Le crash annoncé des compagnies aériennes

dans Tour d'horizon

Les indicateurs économiques disponibles confirment l’éventualité d’une crise économique qui promet d’être la plus violente depuis la dernière guerre et certainement la plus durable. Avec un trafic divisé par dix en Europe, au moins par deux au Moyen-Orient et en Afrique et en berne aux Etats-Unis, le secteur du transport aérien n’échappe évidemment pas à la catastrophe et se prépare à de lourdes restructurations et à une série de faillites retentissantes.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

La compagnie FlyBe et quatre des filiales du groupe Norwegian ont déjà jeté l’éponge, précurseurs d’une cascade de défaillances d’entreprises. Jamais depuis l’attentat du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center, les compagnies aériennes n’avaient connu pareille désaffection. L’impact du confinement ayant brusquement fait passer nos contemporains de l’hypermobilité à l’immobilisme le plus absolu, quantité de réunions professionnelles naguère jugées indispensables se mènent aujourd’hui à distance, créant de nouveaux comportements qui, à l’évidence, survivront à la crise qui s’annonce.
Côté loisirs, les approximations, tergiversations et mensonges répétés du pouvoir dissuadent le plus grand nombre de planifier quelque déplacement que ce soit pour des vacances dans les mois à venir et de verser des arrhes pour un projet à la concrétisation plus qu’incertaine.
Pour les neuf premiers mois de l’année, des estimations font état d’une baisse prévisible de 1,12 milliards de voyageurs dans le monde, soit près de 70% de trafic en moins et une réduction de 314 milliards de dollars des gains du secteur. Un cataclysme.

Une aide humanitaire du Qatar à la France


Exception notable et significative, l’activité soutenue de la Qatar Airways Cargo, exploitant de nombreux avions-cargos Boeing 777, des gros porteurs de cent tonnes assurant, pour les produits de première nécessité, un pont aérien entre Guangzhou, Shanghai et la France dans le cadre d’une aide humanitaire en notre faveur. Nous en sommes là. Pendant ce temps, le coq gaulois chante encore et le gouvernement tente de donner le change en prêchant l’effacement de la dette de l’Afrique.
Les gouvernements français et néerlandais ont d’ores et déjà annoncé un plan d’aide historique au groupe Air France-KLM de 7 milliards d’euros qui pourrait même s’élever au final à 10 milliards, ce qui provoque l’ire de la compagnie irlandaise Ryanair dont le dirigeant, Michael O’Leary, feignant d’ignorer l’actionnariat particulier de ce groupe dans lequel les États français et néerlandais sont partie prenante, après avoir écrit à Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de la concurrence, envisage des poursuites judiciaires contre ce qu’il considère comme une iniquité. Aux Etats-Unis où le secteur aérien emploie quand même 750 000 personnes, l’administration de Donal Trump a déjà déboursé 12,4 milliards de dollars au profit de 93 compagnies aériennes en grande difficulté.
Enfin, pour compléter ce tableau peu réjouissant, le déconfinement semble loin d’être acquis, les grands acteurs du transport aérien ayant exprimé avec force l’impossibilité économique absolue de respecter la distanciation sociale dans les appareils qui supposerait de libérer un siège sur deux.