Les entreprises de plus en plus confrontées à la cybercriminalité

dans Tour d'horizon

Associations, entreprises privées spécialisées dans la sécurité informatique et ministère de l’Intérieur s’entendent pour reconnaitre la menace grandissante de piratage informatique planant sur les entreprises. Ce dernier, en lien avec la coordination de la Délégation ministérielle aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces (DMISC) – c’est fou ce qu’ils aiment les acronymes à rallonges ! -, a publié il y a quelques jours un rapport sur l’état de la menace liée au numérique en 2019. Un impressionnant répertoire sur les risques que font courir aux entreprises les délinquants du numérique mais aussi un constat inquiétant sur le développement exponentiel de ce défi d’un genre nouveau.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

Il en ressort qu’à mesure de l’informatisation de toute activité économique ou non, se multiplient et de plus en plus ingénieusement, les formes d’une nouvelle criminalité, ni violente, ni en col blanc mais multiforme, anonyme et sournoise.
Deux chiffres donnent la mesure de la situation. Huit entreprises sur dix ont déjà fait l’objet d’une cyberattaque plus ou moins sévère et près de la moitié (48%) ont subi quatre attaques dans l’année. Affirmer qu’aucun système de sécurité n’est efficace à 100% pour contrer cette délinquance ne dispense pas, bien au contraire, les entreprises d’affecter un budget toujours plus important à la sécurité de leur système informatique.

Les multinationales particulièrement ciblées

Depuis le printemps dernier, de nouveaux « rançongiciels » permettent la prise en otage contre rançon des entreprises ciblées. Cette technique consiste à pénétrer le système informatique et capter l’ensemble des informations de l’entreprise victime pour en obtenir une rançon sous peine de bloquer son accès à ses propres données et par conséquent de la paralyser. Dans le cadre d’une informatisation complète des entreprises et des procédures, aucune entreprise ne peut évidemment résister bien longtemps à pareil blocus. En 2017, le groupe Saint-Gobain a ainsi perdu 220 millions d’euros en une dizaine de jours à la suite d’un blocage de son activité.
Si aucune entreprise ne peut se prétendre à l’abri de cette cyber-délinquance, les grands groupes multinationaux semblent particulièrement visés. Qu’ils relèvent du classement Fortune 500 – les 500 premières entreprises américaines -, du CAC 40 ou de tout autre palmarès, ils représentent une cible de choix pour les hackers (pirates informatiques). Les statistiques font en effet clairement état d’attaques de plus en plus ciblées contre les grandes entreprises capables de débourser des centaines de milliers voire des millions d’euros pour assurer leur survie.
De plus, la prolifération de nouveaux outils et fonctionnalités telles que le développement de réseaux, du cloud computing, de la 5G, du nombre global d’appareils connectés et d’interfaces conversationnelles, laisse présager de beaux jours pour les malfaisants dont la capacité de nuisance croit à mesure des parades imaginées pour les contrer.
Une capacité de nuisance aux conséquences inestimables comme le suggère Benoit Coeuré, administrateur de l’INSEE, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) et accessoirement du groupe Bilderberg – pas vraiment le profil du doux rêveur – selon lequel les cyberattaques pourraient même être à l’origine de la prochaine grande crise économique mondiale.
Le marché de la sécurité informatique a, de toute évidence, de beaux jours devant lui.


Article paru initialement dans le journal Présent.