Halte à la fachophobie !

dans Tour d'horizon

Frida Umpapa nous écrit » On ne naît pas facho, on le devient. » Elle décrit sans fard sa lente et douloureuse descente aux enfers de la discrimination.

Frida n’a pas eu à chercher longtemps pour se souvenir de la dernière remarque désagréable qu’elle a subie. La veille encore de notre rencontre, alors qu’elle achetait comme tous les jours son dessert préféré à la boulangerie de son quartier « Deux têtes de nègre et un congolais, s’il vous plaît  , madame la boulangère», « Pour moi, ce sera une meringue choco et un gâteau coco » a persiflé la cliente suivante en la regardant de travers.

Klara Von Kustniz
Klara Von Kustniz

Elle peut citer bien d’autres exemples, le coiffeur qui lui propose de teindre ses nattes blondes et de se faire une coupe afro, les remarques à la librairie-presse lorsqu’elle achète Rivarol ou Présent, les gens qui ne veulent pas s’asseoir à côté d’elle dans le bus car elle porte un blouson Lonsdale …

Un jour qu’elle était à la fac, en cours d’histoire, le professeur l’a stigmatisée en la montrant à ses camarades : « Frida est le parfait exemple de la domination occidentale. » La phrase de trop !

« Les fascistes sont des pestiférés », murmure-t-elle,  en essuyant une larme au bord de ses grands yeux bleus.

« Je n’en pouvais plus d’être toujours maltraitée, explique-t-elle, il fallait que quelqu’un m’entende. Voilà pourquoi j’ai décidé de vous livrer mon témoignage. J’envisage d’ailleurs d’écrire un livre et de faire une enquête fouillée sur le vécu, la perception des fascistes et la discrimination envers eux. Un témoignage brutal, rare, entre les larmes et l’angoisse. »

« En France, plus de dix millions de personnes sont concernées, affirme-t-elle, on ne peut pas continuellement les mettre de côté. Ce sont des gens qui existent et qui souffrent. Il faut les intégrer . »

Ce n’est pourtant pas la tendance actuelle. « Nous vivons dans une société paranoïaque. Devenir fasciste est de plus en plus facile mais on vous oblige à raser les murs. »

Frida aimerait que la Semaine de lutte contre les discriminations soit l’occasion d’évoquer toutes les formes de discrimination, y compris celle dont elle est victime : la fachophobie. Ce terme désigne le fait de discriminer une personne en fonction de ses idées politiques : le fascisme. Elle s’incarne sous plusieurs formes : honte de soi, culpabilité …

Elle peut s’exprimer dans les relations interpersonnelles, insultes, remarques désobligeantes, injonctions à voter Mélenchon de la part de notre entourage ou d’inconnus dans les lieux publics…Il faudrait des débats et des tables rondes pour comprendre l’impact que peuvent avoir de tels comportements discriminatoires.

Frida est décidée à faire bouger les choses.

Le souhait actuel de Frida ? C’est celui de toutes les autres jeunes femmes : trouver l’amour bien sûr malgré son fascisme.

Bonne chance Frida et halte à la fachophobie !

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