Israël : « On a trouvé le lieu de naissance de saint Pierre » ?

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« On a retrouvé le lieu de naissance de saint Pierre ». Tel est le nouveau cri de guerre des archéologues israéliens… Quand le délire israélien prend les déclarations  de chrétiens du Haut Moyen Age en caution des affabulations de la propagande sioniste archéologique …


 

Rédaction NSP
Claude Timmerman

« Des archéologues israéliens ont assuré vendredi avoir découvert une église dans la région de la Galilée, assurant qu’elle a été érigée sur le lieu de l’ancienne maison des apôtres Pierre et André. Cette église byzantine a été retrouvée à El Araj, entre les lieux bibliques Capharnaüm et Kursi, a annoncé Mordechaï Aviam, qui a dirigé les fouilles archéologiques. Selon M. Aviam, il s’agirait de Bethsaïda, un village de pêcheurs où Pierre et son frère André sont nés, selon l’Evangile de saint Jean. … /… L’église découverte correspond à la description qu’en fait l’archevêque bavarois Willibald, lors de son voyage à Bethsaïda en 725: il avait alors indiqué qu’une église avait été construite sur le lieu où avaient vécu Pierre et André, selon M. Aviam.
« Entre Capharnaüm et Kursi, il n’y a qu’un seul endroit que ce visiteur du VIIIe siècle décrit comme église », souligne M. Aviam. « Et nous avons découvert » cette église. … /…
D’autres sites pourraient être identifiés comme le lieu de naissance de Saint-Pierre. A deux kilomètres d’El Araj, le site d’e-Tell fait ainsi l’objet de fouilles depuis 1987, ce qui a permis de découvrir les ruines d’un ancien temple romain. »

Qu’a-t-on retrouvé en fait ?

Les vestiges d’une église byzantine élevée dans la région où selon la tradition Simon-Pierre aurait vécu un temps avec son frère André. Contrairement à ce que soutient monsieur Mordechaï Aviam, rien n’indique que cette église soit la seule dans ce secteur géographique ! Le fait que ce soit la seule qu’il ait réussi à ce jour à trouver et qu’il n’y en ait eu qu’une décrite par Willibad Eichstatt durant son périple n’implique absolument pas que celle qui a été découverte soit « la bonne » : c’est un sophisme que dénonce toute logique…
Quant aux conclusions de l’article où le conditionnel sert de seule justification aux dires d’Aviam, nous laisserons le lecteur apprécier…
Aviam a découvert les traces archéologiques d’une église byzantine, comme il y en a eu des douzaines d’érigées en Terre Sainte dans les premiers siècles et à proximité de celle-ci a été trouvé un temple romain…
On a donc finalement, à ce stade, rien découvert de neuf ni de déterminant, concernant Saint Pierre !
C’est de la pure propagande comme l’archéologie sioniste politisée en a le secret, où les affirmations gratuites le disputent au conditionnel…
On a ainsi déjà retrouvé récemment :

  • le « Tombeau de Joseph » (Pour Schenke, la tradition de l’enterrement de Joseph à Sichem ne peut être comprise que comme une interprétation historique secondaire, israélite, tissée autour d’un plus ancien sanctuaire cananéen)
  • le « Palais de David » (structure non datée par Eilat Mazar, en fait ancienne structure jébusite 1)

Et on ne parlera des grandes affabulations sur le « Tombeau de David » ; les « Tombeaux des Rois » ou sur le « Temple de Salomon » dont le mur des lamentations (construction finalement reconnue comme post christique) aurait été un vestige… Nous l’avons déjà exposé.
Quelle caution chrétienne est ici abusivement utilisée ?
Les dires supposés d’un moine bénédictin saxon devenu évêque (Willibad d’Eichstatt 700 – 787? ) « rapportés » par l’archéologue de service… Sans aucune justification de terrain!
Willibald, parfois francisé en Guillebaud, est un moine anglo-saxon natif du Wessex, Angleterre.
À l’âge de cinq ans, il est placé comme novice à l’abbaye de Waltham, dans le Hampshire, où il apprend la théologie et le latin. En 720, il se rend en pèlerinage à Rome avec son père (appelé « Richard » dans la tradition hagiographique) et son frère Wynnebald.
En réalité, depuis Rome, y laissant son père et son frère, Willibald va faire un pèlerinage en Terre Sainte et arrivera à Jérusalem durant l’été 724. Il passera plusieurs années à arpenter cette région avant de revenir en Italie pour rejoindre le Mont Cassin où il sera sacristain…
Wynfrid de Wessex, plus connu sous le nom de Boniface de Mayence va à cette époque évangéliser la Saxe et la Bavière sur la demande du pape Grégoire II puis du pape Grégoire III…Il demandera à Wynnebald – dont il est parent – de l’y rejoindre pour évangéliser la Thuringe… Ordonné prêtre par Boniface, Wynnebald fondera l’abbaye de Heidenham en 751 et en sera le premier abbé…
Dans l’intervalle, Willibad a rejoint Boniface, qui va l’ordonner comme son frère. Mais il retrouve aussi sa sœur Walburge qui, devenue religieuse, va remplacer Wynnebald à la tête de l’abbaye d’Heidenham à sa mort en Décembre 761. Une histoire de famille donc !
Willibad, continuant son œuvre d’évangélisation, sera le premier évêque d’Eschstatt et y mourra en 784
C’est l’abbesse Walburge qui va confier à une de ses religieuses Hygeburg, l’hagiographie de ses deux frères…
On ne connaît rien des origines de cette religieuse si ce n’est qu’elle est aussi anglo-saxonne et revendique une certaine parenté avec les trois précédents. Elle se définie comme « humble parente de la fratrie : l’évêque Willibald d’Eichstätt, l’abbé Wynnebald et l’abbesse Walburge ».
Les trois seront d’ailleurs canonisés…
Entre 767 et 778, Hygeburg rédige une hagiographie de Willibald.
Cette Vita sancti Willibaldi (BHL 8931) inclut le récit du pèlerinage de Willibald en Terre sainte, qui s’est déroulé de 723 à 729.
Hygeburg recueille ce récit de la bouche de Willibald lui-même, vraisemblablement à l’occasion du transfert des reliques de Wynnebald (mort en 761), un événement qui prend place en 777 ou 778.
C’est d’ailleurs le premier récit de voyage écrit par un  » saxon anglais ».
Willibald livre à Hygeburg de précieux renseignements sur les itinéraires des pèlerins ou sur l’état des lieux saints à son époque.
La plus ancienne copie connue de l’œuvre de Hygeburg se trouve dans le manuscrit Clm 1086 de la Bayerische Staatsbibliothek, à Munich, composé vers l’an 800.
Chronologiquement, son récit s’inscrit entre ceux d’Arculfe (vers 680) et de Bernard le Sage (vers 870).
En admettant que l’archéologue Mordechaî Aviam ait consulté cette relation – étudiée en 1931 par le célèbre paléographe et médiéviste allemand Bernhard Bischoff – il n’a pas pu y lire que Pierre est né là où il le soutient… car ce n’est pas écrit par Hygeburg qui est une hagiographe connue et toujours respectée!…Ce qui est envisagé par Willibald c’est seulement d’avoir retrouvé le secteur où vivaient les deux frères avant de partir suivre le Christ…En « déduire » que Pierre est né « par-là » est une affirmation totalement gratuite mais qui permet à l’archéologue Aviam, en l’extrapolant, de prendre la relation d’Hygeburg comme caution de ses dires!


 

 

  1. Voir « Judéo-christianisme Travestissement t historique et contresens idéologique » T I – p.143/ 144 – Ed. Kontre Kulture.

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