L’Agence France Presse ? Aux ordres depuis toujours !

dans La voix de son maître

L’Agence France-Presse (AFP) est une agence d’information mondiale fournissant une couverture rapide, vérifiée et complète en vidéo, texte, photo, multimédia et infographie des événements qui font l’actualité internationale. Des guerres et conflits à la politique, à l’économie, au sport, au spectacle jusqu’aux grands développements en matière de santé, de sciences ou de technologie.

Rédaction NSP
Clodovéa Malle

L’AFP a même le titre ronflant de « média de vérification », au même titre que nos «cons-frères» du Decodex (Le Monde) et participe au projet INVID (In Video Veritas) chargé d’expliquer ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas aux pauvres naïfs devant leur écran et au projet ASRAEL (Acquisition de Schémas pour la Reconnaissance et l’Annotation Liés) 1, un outil  destiné aux journalistes pour extraire rapidement et de façon fiable et « vérifiée » un événement parmi la masse de données disponibles sur le Net. Ces deux outils sont portés par le Médialab de l’AFP qui invente pour  le naïf devant son écran et le journaliste aguerri l’accès  à  la Vérité, toute la Vérité, rien que la Vérité.

Qui dirige l’AFP ?

L’agence France Presse est depuis avril 2018 dirigée par Fabrice Fries, magistrat à la Cour des Comptes et ex-président de Publicis Consultants, agence de publicité fondée par Marcel Bleustein et Edward-Michael Behrens, fondé de pouvoir de banque, lié à la Banque Rothschild de Londres, distributrice du budget de publicité des plus grandes firmes commerciales et industrielles. De la publicité à la presse, il n’y a qu’un pas que d’autres ont franchi avant lui comme le fit un des administrateurs de Publicis : Lazare Rachline, dit Lucien Bachet, membre de la loge L’Abbé Grégoire (Grande Loge De France) et aussi administrateur de l’Express.
Il faudrait vraiment avoir l’esprit mal tourné pour y voir un conflit d’intérêt et un danger pour l’indépendance de la presse. Ce cher homme fut nommé à la Libération commissaire de la République et participa à la création de diverses sociétés de presse (Point de vue, OK, etc).2

Moralité, on peut faire de la politique, être un grand industriel, être franc-maçon, diriger une agence de publicité et une agence de presse et rester totalement impartial. Ne doutons pas que Fabrice Fries suivra cet illustre exemple.

Comment est née l’AFP ?

Au commencement était l’agence Havas, la plus ancienne agence française de presse et de publicité , fondée en 1835 par Charles Avas dit Havas, un Rouennais issu d’une famille portugaise de confession israélite , réfugiée en France et convertie au catholicisme au XVIIIème siècle.3

Charles Havas fonde un bureau de traduction: anglais, allemand, espagnol, italien et portugais. Il transforme son agence de traduction en agence de presse en 1840 et établit un service de dépêches par pigeons voyageurs entre Paris, Londres et Bruxelles.
Balzac en fait d’ailleurs la description dans La Vie parisienne :«  S’il y a vingt journaux et que la moyenne de leur abonnement est de 200 francs par mois, M. Havas reçoit d’eux 4000 francs par mois . Il en reçoit 6000 du Ministère…Comprenez-vous maintenant la pauvre uniformité des nouvelles étrangères dans tous les journaux ? »

L’AFP touche actuellement 105 millions d’euros de l’état. Depuis Balzac, rien n’a changé.

Malgré l’habileté de son adjoint Israel-Josaphat Beer, fondateur de l’agence Reuters sous le nom de Julius Reuter 4 et malgré l’appui du Ministère, les affaires vont mal et il faudra l’invention du télégraphe pour qu’elles se redressent. De même, l’AFP  peut remercier l’inventeur d’internet.

En 1879, l’agence Havas se transforme ensociété anonyme avec l’appui financier du baron d’Erlanger et prend après la première guerre mondiale des intérêts dans la plupart des agences de publicité qui, sous des noms divers, deviennent ses filiales.

Pendant l’occupation, l’agence de presse Havas devint en 1940 un organisme officiel au service de l’Etat Français et devint l’Office Français d’Information, l’O.F.I. dont le siège était à Vichy. Les gouvernements changent mais les affaires sont les affaires.

Les locaux de Paris de l’Agence Havas furent occupés par un capitaine allemand, ancien représentant à Paris de la D.N.B. (Deutsche Nachrichten Büro), agence de presse allemande créée en 1934 sous le contrôle des nazis, et émanation de la Propaganda Staffel.

Ainsi naquit l’Agence Française d’Information de Presse, instrument de la D.N.B. Et de la Propaganda Staffel. Tout article était examiné par la censure et les journalistes devaient participer régulièrement à des conférences où ils étaient soumis à un endoctrinement. C’est ainsi que la presse parisienne sera surnommée Gestapresse. 5

L’apprentissage de la détection des Fake news avant l’heure ?

Et à la Libération, les premiers journaux « libres » paraîtront …

Après la guerre, l’AFP connaîtra quelques difficultés face à la concurrence de l’ex-camarade Julius et de son agence Reuters, implantée sur le marché américain et qui s’est fortement enrichie dans le domaine du partage d’informations entre banques, d’autant plus que la part des abonnements d’organismes publics est passée de 55 à 40 % de 1968 à 2011.

Notons cependant, que sur 18 membres du Conseil d’Administration de l’AFP, cinq sont des membres du gouvernement et que le financement par l’état s’établit en deux parts : les abonnements d’organismes publics et les compensations financières au titre des missions d’intérêt général, soient en 2017 132,47 millions d’euros venus de la poche du contribuable qui est fort reconnaissant à l’AFP de lui fournir des informations toujours « vérifiées ».

Notons également que l’Agence France Presse a vu ses subventions augmenter jusqu’en 2018 avec une plus-value de 1,4 % et ce, chaque année depuis 2015.

De quoi assurer au contribuable naïf et à la Macronpresse la Vérité, toute la Vérité, rien que la Vérité.

 

  1. Asrael, nom donné à l’ange de la mort dans la tradition hébraïque.
  2. Dictionnaire de la politique française, 1972, Henry Coston, La Librairie Française. 
  3. Dictionnaire de la politique française, 1972, Henry Coston, La Librairie Française. 
  4. Dictionnaire de la politique française, 1972, Henry Coston, La Librairie Française. 
  5. Dictionnaire de l’épuration des gens de lettres, Jacques Boncompain, Editions Honoré Champion, 2016.

Derniers articles La voix de son maître

Haut De Page