Instrumentalisation biblique à visée écologique ou “Le pacte des catacombes”

dans Tour d'horizon

J’ai pris connaissance, comme beaucoup, de l’apostasie véhiculée par la dernière mascarade vaticane : le « pacte des catacombes ». Un article qui reprend légitimement les données jugées fiables de l’agence Zénit.org qui se définit comme suit : « ZENIT est une agence d’information internationale sans but lucratif, formée d’une équipe de professionnels et de bénévoles convaincus que la sagesse extraordinaire du Souverain Pontife et de l’Eglise catholique peuvent nourrir l’espérance et aider l’humanité à trouver la vérité, la justice et la beauté. Notre objectif est de recueillir et de diffuser les informations avec professionnalisme, avec fidélité et au service de la vérité. » Dont acte !


Rédaction NSP
Claude Timmerman

Un texte qu’on retrouve évoqué dans l’article que La Croix a consacré à cette mascarade…Un texte repris avec délectation par le site catho-gauchiste du CCFD « terre solidaire ».
Tous font référence sans sourciller à cette formule qui clôt le point 2 du pacte : « À cet effet, nous nous engageons pour une écologie intégrale, dans laquelle tout est en interdépendance, le genre humain et la création tout entière, car la totalité des êtres sont fils et filles de la terre et sur eux se meut l’Esprit de Dieu (Gn 1, 2). »
Inutile de dire que cette formulation m’a fait sursauter…
Mais j’ai eu beau chercher, je ne n’ai trouvé aucune réaction face à cette imposture.
Comme quoi ceux qui me reprochent d’avoir souligné les aberrations bibliques ne connaissent pas la teneur réelle des textes (c’est hélas une évidence le plus souvent) ou admettent « le travestissement historique et le contre-sens idéologique 1 » pour peu qu’ils émanent du « Vatican rénové » !
C’est assez consternant, surtout dans le monde supposé de la Tradition, mais les faits sont là : il n’y encore a eu aucune réaction de religieux ou de laïcs face à cette imposture, à ce véritable « bidouillage biblique » !
Car cette formule n’est pas du tout écrite sous cette forme dans la Genèse !
Nous lisons bien ici : « la totalité des êtres sont fils et filles de la terre et sur eux se meut l’Esprit de Dieu » (Gn 1, 2).
Il n’est pourtant pas nécessaire d’être un exégète renommé pour savoir d’abord que si la Genèse traite des débuts (Les juifs d’ailleurs l’appelle « Bereshit » premier mot de la Torah qui veut dire « Au commencement ») les premiers versets du chapitre I traitent de la création du monde au fil des célèbres six premiers jours… et qu’au verset 2, rien n’existe encore : la lumière, le premier élément de la création biblique n’est évoquée qu’au verset 3 qui débute par le fameux « fiat lux » puis viendra le premier jour (Gn I, 5).
Il n’est donc pas question à ce stade des êtres créés !
Les bons esprits me diront qu’il s’agit simplement d’une erreur de verset, une erreur regrettable certes, mais qui ne mériterait absolument pas (en toute charité chrétienne bien sûr) une réaction scandalisée face aux écrits du magistère… Un peu de respect tout de même !
C’est évidemment là que les choses se corsent car un verset évoquant « l’esprit de Dieu » existe effectivement au verset 2, il n’y a pas d’erreur : ce verset a été sciemment déformé dans la rédaction du pacte, ce que nous pouvons prouver !
Il y a donc imposture et manipulation d’autant plus choquantes qu’elle sont forcément volontaires et traduisent une instrumentalisation flagrante de l’Ecriture à des fins idéologiques …
Ce qui explique que les « gardiens du dogme » qui en sont à l’origine n’aient surtout pas levé le lièvre au cas où des lecteurs, peu amateurs de leurs déviances, ne leur demandent des comptes…! 

Que dit en effet le verset Gn I, 2 ? 

« terra autem erat inanis et vacua et tenebrae super faciem abyssi et spiritus Dei ferebatur super aquas » [Vulgate].
Ce que Crampon traduit assez rigoureusement par : « La terre était informe et vide ; les ténèbres couvraient l’abîme, et l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. » [Crampon]
De même la très œcuménique et moderniste Bible de Jérusalem : « Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux. » [Bible de Jérusalem]
Une unanimité qui se retrouve dans le monde protestant : « La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. » [Louis Segond]
La Torah ne dit pas autre chose… «… des ténèbres couvraient la face de l’abîme, et le souffle de Dieu planait sur la face des eaux. » [Tanak à l’usage des juifs francophones – Traduction du grand rabbin Zadog Khan]
La lecture attentive de la suite de la création, de tout le chapitre I, montre d’ailleurs que nulle part – sous quelque forme que ce soit – il n’y a de référence biblique à l’esprit de Dieu « se mouvant » ou « planant » au-dessus des êtres qu’Il a créés (Gn I, 20 à 26)…
Pas même d’ailleurs dans le récit de la création de l’homme (Gn I, 26 à 30) !

Alors pourquoi un tel bidouillage ? 

C’est la première question que les commentateurs (avertis ou non) auraient pourtant dû se poser !
La réponse est limpide !
Il suffit de reprendre le début de la conclusion de ce fameux point 2 : « À cet effet, nous nous engageons pour une écologie intégrale, dans laquelle tout est en interdépendance, le genre humain et la création tout entière… »
Pour justifier de la volonté d’engagement du catholicisme bergoglien dans la voie de l’écologie intégrale, voire de l’antispécisme, quoi de mieux que de se référer à la bible en ces temps d’hystérie vétérotestamentaire ?
Et si la bible ne dit pas ce qu’on veut pouvoir y lire, il suffira de changer la bible! On trouvera sûrement tout un panel de théologiens et de mitrés pour le justifier ensuite…
On a déjà vu cela récemment concernant le procès du Christ …


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  1. Judéo-christianisne « Travestissement historique et contre sens idéologique » – C. Timmerman – Ed Kontre Kulture. 

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