Histoire de la monarchie de Juillet par Sébastien Charléty

dans Arts & Lettres & Chansons

Sébastien Charléty est un historien français du siècle dernier (1867-1945). Membre de l’Institut, de l’Académie des sciences morales et politiques, Président de Commission supérieure des Archives nationales, il nous propose avec ce livre une étude magistrale consacrée à la monarchie de Juillet (1830-1848). Celle-ci est préfacée par Arnaud Teyssier, auquel nous devons, entre autres, une très belle biographie dédiée à l’un des plus grands hommes d’Etat français : le cardinal de Richelieu.

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Franck Abed

Dans sa préface remarquable, Teyssier raconte le parcours de Charléty et nous présente dans les grandes lignes l’objet de l’ouvrage. Il revient sur le contexte historique avec lequel Charléty dut composer son oeuvre, pour rappeler la dimension éminemment politique d’une telle publication. Cette dernière, ne l’oublions pas, intervient en 1921 au moment même où la République paraît triomphante et durablement installée, quoique réellement affaiblie par la guerre de 1914-1918. Le régime de Louis-Philippe subissait de nombreuses critiques plus de soixante-dix ans après sa fin. En effet, il symbolisait, à tort ou à raison, le capitalisme triomphant et le pouvoir de l’argent. Cette vision prévaut encore de nos jours.

Louis-Philippe, comme le précisent très bien l’auteur et le préfacier, se trouvait à la tête d’un pays divisé. Il entendait « réconcilier les deux France, celle de l’Ancien Régime et de la Révolution », dans le but de donner naissance « à une société nouvelle, unie, apaisée, dédiée à la liberté et au progrès ». Il demeure important de connaître les motivations des hommes qui participèrent à ce grand projet politique. Teyssier énonce que : « ceux qui ont fait la révolution de 1830 sont d’abord des bourgeois, des intellectuels libéraux, sincèrement attachés aux acquis de 1789, mais nullement désireux de susciter à nouveau les désordres et la violence des années qui ont accompagné et suivi la première chute de la monarchie en 1792 ». La justification de leur action repose sur l’idée suivante : « ils estiment que Charles X et la politique de son dernier ministère ont sorti les Bourbons de la légalité qu’ils avaient eux-mêmes acceptée et définie ». Nous voyons ici la différence essentielle entre institution et constitution, légitimisme et orléanisme …

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