Les géants du numérique grands gagnants de la crise

dans Tour d'horizon

La crise économique liée à la pandémie du Covid 19 ne fait pas que des malheureux et semble même profiter à quelques secteurs particulièrement porteurs en ces temps de réclusion imposée, tels que le e-commerce, les transports, la santé, bien entendu, et le numérique sous toutes ses formes.

Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

Confinés bien malgré eux à leur domicile, nos concitoyens s’en remettent en effet aux écrans pour l’ensemble de leurs activités professionnelles et personnelles. Télétravail, réunions à distance, loisirs, études, information, lecture, courses, communication ver l’extérieur, la famille, les amis… la vie confinée se réduit maintenant à une vie perpétuellement connectée mais il ne s’agit jamais que de l’accélération d’une tendance lourde observée depuis plus d’une dizaine d’années. De son premier cri à son dernier souffle, l’homo numericus semble n’avoir d’autre perspective que de passer son existence derrière une multitude d’écrans. Si en plus les pandémies s’en mêlent…

Le conte de fée de quelques multinationales américaines

Elles semblent déjà lointaines les rodomontades de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, à l’encontre des quelques géants américains de l’informatique, déloyaux contribuables et par conséquent piètres contributeurs, phagocytant l’essentiel des marchés de la high-tech. Aujourd’hui la digitalisation accélérée de la société aggrave, de fait, la dépendance de l’Europe aux poids-lourds américains du numérique : Google, Amazon, Facebook et consorts. Reed Hastings, le dirigeant de la multinationale américaine Netflix, plateforme proposant à ses abonnées des milliers de films, séries, documentaires et toutes sortes d’autres programmes, par ailleurs membre du conseil d’administration de Facebook, vit un conte de fée avec un nombre d’abonnés et des bénéfices qui ont doublé sur le premier trimestre tandis que le cours de son action progressait de 24% et que sa capitalisation boursière augmentait de 40% en un mois. Des progressions à faire pâlir le monde industriel et les acteurs de l’économie traditionnelle, celle d’avant.
Conte de fée aussi pour Jeff Bezos, dirigeant du groupe Amazon et première fortune mondiale qui, malgré quelques ennuis judiciaires tout à fait provisoires en France, bénéficie de la progression exponentielle et de la banalisation du e-commerce auxquels s’essaient progressivement même les plus rétifs de nos concitoyens. Notable exception tricolore, le concepteur français de jeux vidéo Ubisoft se frotte, lui aussi, les mains avec un bond de 63% de ses ventes la semaine d’annonce du confinement. Nos contemporains semblent avoir échangé l’antique idéal de vie « du pain et des jeux » par « des conserves et des jeux vidéo ». On mesure le progrès.
Plus sérieusement, il est à noter qu’en toute logique numérique, ces remarquables performances commerciales et financières, les meilleures de la période, n’ont aujourd’hui besoin d’aucun réseau physique de points de vente. Voici qui en dit long sur la restructuration et la configuration à venir des circuits de distribution et de services dans les mois et toutes prochaines années à venir.

 

Derniers articles Tour d'horizon

Haut De Page