Lemovice : le CD du 20e anniversaire !

dans Entretiens

La scène dissidente française est trop méconnue. Les groupes sont interdits des gros médias, ignorés de la presse spécialisée et combattus par les autorités sur dénonciation des antifas. Lemovice, avec In Memoriam, FTP ou Frakass, appartient aux rares formations qui tiennent dans la durée, si l’on ne compte pas les chansonniers (JeanPax, Gavino, Dr Merlin) ou encore le Chœur Montjoie qui vient de fêter ses 40 ans…


Rédaction NSP
Thierry de Cruzy

Lemovice est un groupe de RAC formé à Limoges en 1999 à partir d’une boutique de vêtements, autour de Mike – qui tenait la boutique – et Nico qui jouait déjà dans le groupe Dernier Combat. La formation connaîtra plusieurs changements. Cette création se situe dans une période d’ébullition du milieu national avec la scission du Front national et le développement du Rock identitaire français. Un souvenir marquant de ces années héroïques ?

Lemovice : La fin des années 90 et le début des années 2000 étaient effectivement agités politiquement, surtout dans le domaine du militantisme de rue. Mike, le 1er chanteur, était déjà dans le Front national avant la scission. Les réunions publiques locales du FN étaient fréquemment soumises à des attaques de gauchistes, donc, de temps en temps, un service d’ordre non officiel était improvisé pour apaiser les tensions et s’amuser un peu.
Le souvenir, qui n’est pas forcément “héroïque” mais plus nostalgique de ces années, était la boutique “Spirit Of London” où nous traînions quasiment tous les jours avec d’autres jeunes pleins d’énergie, C’était le point de ralliement de la jeunesse nationaliste limougeaude, un endroit chouette où on rencontrait des militants politiques, des punks, énormément de skinheads et même des motards 1%. On avait également un café juste en face qui s’appelait “Le Café des Bancs” rebaptisé par nos détracteurs “Café des Blancs”,  qui était un lieu de discussion animée. La boutique n’a duré que trois ans, si ma mémoire est bonne, mais cela a permis de souder tout un groupe d’ami dans une bande qui s’appellera plus tard la “Lemovice Crew”.
Pour revenir au groupe de musique Lemovice, nous avons attaqué les répétitions dès 1999 dans un local de la ville où énormément de groupes de rock se croisaient. On a eu peu de problème avec tous ces gens, peut-être parce qu’on avait déjà une bonne équipe qui nous suivait et qui imposait le respect. Les répèts se sont enchaînées jusqu’à trouver une formation stable et pouvoir entrer en studio pour enregistrer nos premiers titres sur la compilation France Explosion 3 (sortie en 2000). Nos premiers concerts commencent en 2002.

Dans le contexte actuel, durer est remarquable. Lemovice se distingue par certains enregistrements parmi lesquels je relève Adolfo Ramirez, Beloï Army et une version RAC de La Marseillaise. Pourquoi ces titres et quels autres compléteraient cette liste (A l’Est) ?

Avant de faire un tour des chansons qui nous représentent, je vais d’abord reprendre celles que tu cites.
Adolfo Ramirez n’a jamais été une chanson sérieuse et est à prendre au 10e degré. Ce que l’on oublie souvent de préciser concernant ce titre, c’est qu’à la base la musique est tirée du groupe punk Gogol 1er.
Beloï Army : Nous jouons cette chanson à chaque concert. C’était l’un de mes anciens guitaristes (Cercueil) qui l’avait écrite. A ce propos, je viens de finir le livre de Marina Grey (fille du général Dénikine), Les Armées blanches, qui conte les aventures des Blancs face aux communistes. Des officiers, des cosaques et des volontaires qui avaient une telle rigueur militaire que la mort ne les effrayaient pas, chargeaient les ennemis avec un armement rudimentaire mais une foi à toute épreuve. Ils ont très certainement perdu la guerre par manque de calcul politique et de sadisme, qualités qu’avaient les bolcheviques à foison.
A l’Est est un constat sur une idéologie mise en pratique au 20e siècle, idéologie qui a fait tant de morts qu’on a toujours du mal à en donner une estimation. Ce qui est tragique avec le communisme, c’est que nul n’a pu faire le deuil de toutes ces atrocités, la plupart des pays ont préféré se taire et oublier. Cette chanson est un hommage à ses victimes.
Pour citer d’autres pistes, il y a Tricard qui parle d’une jeunesse agitée, qui, le samedi soir, se bat pour affirmer sa virilité et souder les amis en fraternité.
Je finirai avec Casus Belli qui est l’avertissement que notre société décline et explose si nous ne réagissons pas. Malheureusement, il y a eu les vagues d’attentats et une immigration de masse décuplée depuis.

