La Loi secret des affaires, un danger mortel pour nos libertés

dans Résister

La dictature implacable des banques et des multinationales

L’avancée graduelle d’un pouvoir dictatorial des multinationales et des banques s’inscrit dans la continuité des débats cachés aux yeux du bon peuple et n’est pas sans rappeler les échanges discrets menés pendant des années par certains de nos politiciens en vue de la conclusion d’un traité transatlantique, le fameux TAFTA. Selon le texte, le secret des affaires devient la règle et les libertés des exceptions car comment définir indubitablement un « secret d’affaires » si l’on tient compte de la propension des entreprises à qualifier de confidentiel la plupart des documents qu’elle émet, notamment en interne ? Ces excès de confidentialité ouvrent la voie à une multitude de procédures au prétexte d’une divulgation et d’une diffusion prétendument néfastes à l’entreprise. Le texte envisage, certes, un certain nombre de dérogations mais bien trop imprécises pour garantir le simple maintien des libertés fondamentales de communiquer et d’informer.

Une telle loi interdira ou rendra périlleuses des révélations telles que celles ayant mis à jour les scandales et affaires du Mediator, du bisphénol A, des Panama Papers, de l’affaire Lux Leads, des vaccins abusifs et potentiellement dangereux, des méthodes de telle ou telle banque, de l’industrie pétrolière, chimique, du traficotage des données relatives à la pollution des moteurs de tel constructeur allemand. Quel intrépide journaliste, lanceur d’alerte ou modeste salarié s’en ira affronter, sabre au clair, et dénoncer publiquement les pratiques fiscales d’entreprises fautives, les dangers pour la santé, l’environnement et les consommateurs de leurs productions tout en sachant qu’ils s’exposent à la ruine financière, au chômage et à l’exclusion sociale ? Des procédures longues et coûteuses auront tôt fait de les marginaliser dans un combat par trop inégal, version moderne revisitée de la lutte de David contre Goliath.

Il deviendra vite impossible de mettre en cause telle ou telle production de Monsanto et consorts dans le développement suspect d’une pathologie oncologique dont la fréquence et la dispersion imposent sinon une corrélation évidente, tout au moins une hypothèse plausible de travail et d’analyse. Il en ira de même pour les dangers mortels que font courir à la pollinisation, l’inquiétant empoisonnement massif des abeilles. Pointer du doigt tel ou tel pesticide, vraisemblablement responsable de ce drame écologique exposera le hardi militant écologiste, sommé mais incapable d’apporter les preuves scientifiques de ses assertions, à la merci des tribunaux et d’amendes dissuasives et il ne se trouvera donc plus guère de volontaires à l’avenir pour oser une contre-expertise indépendante sur un produit chimique même hautement suspect. Les poursuites judiciaires civiles et pénales, saisies de documentation, perquisitions et gardes à vue qui s’ensuivraient sonneraient le glas d’une carrière, d’une vie sociale et même familiale quand on connait les conséquences d’un harcèlement judiciaire sur l’entourage de la victime.

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