Les bricolages liturgiques, ça suffit !

dans Tour d'horizon

Ar Gedour. Depuis 50 ans, c’est-à-dire depuis les « réformes » liturgiques et autres de Vatican II, nous pensions avoir déjà tout vu, et que ces années iconoclastes qui faisait du passé, des traditions de l’Eglise et de la foi populaire, table rase étaient enfin derrière nous, hélas, dans encore bien des paroisses, ce n’est pas le cas. Certaines équipes liturgiques, souvent ignorantes  de la liturgie même, et méprisante de tout ce qui s’apparente à de la tradition, au sacré, à la  beauté, continuent à sévir et à nous concocter des messes, – pardon … des célébrations –  d’une affligeante médiocrité, véritables insultes à Dieu, mais aussi aux fidèles.


Rédaction NSP
Yvon Abgrall

Oh ! Certes, on nous expliquera que le souci d’un beau rituel n’est qu’un détail, et que ce qui compte c’est bien la foi des fidèles, ce que l’on a dans le cœur. Assurément, mais ces dispositions ne dispensent pas du sens du sacré et de la beauté, deux conditions qui prédisposent à élever son âme vers Dieu. Ce qui est fatiguant dans les messes, les cérémonies de certaines paroisses, c’est d’avoir à se demander quel menu fantaisiste bricolé va nous être servi. Il est vrai que la majorité des fidèles, sans se poser de questions, s’accommode de toutes les fantaisies.
Le dimanche 28 juillet, suivant la fête de Sainte Anne, je suis allé à la messe en l’honneur de la Mère de la Vierge Marie, dans une chapelle qui lui était dédiée. Une petite chapelle bretonne, dans un site boisé magnifique dominant le Scorff. J’espérai, sans toutefois trop d’illusions trouver une messe, à défaut de beauté, de sacré, et d’un peu d’âme bretonne, au moins digne. Las ! Question âme bretonne, celle-ci fut modestement présente par deux cantiques bretons : Jezus zo dichennet et O Rouannez karet en Arvor, c’était mieux que rien -un net progrès- car il fut un temps où tous les cantiques bretons étaient exclus. Un progrès souvent dû à une ou deux personnes conscientes de l’identité religieuse bretonne. Comme je m’y attendais la messe fut, du commencement à la fin, bavarde et sans aucune place pour le silence et le recueillement personnel. Dieu ne pouvait nous parler car on lui coupait sans cesse la parole. La « liturgie » de cette messe était donc vide de tout sacré. Mais le meilleur, le plus original dans le bricolage liturgique fut ce que jadis on appelait l’Asperges me.

J’ai vu l’eau vive jaillir d’un pot de peinture

Le prêtre, muni d’un rameau de laurier assez fourni, accompagné d’un fidèle adulte, déversa à la vitesse d’un marathonien  sur les fidèles une véritable douche, obligeant certains à s’essuyer le visage, leurs bancs, leurs feuilles de chants.  Mais l’originalité était surtout dans le récipient contenant l’eau bénite. Pour paraphraser  le cantique du moment, les  fidèles virent « jaillir  l’eau vive », non pas du côté du Temple, mais … d’un vulgaire seau  en plastique de peinture, avec son étiquette défraîchie.  Nous avions déjà vu, et nous voyons toujours des paniers, des cuvettes, des écuelles servant de calice, de ciboire, de fonts baptismaux ou de bénitier, mais là, le coup du vieux seau de peinture pour l’Asperges me, personnellement je ne l’avais jamais vu. Ainsi, le ton était donné de la célébration.
Oui ! Ca suffit ces bricolages liturgiques. Il y a un minimum de respect dû à Dieu, à sa Mère, à nos saints et nos saintes, aux fidèles et au lieu sacré. Si la majorité semble être indifférente, au point -par ignorance et habitude – de tout accepter, il en est d’autres qui souffrent de cette désacralisation, de cette absence de beauté dans l’expression de la foi. Et l’on s’étonne  que la pratique religieuse diminue d’année en année, que les églises soient désertes, sauf pour les  enterrements.
Ce mépris du sacré dans ce que les Orthodoxes appellent la « Divine liturgie » a aussi sa grande part de responsabilité dans cette désertion. Dans la liturgie bien comprise, il n’y a pas de petits détails sans importance : tous gestes, toutes attitudes, tous objets ont un sens, d’où l’importance du sens du sacré. En toutes occasions. Redécouvrant ce sens du sacré et de la beauté, les églises se rempliront à nouveau, preuve en est par les Communautés qui ont gardé ou retrouvé ce sens de la beauté de l’Office Divin.


Ar Gedour est un blog breton d’information sur l’actualité spirituelle et culturelle de Bretagne afin de sensibiliser les bretons à la dimension “Feiz ha Breizh – Foi et Bretagne”.

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