Lemovice vient de participer à un concert le 25 mai dernier dans le Berry. Déjà en 2003, le groupe organisait un concert RAC à Limoges. Son initiative amènerait en réaction, la naissance du « plus gros festival antifasciste français » Le groupe est aussi un des rares français à s’être produit en Angleterre. Quelle est la situation de la scène musicale française et européenne, quelle est son évolution depuis 20 ans ?

Question complexe. Tout d’abord, nous avons commencé à jouer sur Limoges dès 2002, et déjà en 2003 nous avons eu droit à la presse ainsi qu’à des contrôles préventifs de la police à la suite d’un concert très médiatisé. Dans un sens, c’était normal car une jeunesse d’extrême gauche commençait à s’activer ardemment sur Limoges et nous provoquait. Nous étions en place avant eux et ne les prenions pas ou peu au sérieux. Seulement, comme toujours quand les gauchistes ne savent plus quoi faire, ils font des appels à manifester dans la presse, à la préfecture, contactent les salles de concerts, etc. A force, pour toutes ces raisons, nous étions obligés de faire en secret nos concerts. La seconde réaction des gauches a été de créer, par opposition à nous-mêmes et nos concerts, un festival anti-fasciste qu’ils ont appelé “Lemovice Antifa Fest”. Il a duré quelques années mais cela doit bien faire 10 ans qu’il n’a plus eu lieu.
L’évolution de la scène française et européenne (dans le rock nationaliste) est malheureusement en perte de vitesse. Cela est dû à la répression dans de nombreux pays et à l’impossibilité d’évoluer à visage découvert. Par exemple pour la France, il y avait eu un gros renouveau dans la scène fin 2000 début 2010 avec énormément de concerts et beaucoup de publics, il était fréquent pour nous de jouer devant plus de 200 personnes en cette période. Puis, l’affaire Meric en 2013, la dissolution de nombreux groupes et les fiches S ont freiné son extension. Je pourrais te dire la même chose en Pologne où nous allions souvent jouer, certaines organisations ont eu des procès ce qui a également stoppé leurs combats identitaires pour la jeunesse. Néanmoins, il reste quelques places forte telles que l’Italie, la Hongrie, l’Ukraine, l’Allemagne. Concernant ce dernier pays, ils ont de lourdes lois qui freinent les rassemblements musicaux, mais bien souvent les Allemands arrivent à contourner la législation.
Aujourd’hui, ce que l’on pourrait reprocher à la jeunesse française, c’est de ne pas voir plus loin que les réseaux sociaux qui finalement empêchent les rencontres et uniformisent les consciences. Il n’y a qu’à voir comme le rap est devenu la seule musique de référence chez les jeunes. Pourtant, cette musique est totalement instrumentalisée (par de l’argent balancé en masse pour la promotion et des labels où j’invite nos lecteurs à regarder l’origine des dirigeants) et ne prône que le consumérisme et l’abrutissement.
Pour finir sur une note positive, je dirai qu’en France il y a toujours des équipes motivées qui essayent d’organiser comme sur Bourges récemment (je salue Mika et son staff d’ailleurs). Il y a même quelques groupes qui se ​reforment, donc nous verrons si cela peut amener un renouveau intéressant dans la sphère musicale nationaliste.

Les premiers enregistrements de Lemovice remontant à une démo de 2002. Le premier album sort en 2006, puis Skinhead Living Dead en 2009. Un autre album en 2011 Oi le Tribute, puis Le Front des patriotes en 2013. Six ans après c’est le CD Barricades. Malgré les changements de musiciens, le groupe a survécu et produit un nouvel album avec 13 titres. Les sources d’inspiration sont très éclectiques : lettre d’un poilu de Verdun, Hiroshima, Chanson de soldat (Assaut), Chant des corsaires, … La révolte est réfléchie et l’ennemi identifié. Le style musical est revendiqué RAC, mais maîtrisé, dur sans être le mur du son ordinaire. Lemovice se serait-il assagit, comme s’il privilégiait la lisibilité du message au volume sonore ?

