Les pays de la zone euro vont emprunter 850 milliards d’euros en 2019

dans Zones occupées

Alors que la Banque centrale européenne confirme son intention de réduire de moitié son soutien à la dette des États de la zone euro, ces derniers continuent à s’endetter à tour de bras auprès des marchés et, selon les analyses de Natixis, devraient emprunter la somme effarante de 850 milliards d’euros en 2019. Sans grande surprise, les plus gros emprunteurs seront respectivement l’Italie avec 240 milliards d’euros, talonnée par la France 225 milliards, ces deux nations poursuivant leur course folle à l’abîme. Loin derrière, le troisième emprunteur, l’Allemagne, devra quand même recevoir 148 milliards. À elles trois, ces nations emprunteront donc 613 milliards. La France dont la fiscalité globale la place au premier rang mondial des prélèvements sera donc, en même temps, le deuxième plus gros emprunteur de la zone euro avec un emprunt encore supérieur de 30 milliards à 2018.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

Loin de rembourser le premier fifrelin de sa dette abyssale, notre pays financera la seule charge de la dette à hauteur de 43 milliards en 2018, soit le deuxième poste budgétaire après l’Éducation dite nationale.
Les 2 300 milliards d’endettement représentent aujourd’hui 99% du Produit intérieur brut (PIB) et nul besoin d’être grand devin pour imaginer que le seuil symbolique des 100% devrait très prochainement être atteint. Rien qu’au second trimestre 2018 de cette année, la dette s’est accrue de 5,2 milliards supplémentaires, soit plus d’1,7 milliard par mois. La dette publique représentait 12% du PIB à la fin des Trente Glorieuses et déjà 60% en 2000. Démonstration nécessaire et suffisante prouvant s’il était encore besoin que nombre de prétendues avancées sociales et la quasi-totalité de l’immigration ont été financées à crédit, avec un argent que nous ne possédions pas d’où les lendemains difficiles dont nous entrevoyons les prémices et la colère qui monte, revêtue ou non d’un gilet jaune.

Les promesses envolées du traité de Maastricht et de l’euro

Au moment où ralentit la croissance dans la zone euro et augmentent dette et chômage, il pourrait paraitre cruel de rappeler les déclarations des thuriféraires de l’accord de Maastricht et de la monnaie unique. Et pourtant… A tout seigneur, tout honneur, commençons par Jacques Delors, en 1972 : « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie ». Sans commentaire. La même année, l’inénarrable Valéry Giscard d’Estaing renchérissait : « Si le Traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » Et enfin, pour conclure provisoirement et s’abstenir ainsi de tout acharnement, citons par Martine Aubry, en 1992 :  « L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » Rien que des visionnaires mais maintenant il faut… payer.

Paru dans Présent le 25 novembre 2018.