Jérusalem « capitale éternelle » d’Israël ? Enfin !

dans Réflexions & Histoire

Ce qu’il ne faut évidemment pas confondre avec la négation d’une présence juive à Jérusalem, tant à l’époque du Royaume de Juda, qu’à celle de la province perse de Yeoud Medinata, ou du royaume colonial grec et hasmonéen puis romain et hérodien et enfin qu’à celle de la province romaine hadrienne de Syro-Palestine…

Ce contexte ne doit pas non plus occulter le rayonnement religieux indiscutable du fameux « second temple » durant les cinq derniers siècles av. JC et la position évidente de Jérusalem comme capitale religieuse du judaïsme jusqu’à la destruction dudit temple.
Cette présence juive – qu’il ne faut pas associer à une quelconque indépendance politique et territoriale répétons-le – est patente, jusqu’au bannissement des juifs de la ville par l’empereur Hadrien après la défaite finale de Bar-Kokhba à Bétar (+ 135) …
Depuis cette période la présence juive dans la région n’excédera pas quelques dizaines de milliers de personnes jusqu’au fameux « mouvement du retour » initié par Hertzl et le sionisme naissant… donc au milieu du XIXème siècle !

Au point que lorsque des financiers juifs russes sionistes voulurent acheter des terres à Jérusalem pour y construire des « quartiers juifs » ils durent les installer hors les murs de la ville historique, tel l’emblématique Mea Sharim, qualifié aujourd’hui de « plus ancien quartier juif historique », mais qui ne date que de 1875 !
A tout prendre, la seule époque durant laquelle il a existé une entité politique indépendante recouvrant l’ensemble du royaume fantasmé de Salomon, et même au-delà, est celle du Royaume Latin de Jérusalem qui dura près de deux siècles et qui eut bien sûrJérusalem pour capitale…

Mais il ne s’appelait pas Israël, et – oh horreur !- c’était un royaume chrétien : celui des croisés !
Aujourd’hui c’est donc enfin chose faite : un état appelé Israël, formé d’immigrés, a enfin Jérusalem pour capitale reconnue sur le plan international par certains pays!

Cela ne va pas sans heurts violents avec les populations locales dépossédées de leurs terres, sans parler des deux millions de palestiniens chassés depuis la création de l’état d’Israël sans droit au retour, ce qui représente beaucoup de monde pour une « terre sans hommes » qui aurait attendu ces « hommes sans terre ».
Le « droit au retour » est limité, comme toujours, à ceux qui n’en sont jamais « partis » car tant eux-mêmes que leurs parents ou leurs grands-parents sont nés ailleurs et n’ont aucune attache avec cette terre…

Une tradition depuis le retour d’exil de Babylone : il y avait déjà très peu de chance pour que ceux qui étaient « rentrés » en Judée avec Esdras( – 450) aient été ceux qui en étaient partis ( – 580) près de cent cinquante ans plus tôt !
Aujourd’hui plus de cinquante palestiniens sont morts dans des manifestations de refus!

Le prix de la provocation de Donald Trump !…

Nous en sommes tous responsables : c’est le fruit de la lâcheté de chacun, de la pusillanimité de nos gouvernants, de l’immobilisme des instances internationales, comme du mépris et de l’abandon des populations locales.
Demain ce ne seront plus uniquement les Palestiniens, mais aussi nos Lieux Saints, chrétiens ou musulmans, et les clergés qui s’y rattachent, qui seront les cibles des Israéliens…
Personne ne bougera ?
Peut-être alors l’Occident devenu ex-chrétien commencera-t-il à comprendre !

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