Hanoï, l’homme qui récupère les corps des enfants avortés

dans Tour d'horizon
Depuis quelques jours, une photographie traverse les réseaux. L’image est frappante. Un homme d’âge moyen, chauve, accroupi, coiffé d’un masque et de gants, bras tatoués  tient un bébé dans ses mains. Autour de lui, d’ autres corps d’enfants visibles et d’autres, délicatement recouverts de tissus.
 
Rédaction NSP
FRANCESCA RIVERA

Tous ces petits corps sont sur des plateaux plastique, déposés sur un sol de tuiles grisâtres. Derrière l’homme, un fouillis de sacs en plastique noir et rouge. Sur le côté, une cuvette avec une eau un peu trouble. La scène est dantesque. En effet, ce sont des enfants morts. Ce sont de petits êtres humains avortés, volontairement tués avant leur naissance.

 L’homme, à qui un site vietnamien donne le nom fictif de TQ Cuong, est membre d’un groupe bénévole qui, tous les soirs,  se dévoue pour récupérer des poubelles les corps de ces bébés avortés dans les avortoirs d’Hanoi, et d’ enfants morts-nés, abandonnés à la naissance.

Tous les 15 jours, et après les avoir soigneusement lavés au vin de gingembre, l’association organise une cérémonie d’inhumation au cimetière de Doi Coc, dans le quartier de Soc Son, à environ 20 kilomètres de Hanoï. Dans ce cimetière, des milliers de corps ont été inhumés depuis de longues d’années, puisque dans chaque sépulture, jusqu’à 1 000 corps peuvent être placés. Avant d’être mis dans les grandes fosses communes, les bébés sont couverts avec soin, puis mis dans des boîtes cercueils, avec des fleurs.

« Ces enfants étaient censés naître, mais pour une raison quelconque, cela ne s’est pas fait. Cependant, ils ne méritent pas d’être abandonnés » , expliquait Nguyen Van Thao, en 2012, dans une interview  au journal Vietnam News, qui réalisait un reportage sur le cimetière qui commençait à être connu, même des touristes occidentaux.         « Nous essayons de faire tout notre possible pour nous assurer que nos actions aident à soulager la souffrance de ces âmes».

Taux d’avortement très élevé

Le Vietnam est l’une des nations au monde avec le plus haut taux d’avortements et fait office de chef de file en Asie. Un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé, publié en 1999, indiquait, qu’entre 1976 et 1987, le nombre d’avortements dans le pays avait augmenté, passant de 70 000 à plus de 800.000  par an. En 1995, 1,3 million d’êtres humains avaient été avortés.
Ces chiffres se réfèrent exclusivement au système de santé publique. Le nombre d’avortements pratiqués dans le secteur privé est inconnu.
Selon les données officielles de l’hôpital central d’obstétrique d’Hanoi, environ 40% des grossesses se terminent par un avortement, ce qui signifie que toutes les femmes en âge de procréer ont en moyenne 2,5 avortements. L’hôpital de Hanoi a pratiqué à lui seul 29 000 avortements en 2015.

Selon le journal vietnamien Tuoi Tre News qui semble nier la réalité en citant les chiffres officiels du ministre de la Santé, Mai Xuan Phuong, il n’y aurait qu’ entre 250 000 et 300 000 avortements pratiqués dans le pays, chiffre sensiblement identique à celui de la France.

Source : cultureshiftforlife.com

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