José Castano :  « Jupiter » a méprisé, non seulement les Français d’Algérie, mais aussi la France »

dans Entretiens/Réflexions & Histoire

Depuis les années 80, José Castano fait revivre la mémoire de la tragédie de l’Algérie française et  dénonce le péril que représente la montée de l’intégrisme islamique. Il réagit à la décision du Président Emmanuel Macron de reconnaître la responsabilité de l’armée dans la mort de Maurice Audin, un mathématicien militant communiste favorable à  l’indépendance de l’Algérie.

Rédaction NSP
Par Clotaire Mercastel de La Rue

Le Président Emmanuel Macron a reconnu  la responsabilité de l’Etat dans la mort de Maurice Audin, torturé par l’armée française en 1957. Que vous inspire cette décision ?

José Castano : Il n’y a qu’un mot pour définir cet acte odieux indigne d’un Chef d’état Français : INFAMIE ! Ce jeune freluquet s’approprie –en la revisionnant- l’Histoire de l’Algérie française dans le but essentiel de s’assurer les voix des « franco-algériens » à la veille des élections européennes… tout en se gardant bien, de dénoncer ces milliers de massacres d’innocents européens et musulmans fidèles à la France qui ont jalonné huit années de terrorisme aveugle et lâche. Par cette indécente sélectivité méprisable, « Jupiter » a méprisé, non seulement les Français d’Algérie, mais aussi la France, son peuple, son Histoire, son honneur ainsi que la mémoire et le sacrifice de ses soldats. 1

L’historien Benjamin Stora, par ailleurs, Président du Musée national de l’histoire de l’immigration,  s’est réjoui du geste du Président de la République dans une tribune parue dans le journal Le Monde, tout en estimant qu’il fallait « Aller vers plus de vérités ». Ne pensez-vous pas qu’aller vers plus de vérités impliquerait un travail sur le rôle joué par le parti communiste contre l’armée française et la communauté pied-noir en Algérie ?

JC : Cet historien de bas étage courtisé par les chefs d’état français et adulé par le FLN en Algérie est le digne représentant de l’anticolonialisme primaire… Depuis un demi siècle il n’a de cesse de dénigrer l’histoire du pays qui l’a vu naître, de son passé, du sacrifice de ceux qui l’ont construit et de celui de ces milliers de soldats, morts sur cette terre hostile.

STORA est donc coutumier du fait … Il se délecte dans ce type d’auto-flagellation jouissive qui est son fonds de commerce et lui permet de véhiculer –grâce à son aura médiatique- la propagande anticoloniale et pro FLN du parti communiste. Qu’il n’oublie pas cette mise en garde de Henri de Montherlant : « Qui a ouvert l’égout périra par l’égout ». C’est par l’égout que périra STORA !

Ce qui est effarant dans tout cela, c’est que la République ne reconnaît toujours pas sa responsabilité dans les massacres du 5 juillet 1962 … Peu d’historiens s’en offusquent…

JC : Concernant ce massacre dont on ne connaîtra jamais le nombre exact de victimes, aucun historien digne de ce nom ne s’est penché sur ce pogrom anti-européen qui demeurera une tâche indélébile sur le drapeau tricolore. Pourtant, nombreux furent les écrivains -parmi eux des officiers de grande valeur- qui ont relaté par le menu le coup de folie sanguinaire de la populace algérienne oranaise assoiffée de sang… Les témoignages –émanant même des Arabes- sont nombreux mais n’ont pas infléchi pour autant nos historiens avides de « sensationnel ». Si ce pogrom avait été causé par les Européens, nul doute que la presse internationale s’en serait saisie et que les manuels d’Histoire en auraient fait leurs choux gras …

Vous avez vécu cette période douloureuse. Vous avez dû fuir l’Algérie à l’adolescence, votre père militaire insurgé a été incarcéré. Comment  fait-on face à cela ?

JC :  On en demeure marqué à vie… A 15 ans et six mois, débarquer seul dans un pays hostile (la France), connaître les sarcasmes, la discrimination, l’hostilité et le rejet…  Voir sa mère s’échiner, chaque jour, dans des tâches épuisantes dans le but de subvenir aux besoins de sa famille et d’assurer la scolarité de ses enfants… Savoir son père, ancien soldat de l’Armée d’Afrique, moisir en prison pour avoir voulu conserver l’Algérie à la France, c’est beaucoup pour un adolescent marqué par la guerre civile et le terrorisme. Aujourd’hui, je vis toujours avec ces démons…

Vous avez effectué une belle carrière militaire et rendu hommage au travers de plusieurs ouvrages aux Français d’Algérie et à l’armée bafouée par l’historiographie républicaine officielle. Aujourd’hui, vous menez un combat plus politique en dénonçant notamment le danger de l’islamisme. Pourquoi cet engagement ? 

JC : J’ai connu, effectivement, une belle « tranche de vie » dans l’armée active … Elle m’a permis de « me relancer » dans un milieu plus clément qui regroupait encore, en 1966, de nombreux officiers pro Algérie française. J’ai inhibé ma souffrance, ma rancœur et ma colère. J’ai saisi la chance que l’armée m’offrait et lui en sais gré.

Durant de nombreuses années j’ai mené un combat politique auprès de Jean-Marie LE PEN. Ancien défenseur de l’Algérie française, je ne pouvais que le suivre… Jean-Marie ayant quitté la scène politique, je m’en suis également écarté et ne saurais y revenir… Mon indépendance, mon libre arbitre et ma liberté d’opinion sont, aujourd’hui, mes principaux atouts face aux procès d’intentions perpétuels qui me sont intentés…

Mon combat ne désarme pas et ne souffre d’aucune contestation ni de complaisance dans ma lutte contre l’intégrisme et le fanatisme islamiste. J’ai connu celui-ci en Algérie et pris la pleine mesure de l’étendue de ses nuisances, ses risques et ses périls… J’ai rédigé un nombre important d’articles en ce sens, donné des dizaines de conférences et il me semble que je prêche toujours dans le désert… Quand donc les Français réagiront-ils ? Combien faudra-t-il encore de morts avant qu’ils prennent la mesure de ce phénomène qui finira inexorablement par gangréner notre pays si nous ne réagissons pas avec fermeté ?…

Quelle sera selon vous la réaction de la communauté pied noir face à ce nouveau camouflet 

JC : La réaction de mes compatriotes est vive… Depuis que « Jupiter » s’est prononcé de la sorte, les réactions affluent sur le net. La colère gronde, les insultes de « là-bas » fusent et l’écœurement est profond. Ils se retrouvent confrontés à une situation analogue à celle vécue lors de notre arrivée en France avec son lot de discrimination et de rejet. Connaîtront-ils, enfin, un jour, avant que les yeux ne se ferment, la reconnaissance de la Nation envers leur histoire et le sacrifice de leurs aînés ?…

Le site de José Castano.

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  1. Concernant l’affaire Audin, aucun média n’a rappelé le nom des décideurs responsables politiques de l’époque : François Mitterand était ministre de l’Intérieur du gouvernement Mendès France, de 1954 à 1955 (lorsque certains assassins de FLN furent guillotinés) ; puis ministre d’État de la Justice dans le gouvernement de Guy Mollet (socialiste) jusqu’en juin 1957.
    Lors de l’arrestation d’Audin en juin 1957, le Pdt du Conseil était Bouges-Manaury, radical de Gauche, le Ministre des Armées était Morice, radical de G, le ministre de l’intérieur était Gilbert-Jules, radical de G et le Ministre de l’Algérie était Lacoste, Parti socialiste.

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