens d’avoir rencontré le professeur Philippe Taquet – illustre paléontologiste vertébré, découvreur des gisements de dinosaures du Niger au début des années 60, ancien directeur du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris – peu de temps après l’annonce de sa « paternité » : il ne cachait pas sa légitime fierté et son plaisir, venant d’apprendre qu’une nouvelle espèce nigérienne, un charmant petit diplodocoïdé de 15 m de long et d’environ 4 tonnes, portait désormais son nom : Nigersaurus Taqueti.
C’est à ce monde voué à l’immortalité scientifique que Greta Thunberg appartient désormais !
Un minuscule coléoptère de couleur miel, de moins d’un millimètre de long, à antennes supposées « ressemblantes à des nattes blondes », aveugle et sans ailes, a été baptisé, le vendredi 25 octobre, en hommage à la jeune activiste Greta Thunberg : Nelloptodes gretae.
Ce petit coléoptère avait été collecté au Kenya dans des couches de feuilles au sol à Nairobi dans les années 1960, et il traînait depuis dans les collections du musées sans jamais avoir encore été ni décrit ni baptisé. (Un indice de la pagaille – pour ne pas dire de la grande misère – qui règne dans les collections, certaines non encore inventoriées depuis des décennies, des réserves des musées ! Il aura donc fallu près de 60 ans pour qu’un échantillon dûment répertorié soit enfin étudié, décrit comme nouvelle espèce, et nommé !)
L’entomologiste Michael Darby, qui a décrit et classé ce spécimen de coléoptère assez atypique de Ptillidae dans la sous famille des Ptillinae, a expliqué le choix de ce nom : “J’ai choisi ce nom parce que je suis très impressionné par le travail de la jeune militante et je voulais rendre hommage à sa contribution exceptionnelle aux questions environnementales.”
Mais on louera la célérité de Wikipédia : La « fille de Greta », en trois jours, a déjà « sa » page même si elle est quelque peu inconsistante.
De bons esprits feront aussitôt remarquer que cette insignifiante bestiole détritivore, oubliée depuis soixante ans au fond d’une réserve, n’est pas forcément l’étendard le plus glorieux à brandir pour symboliser la lutte pour la sauvegarde environnementale… Cela en impose évidemment moins qu’un dinosaure de 15m…
« Vous ne pouvez pas savoir comme les gens sont méchants… » Fernand Raynaud l’évoquait déjà précisément déjà à l’époque…. où Nelloptodes gretae fut récoltée….

 

 

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