Je ne sais pas si on s’est assagit, mais nous avons toujours voulu éviter de sombrer dans les provocations inutiles qui finalement décrédibilisent l’image de notre scène. On pourrait parler de guerre civile, de vouloir prendre les armes ou d’autres choses du genres, mais le message serait incohérent car actuellement nous ne faisons que subir cette société qui évolue vers l’abîme. Lemovice constate les problèmes et appelle au réveil des Blancs. Bien souvent, nous utilisons des métaphores pour amener une réflexion sur l’état actuel de la situation. Nous prenons également l’exemple de personnages historiques français dans nos textes afin que la jeunesse n’oublie pas les hommes qui ont forgé notre histoire. Finalement, c’est ça le RAC,  une musique qui façonne l’identité, la fierté et qui veut amener à une réaction de survie des peuples européens.
Notre dernier album, comme tu l’as souligné, a voulu couvrir un large panel de thèmes. La fin du monde occidental dans Barricade, l’identification, la lutte contre les cosmopolites et le nouvel ordre mondial dans Classe mondialisée, la réappropriation de notre terre et sa préservation avec L’Ordre naturel. Il devait y avoir également une chanson traitant de l’islam mais notre label allemand n’a pu la produire à cause des lois de son pays.

Nico est membre fondateur du groupe et il est le compositeur de quasiment tous les titres. Qui est Nico ?

Nico, donc moi-même, eh bien je pense être quelqu’un de simple, une bonne partie de ma vie a été tournée vers un mélange de musique et de politique. Cela a rythmé mon existence jusqu’à aujourd’hui. D’un côté, la musique que je pratique depuis mes 14 ans et qui m’a toujours passionné, de l’autre côté, le goût de la politique et du militantisme qui m’est venu plus vers les 17 ans (un bon âge pour commencer à militer). J’ai naturellement pris part activement au sein du Front national à l’époque (début 2000). On s’y retrouvait tous. Il y avait également quelques personnes proche du GUD dans mon entourage.
Quand j’ai commencé le groupe en 1999, je n’aurais jamais imaginé que 20 ans après il serait encore là. J’ai rencontré des camarades nationalistes à travers le monde grâce à nos concerts. Ces rencontres poussent toujours à aller de l’avant et à s’investir dans notre milieu musical.
Je dois également rendre hommage à Björn et Snorr, mes musiciens qui me suivent depuis déjà 10 ans et qui ont aussi forgé notre âme et notre son. Tom, le dernier arrivé, batteur, a également redynamisé le groupe.

Des projets, quel avenir pour Lemovice et le RAC, les groupes dissidents de France ?

Au début de cette année, nous avons annoncé que nous faisions une dernière tournée et qu’ensuite nous arrêtions. Je me disais que Lemovice avait fait son temps et que nous avions fais le tour de tout ce qui était possible de faire dans la scène. A présent que nous avons repris les concerts depuis mars, je n’ai plus un avis aussi tranché sur la question. Je me dis qu’il serait dommage d’arrêter totalement, les derniers concerts que nous avons faits (Saragosse, Bourges) étaient excellents, nous avons des concerts prévus jusqu’à la fin de l’année. Nous prendrons une décision quand l’année touchera à sa fin. Le prochain concert sera du côté de Lyon le 13 juillet.
Concernant les projets, nous avons prévu de sortir un 45 tours 2 titres, il contiendra une chanson inédite, Croix de Malte. Enfin, l’année prochaine nous sortirons le 33 tours vinyle de Barricade.
Pour finir sur ta question, le RAC qui est passé du Rock anticommuniste à Rock anticonformiste doit partir sur de nouvelles bases. C’est-à-dire avoir de nouveaux groupes de musique identitaire, propager le son partout où il est possible de le faire, monter des structures pour les concert. Nous sommes la contre-culture musicale, à nous de nous imposer !
Merci Thierry de ta tribune, salutations à tous ceux qui nous soutiennent depuis tant d’années, rendez-vous à tous les droogies à nos prochaines dates.


Nico Lemovice

Contact: lemovice.crew@live.fr

http://facebook.com/lemovice.officiel

lemovice.bandcamp.com




 

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