Le Canada rejoint le monde civilisé en votant contre Israël à l’ONU !

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Coup de tonnerre au Sionistan : le Canada qui depuis des décennies dispute âprement aux USA le rôle de leader dans la servilité vis-à-vis d’Israël vient enfin de rejoindre le camp de la respectabilité en votant à l’ONU une résolution appuyant le droit des Palestiniens à l’autodétermination. Un vote historique !


Rédaction NSP
Claude Timmerman

C’est radio Canada qui l’annonce : « Depuis l’arrivée de Stephen Harper au pouvoir en 2006, le Canada a refusé d’appuyer sensiblement la même résolution 14 fois consécutives. Le vote du Canada survient le lendemain de la déclaration du secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, affirmant que les colonies israéliennes en Cisjordanie n’étaient pas contraires au droit international. Israël, les États-Unis et cinq nations du Pacifique, qui dépendent fortement de l’aide américaine, dont les îles Marshall, Nauru et les États fédérés de Micronésie, ont voté contre la résolution présentée mardi. »
« Le responsable a ajouté que le vote reflétait les principes fondamentaux du Canada sur le conflit israélo-palestinien, qui comprenait l’adoption d’une solution prévoyant la création de deux États avec des frontières viables pour les deux peuples. Le texte de la résolution souligne l’urgence de mettre fin sans délai à l’occupation israélienne qui a commencé en 1967 et appelle tous les États à continuer à soutenir et à aider le peuple palestinien à réaliser rapidement son droit à l’autodétermination. »
Autrement dit le monde est désormais unanime –  en dehors des seuls Israéliens – pour refuser l’idée d’admettre que les colonies implantées par les envahisseurs ne sont pas contraires au droit international …
Cela étant, on n’en est pas encore à l’envoi de casques bleus pour libérer Jérusalem et pour rejeter les immigrants sionistes en deçà des frontières officielles approuvées de leur état… Mais déjà c’est un début …
Le Times of Israël, rappelant la volonté du Canada de parvenir à obtenir un siège pour un mandat de deux ans au Conseil de Sécurité, a commenté ce fait en ces termes :  « Parrainée par la Corée du nord, l’Egypte, le Nicaragua, le Zimbabwe et la Palestine, la résolution A/C.3/74/L.58 reconnaît également le droit des Palestiniens à obtenir un Etat indépendant et demande à la communauté internationale de « soutenir et aider les Palestiniens dans la réalisation précoce de leur droit à l’auto-détermination ».
« Seuls Israël, les Etats-Unis, Nauru, la Micronésie et les îles Marshall ont voté contre la résolution. Neuf pays, parmi lesquels l’Australie, le Guatemala et le Rwanda se sont abstenus. »
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« Le Canada est engagé en faveur d’une paix authentique, juste et durable au Moyen-Orient, avec notamment la création d’un Etat palestinien vivant côte à côte, dans la paix et la sécurité, avec Israël », a indiqué Krystyna Dodds, porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Canada, au Times of Israel lorsque nous lui avons demandé la raison de ce changement soudain de vote.
« Conformément à la position adoptée depuis longtemps par le Canada, il est important aujourd’hui de répéter notre engagement en faveur d’une solution à deux Etats, de l’égalité des droits et du droit à l’autodétermination pour toutes les populations », a-t-elle ajouté. « A une époque où elle se trouve de plus en plus menacée, il est important pour le Canada de réaffirmer son attachement ferme à la solution à deux Etats ».
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« Les diplomates canadiens veulent se joindre à leurs collègues européens qui, d’habitude, soutiennent les résolutions critiques à l’encontre de l’Etat juif, ajoute-t-il.
« De plus – et c’est important – ce même establishment veut remporter un siège au Conseil de sécurité de l’ONU et il est clair que ce prix sera gagné en séduisant les nations arabes et musulmanes par des votes anti-israéliens », continue-t-il.
Le Canada espère être élu par l’Assemblée générale pour un mandat de deux ans, qui commencera en 2021. Le Centre pour Israël et les Affaires juives – CIJA – a accusé Trudeau de rejoindre « le chœur anti-israélien au sein des Nations unies ».
Décidément le jusqu’au boutisme hyper sioniste de Trump, et de la clique évangélique qui l’entoure, semble avoir un effet contre-productif  car cette annonce de Mike Pompéo, finalement mal accueillie, a fait l’effet d’un détonateur :
–  Aux USA,
– Dans les milieux juifs déjà souvent violemment anti israéliens paradoxalement  – où Bloomberg ex maire de New York venait d’investir 100 millions de dollars dans une campagne de publicité ciblée pour attaquer Trump dans les états-clés : 
« Ces publicités en ligne, qui ne présentent pas Michael Bloomberg mais se concentrent sur la critique de Donald Trump, ciblent les Etats de l’Arizona, du Michigan, de Pennsylvanie et du Wisconsin – quatre Etats-clés qui pourraient voter aussi bien démocrate que républicain en 2020, et donc capitaux pour remporter la présidentielle. » « Un sondage Ipsos pour l’agence Reuters publié vendredi, incluant pour la première fois M. Bloomberg parmi les candidats, le créditait de 3% des intentions de vote, loin derrière l’ex-vice président Joe Biden et Bernie Sanders (19% chacun), Elizabeth Warren (13%) et le jeune maire de l’Indiana Pete Buttigieg (6%). » ,
– En Israël, le procureur Mandelbilt, en pleine crise politique, s’est décidé à mettre Netanyahu en examen pour trois chefs d’inculpation peu reluisants pour un chef d’état (même israélien) : trafic d’influence, corruption et pots de vin.
Aujourd’hui, le tout est de savoir si Netanyahu – qui reste, rappelons-le, minoritaire dans le pays après les deux dernières élections – va enfin comprendre que les blocages politiques, qu’il crée par pur calcul d’arrivisme personnel à fin de se maintenir au pouvoir, ne le serviront plus et s’il va admettre de se retirer du jeu pour laisser des leaders politiques responsables prendre en main les destinées du pays afin de rendre enfin la politique intérieure en adéquation avec les souhaits de ses habitants, et la politique extérieure conforme au droit international.
Mais Nétanyahu défie le droit et entend se maintenir contre l’intérêt même du pays, ce que certains observateurs ne manquent pas dénoncer.
De ce point de vue, ce vote du Canada, pourtant allié historique sans faille, doit être compris par Israël comme un coup de semonce.
Mais face aux appétits personnels de ses politiciens, le pays a-t-il assez de maturité politique pour cela ?

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