Le chant du bouc par Christophe Lavigne

dans Arts & Lettres & Chansons

Loin de toute pédanterie, loin de toute vaine intellectualisation, Christophe Lavigne livre ici au lecteur un essai sur sa vision du monde occidental.


Klara Von Kustniz
Klara Von Kustniz

« La catastrophe s’est déjà produite », le monde occidental que nous connaissons, telle la maison Usher d’Edgar Poe, est en passe de s’engloutir dans les marécages du cosmopolitisme, du métissage, de l’abêtissement de masse.
La responsabilité en incombe, selon l’auteur, à l’oubli de ce qui faisait l’essence de la vision européenne du monde, à savoir les trois volets de la tragédie : l’inégalité, la violence et la mort. Le monde moderne se veut égalitariste, bien pensant et jouisseur : tous égaux dans la pensée unique et dans l’abrutissement pour fuir la fin inéluctable.
Or l’homme européen est avant tout un personnage de tragédie. Il affronte le monde, il affronte son destin et il affronte les dieux jusqu’à la mort. Lorsque le héros grec succombe au Fatum, il succombe avec panache, dans une danse dionysiaque qui le conduira à l’immortalité.
Il ne tient qu’à nous de retrouver le « chant du bouc », étymologiquement la tragédie et de redevenir les Achille que nous n’aurions jamais dû cesser d’être.
Etre européen, c’est danser et chanter avec Dionysos, c’est défier les dieux, c’est être vivant, tout simplement parce que nous connaissons la mort .
Ce livre est un manuel, non pas de survie, mais de vie qui nous invite à ne faire qu’un avec le tragique et à suivre le dieu au pied fourchu sur les chemins de traverse du renouveau européen.


Le chant du bouc, Christophe Lavigne, 116 pages, éditions la reine Grenouille. 12 euros.

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