L’autorité palestinienne a restauré la Basilique de la Nativité à Bethleem

dans Réflexions & Histoire

« Les Byzantins ont reconstruit l’édifice au VIeme siècle, puis les Croisés l’ont enrichi. Faute d’accord entre les trois églises – catholique, grecque orthodoxe et arménienne – gérant l’édifice, le bâtiment n’avait pas été restauré depuis le milieu du XIXe siècle. «Quand les travaux ont débuté en 2013, la basilique était en danger», se souvient Afif Tweme, consultant pour le comité présidentiel palestinien pour la restauration de l’église. Selon lui, l’Autorité palestinienne a impulsé le début des travaux et reste le plus gros contributeur financier. L’église, lieu de pèlerinage et destination touristique majeure, est restée ouverte pendant tous les travaux…


Rédaction NSP
Claude Timmerman

C’est là qu’il n’est pas inutile de revenir à l’origine de l’affaire. Jusque-là simple observatrice, la Palestine est devenue le 195e membre de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). L’annonce en avait été officialisée lundi 31 octobre 2011, ce qui avait déclenché la fureur des états sionistes. Les Etats-Unis, ont alors suspendu leurs subventions à l’Unesco, s’apprêtant à verser 60 millions de dollars à l’organisation onusienne en novembre (leur contribution représente 22 % du budget de l’ONU…) Car cette adhésion constituait une nouvelle avancée vers sa reconnaissance de la Palestine en tant qu’Etat, statut revendiqué auprès de l’ONU.

La Palestine avait alors réalisé un coup médiatique politique et culturel exceptionnel : la demande à travers une procédure d’urgence d’inscription de la Basilique de la Nativité au patrimoine mondial de l’Unesco. L’inscription en urgence de ce premier site palestinien à l’Unesco a été débattue et acceptée lors de la session annuelle du Comité du Patrimoine mondial tenue à Saint Pétersbourg en juin 2012… Une inscription qui avait déclenché un flot d’imprécations de l’état israélien, furieux de voir que la communauté internationale estimait ainsi que l’état de la basilique imposait des restaurations immédiates qu’Israël s’était bien gardé d’entreprendre…

Pourtant malgré le délabrement certain de la structure, et la certitude que des restaurations d’ampleur allaient être engagées, cela n’avait pas empêché la Custode de Terre Sainte de condamner cette inscription et de faire chorus avec l’Etat d’Israël, arguant – entre autres – de ce que le statu quo gérant les Lieux Saints ne serait pas respectéPour Israël c’était évidemment un démenti formel à la fable, toujours contredite par sa politique, mais éternellement ressassée par Netanyahu de :« Israël rempart de la chrétienté ».
Difficile à comprendre aussi quand l’appel à la sauvegarde des Lieux Saints par le patriarcat grec de Jérusalem a été qualifié de « haine du juif » (sic!) par les médias de la communauté, tant en Israël que dans la diaspora… notamment  le très sérieux média français « Le Monde Juif ».

La restauration est donc achevée 

Aujourd’hui donc, cette considérable tranche travaux, dont le nettoyage et la restauration des fresques, essentiellement financée par l’Autorité Palestinienne, est achevée, malgré Israël et l’inertie de la Custode de Terre Sainte… Durant 15 mois, 125 m² des mosaïques originales, dessinées à l’époque des Croisades entre 1154 et 1169, ont été minutieusement nettoyées et ont pu être réparées. Cette restauration, dont le financement est majoritairement d’origine palestinienne, s’est achevée pour la basilique de la Nativité à la veille de Noël : tout un symbole ! Désormais, quelle reconnaissance officielle des chrétiens de Palestine et de l’action de l’Autorité palestinienne, pour les deux millions de visiteurs attendus chaque année !…
Quel désaveu aussi face aux insinuations et aux ragots divers qui laissent entendre que les financements internationaux dont bénéficie la Palestine servent à financer le terrorisme, ou sont détournés dans le cadre d’une corruption politique généralisée…
Ce n’est, espérons-le, qu’un premier pas vers un programme suivi de restaurations des Lieux Saints, partout où l’urgence s’en fera effectivement sentir, indépendamment de l’avis – trop souvent dilatoire – des experts israéliens…

 

 

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